Vers un nouvel ordre religieux ? Tentative de  » Vaticaniser  » l’Islam

Quand l'Empire veut " vaticaniser " l'ISLAM

Préambule :

Ensemble, à l’unisson, l’Empire et l’Eglise partent à l’assaut de l’Islam. La force de l’Islam, reside dans le faite qu’il n’y a pas de clergé. La religion musulman est relationnelle et très spirituelle. C’est une affaire entre la créature et son createur. Point d’intermediaire.

Les mosquées sont un lieu de culte pour les fideles qui font leurs offices cinq fois par jour. La mosquée ne peut en aucuns cas absoudre les pechés d’un musulman ou excommunié un musulman. Comme c’est le cas de l’église.

Donc cet etat de fait, pose probleme à l’Empire qui veut domestiquer l’Islam en vue de le soumettre au nouvel ordre mondial.

Pour y parvenir et ce dans le cadre du remodelage du grand et moyen orient, l’Empire pense au model du vatican pour l’appliquer au musulman. Nulle crainte de ce coté là, l’Islam ne se domestique pas.

L’Islam est la religion d’ALLAH (swt), tout comme le Saint Coran ils sont sous la protection d’ALLAH (swt). Quoique fasse l’Empire, l’Islam triomphera par la grace et la volonté d’ALLAH (swt).

Publié par : KAM

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Vers un nouvel ordre religieux ?

« L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal.»

7 juillet 2009. Le souverain pontife Benoît XVI publie une encyclique : Caritas in veritate. Lire Benoît XVI n’est pas chose aisée. Sa sainteté a le défaut d’être un intellectuel : il jargonne! Il a l’art de la sémantique et des insinuations. Il sait mettre l’accent sur certains points et en diluer d’autres dans un ensemble de considérations qui en relativisent l’importance. Bref, il noit le poisson. Mais une tendance de fond se dégage : cette encyclique respecte « l’esprit Vatican II ». « L’esprit Vatican II », qu’est-ce donc ? Un catholicisme aux normes du village global. Nous y reviendrons.

Un passage de Caritas in veritate en particulier, retient l’attention du lecteur amateur de géopolitique. Au paragraphe 67, le pape s’exprime en ces termes : « Pour le gouvernement de l’économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise, pour prévenir son aggravation et de plus grands déséquilibres, pour procéder à un souhaitable désarmement intégral, pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix, pour assurer la protection de l’environnement et pour réguler les flux migratoires, il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale telle qu’elle a déjà été esquissée par mon Prédécesseur, le bienheureux Jean XXIII. » [1] Jean XXIII : l’artisan du concile Vatican II.

Le 1er avril 1963, Jean XXIII a signé sa célèbre encyclique Pacem in terris . Le discours tenu par le Saint Père est pour le moins ambigu : il évoque avec raison l’interdépendance toujours plus croissante entre les Etats, mais à partir du paragraphe 137, le souverain tient des propos qu’un Jacques Attali ne renierait point : « De nos jours, le bien commun universel pose des problèmes de dimensions mondiales. Ils ne peuvent être résolus que par une autorité publique dont le pouvoir, la constitution et les moyens d’action prennent eux aussi des dimensions mondiales et qui puisse exercer son action sur toute l’étendue de la terre. C’est donc l’ordre moral lui-même qui exige la constitution d’une autorité publique de compétence universelle. » [2] Des dires qui pour le moins laissent songeurs…

Jean XVIII, très âgé, meurt deux mois plus tard. Giovanni Montini lui succède : il devient Paul VI le 21 juin 1963. A la fin de l’année 1965, ce dernier clot enfin l’interminable concile. La même année, il est convié à la tribune de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour y tenir un discours. (Comment le chef de l’Eglise romaine peut-il prononcer un discours au sein d’un temple mondialiste!) Une fois l’harangue terminée, le successeur de Saint-Pierre reçoit de la part des onusards, un prix hautement symbolique : une carte de citoyen du monde.

« Depuis Vatican II, les dirigeants de l’Eglise se sont engagés dans une voie très éloignée de la royauté du Christ », affirme l’historien et géopolitologue Pierre Hillard, au centre culturel Saint-Paul à Paris (11 juillet 2009) [3]. En effet, il semble que les autorités ecclésiastiques s’atèlent plus à la construction de la Cité de l’homme qu’ à celle de Dieu : « Dans une société en voie de mondialisation, le bien commun et l’engagement en sa faveur ne peuvent pas ne pas assumer les dimensions de la famille humaine tout entière, c’est-à-dire de la communauté des peuples et des Nations, au point de donner forme d’unité et de paix à la cité des hommes, et d’en faire, en quelque sorte, la préfiguration anticipée de la cité sans frontières de Dieu. » Ces mots sont de Benoît XVI, à la fin du septième paragraphe de Caritas in veritate [4]. Le 24 décembre 2005, dans son message urbi et orbi, ce dernier n’a pas hésiter à affirmer que « l’homme moderne » doit « [s]‘engager dans l’édification d’un nouvel ordre mondial » : il a ainsi évoqué « l’humanité unie ». [5] Bref, du mondialisme pur jus!

Son prédecesseur, le très populaire Jean Paul II, était du même sérail. Son discours du 15 septembre 1982 en est une preuve explicite : après la mort du président libanais Bashir Gemayel, le pape s’est exprimé à propos de Jérusalem : « la ville de Dieu ». Mais il finit son laïus par une phrase lourde de conséquences : « Jérusalem peut devenir aussi la cité de l’homme » [6].

Par ces déclarations, la sclérose du catholicisme est patente. Le pape Benoît XVI a un conseiller : le hollandais Peter-Hans Kolvenbach. Supérieur général de la compagnie de Jésus entre 1983 et 2008, il fut également un proche collaborateur de feu Jean Paul II. Dans une conférence intitulée Europe : le rôle de l’Eglise donnée aux Pays-Bas en 1997, ce dernier a certifié ceci : « le monde n’est pas voué à la dispersion. L’Europe, elle aussi, est capable de réaliser son unification […]. L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal. » [7] Dans la tradition judéo-chrétienne, la tour de Babel incarne l’orgueil de l’Homme. C’est la raison pour laquelle le Tout-Puissant l’a détruite. Dieu n’a nul égal : les dirigeants de l’Eglise semblent l’avoir oublié.

Juin 2006. Une revue militaire américaine, Armed Forces Journal (AFJ), présente deux cartes du Moyen-Orient [8] : « before », la carte de 2006 ; « after », la carte recomposée selon des critères ethniques et religieux. L’auteur de ces cartes est un lieutenant-colonel à la retraite : Ralph Peters. Auteur de nombreux ouvrages de géopolitique, cet ancien du renseignement fait partie de l’équipe dirigeante d’AFJ. Cette revue n’est qu’un pan d’un véritable empire de la presse militaire américaine. En effet, la maison mère d’AFJ, Army Times Publishing Company est une filiale de la très puissante société Gannett, qui publie au Etats-Unis près de 90 quotidiens (dont USA Today et USA Weekend ) et contrôle 22 stations de télévision. Au Royaume Uni, 17 quotidiens sont sous sa coupe. En 2005, les revenus financiers générés par l’ensemble s’élèvaient à 7.6 milliards de dollars. [9] Ces cartes ne sont donc pas le simple fait d’un original. Au contraire, elles ont été soigneusement préparées, au sein de think tanks et d’instances militaires soucieuses de prendre pied dans ces régions convoitées.

  

La destruction des frontières et la soumission du Moyen-Orient à l’axe euro-atlantique ne sont pas les seuls projets développés par Ralph Peters. Ce dernier appelle aussi à la création d’un « Etat sacré islamique », comprenant les lieux saints de l’Islam : la Mecque et Médine.

A ce sujet, Ralph Peters écrit dans son article Frontières de sang, que faire pour améliorer le Moyen-Orient ? : « La cause principale de la large stagnation du monde musulman réside dans le traitement réservé à la Mecque et à Médine considérés comme leur fief par la famille royale saoudienne. Les lieux saints de l’Islam soumis au contrôle de la police d’Etat de la part d’un des plus bigots et oppressifs régimes au monde ont permis aux Saoud de projeter leur croyance wahhabite à la fois intolérante et disciplinée au-delà de leurs frontières. […] Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un Etat sacré islamique – une sorte de super Vatican musulman – où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé. »

Edifiant. Il faudrait donc, selon Ralph Peters, réformer l’Islam afin de l’adapter aux principes occidentaux, et modifier les esprits musulmans pour qu’ils épousent pleinement la grande mystique mondialiste. Certains parlent d’un « Vatican II musulman » [10]. D’autres d’un « Vatican II du Khalifat » [11].

Les plans de Ralph Peters sont en parfaite adéquation avec les « Discussions de Kronberg » (Kronberger Gespräche) menée depuis 1995 par le plus influent des think tanks européens : la Fondation Bertelsmann. Pour ses promoteurs, il s’agit de favoriser l’émergence d’un immense bloc euro-atlantique prolongé jusqu’à l’État d’Israël : ce qu’ils appellent les « trois piliers du Judaïsmes » [12]. Et les musulmans devront se plier. Ainsi, l’enjeu des « discussions de Kronberg » est de « moderniser » l’Islam pour mieux l’astreindre aux normes du mondialisme. En occidentalisant les structures politiques, sociales et morales des sociétés musulmanes.

Cette volonté a été affiché sans complexes par Joscha Fischer, dans son discours prononcé lors de la quarantième conférence de Munich, sur la politique de sécurité dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), le 7 février 2004 [13]. Evidemment, une telle politique risque d’allumer la poudrière qui couve dans cette région ô combien explosive.Comment les musulmans accepteront-ils les préceptes d’un Occident largement déchristianisé, dont la seule religion tolérée est la religion du capital, et qui vit sous les clochers du matérialisme ? Pour réussir cette entreprise, les moyens mis en oeuvre risquent d’aboutir à un chaos inimaginable. Pas seulement au Moyen-Orient, mais dans le monde entier. Certes, les mondialistes au pouvoir n’en ont que faire.

En fait, tout se passe comme si les adeptes de cette politique avaient pour programme Le meilleur des mondes [14], l’utopie d’Aldous Huxley, écrite en 1931. Tout se passe comme s’ils s’étaient déjà appropriés les prêches de Mustapha Meunier, l’administrateur mondial de l’Europe Occidentale : « Il y avait quelque chose qui s’apellait le Christianisme… L’éthique et la philosophie de la sous consommation… A présent nous avons l’Etat mondial. » [15]

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Sources :

[1] http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html

[2] http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html

[3] http://www.dailymotion.com/video/x9uo00_pierre-hillard-reflexions-sur-le-mo_news

[4] http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html

[5] http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/messages/urbi/documents/hf_ben-xvi_mes_20051225_urbi_fr.html : au quatrième paragraphe.

[6] « Gerusalemme può divenire anche la città dell’uomo […] » in http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/1982/september/documents/hf_jp-ii_spe_19820915_morte-gemayel_it.html : dans l’avant dernier paragraphe.

[7] http://www.sedos.org/french/kol.html : dans le premier paragraphe de la cinquième partie de la conférence, « La tâche des Eglises ».

[8] http://www.globalresearch.ca/articlePictures/ralph_peters_solution_to_mideast_medium.jpg

[9] Pierre Hillard, La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, François-Xavier de Guibert, Paris, 2007, page 72.

[10] Ibid. , page 73.

[11] Alain Soral, dans une conférence intitulée Vers une gouvernance globale…

, donné le 9 mars 2009, à Paris.

[12] Rapport en anglais : Europe, the mediterranean and the Middle East, strengthening responsibility for stability and development , Discussion paper presented by the Bertelsmann Group for Policy Research and Center for Applied Policy Research, Munich: Felix Neugart, to the VII. Kronberg Talks, 17-19 january 2002. Organised by the Bertelsmann Foundation, Gütersloh, Christian-Peter Hanelt and Matthias Peitz.

Ajoutons une chose : Ralph Peters se définit comme un ami « de longue date » de l’Etat d’Israël (New York Post, 22 juillet 2006).

[13] «Toutefois, si nous voulons remporter le combat contre le terrorisme du djihad, nous devons suivre une approche nettement plus vaste et plus approfondie dans la région du Proche et Moyen-Orient. En effet, derrière ce nouveau terrorisme se cache une crise profonde de modernisation, dans une grande partie du monde arabo-islamique.

Nos efforts communs pour la paix et la sécurité sont condamnés à l’échec si nous pensons que seules les questions de sécurité ont de l’importance. Elles en ont très certainement! Mais dans cette lutte contre le terrorisme, la sécurité englobe des aspects bien plus vastes: la modernisation sociale et culturelle, tout comme la démocratie, l’État de droit, les droits des femmes et la bonne gouvernance revêtent une importance presque supérieure encore. » in http://www.medea.be/index.html?doc=1668.

Les propos de Joschka Fischer du 7 février 2004 sont d’autant plus convaincants qu’il a participé aux « Discussions de Kronberg » de janvier 2002.

[14] Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, Plon, 2004. A l’origine, publié en 1932, à Londres, aux éditions Chatto and Windus.

[15] Ibid., page 71 et 72.

BOUNOUA Samy.

SOURCE : http://alwissal.wordpress.com/2010/03/24/vers-un-nouvel-ordre-religieux/

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