LA MATIERE: L’AUTRE NOM DE L’ILLUSION

Vous pensez me voir, alors qu'en réalité je n'existe que dans votre imaginaire.

Préambule :

Dans l’article précédent, nous avions parler des scientifiques Allemands, qui pensent avoir découvert et détenir la preuve que l’univers est un HOLOGRAMME.

Si l’univers entier, y compris notre planète est un immense hologramme. Nous autres êtres humains et tous ce qui existe le sont forcement. Un être vivant ne pourrait vivre dans un hologramme, n’est-ce pas ?

Et bien cette découverte scientifique, vient appuyée ce qu’Allah (swt) a révélé à notre prophète Mohamed (saws) dans le Coran,  il y a de cela 14 siècles.

Dans le coran il n’est pas seulement question d’univers, mais aussi de l’humanité entière.

Le professeur Harun Yahya, nous explique admirablement cela dans son livre : La matière, l’autre nom de l’illusion.

Un livre intéressant à plus d’un titre, alliant parfaitement, versets coranique, ainsi que recherches et découvertes scientifique.

Livre qui vous amène aussi a reconnaitre l’Unicité d’Allah (swt), ainsi que sa puissance créatrice qui dépasse tout entendement pour l’être humain.

Ce livre devrait donner à réfléchir, à tous ceux qui s’enflent d’orgueil et ce prennent pour les maitres du monde.

Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Publié par :  KAM

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LA MATIÈRE:  L’AUTRE NOM DE L’ILLUSION

Par :  HARUN YAHYA

 

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TABLE DES MATIERES

AVANT-PROPOS

LE SECRET DE LA MATIÈRE NE VEUT PAS DIRE ADHÉRER A LA DOCTRINE PANTHÉISTE (WADHAT AL-WOUJOUD)

INTRODUCTION

UN FAIT SCIENTIFIQUE : LE MONDE EXTÉRIEUR SE FORME DANS LE CERVEAU)

POURQUOI CONNAITRE LA VÉRITÉ SUR LA VÉRITABLE NATURE DE LA MATIÈRE EST-IL SI IMPORTANT

LE TEMPS EST AUSSI UNE PERCEPTION

L’ÉTERNITÉ EST DISSIMULÉE DANS LA MÉMOIRE D’ALLAH

RÉPONSES AUX OBJECTIONS SUR LA RÉALITÉ DE LA MATIÈRE

CONCLUSION : LA VÉRITÉ EST INÉVITABLE

LE GRAND ÉMOI DE CEUX QUI DÉCOUVRENT LA VÉRITÉ DE LA MATIÈRE

NOTES

A L’ATTENTION DU LECTEUR

 Dans tous les livres de l’auteur, les questions liées à la foi sont expliquées à la lumière des versets coraniques et les gens sont invités à connaître la parole de Dieu et à vivre selon Ses préceptes. Tous les sujets qui concernent les versets de Dieu sont expliqués de telle façon à ne laisser planer ni doute, ni questionnement dans l’esprit du lecteur. Par ailleurs, le style sincère, simple et fluide employé permet à chacun, quel que soit son âge ou son appartenance sociale, d’en comprendre facilement la lecture. Ces écrits efficaces et lucides permettent également leur lecture d’une seule traite. Même ceux qui rejettent vigoureusement la spiritualité resteront sensibles aux faits rapportés dans ces livres et ne peuvent réfuter la véracité de leur contenu.

Ce livre et tous les autres travaux de l’auteur peuvent être lus individuellement ou être abordés lors de conversations en groupes. Les lecteurs qui désirent tirer le plus grand profit des livres trouveront le débat très utile dans le sens où ils seront en mesure de comparer leurs propres réflexions et expériences à celles des autres.

Par ailleurs, ce sera un grand service rendu à la religion que de contribuer à faire connaître et faire lire ces livres, qui ne sont écrits que dans le seul but de plaire à Dieu. Tous les livres de l’auteur sont extrêmement convaincants. De ce fait, pour ceux qui souhaitent faire connaître la religion à d’autres personnes, une des méthodes les plus efficaces est de les encourager à les lire.

Dans ces livres, vous ne trouverez pas, comme dans d’autres livres, les idées personnelles de l’auteur ou des explications fondées sur des sources douteuses. Vous ne trouverez pas non plus des propos qui sont irrespectueux ou irrévérencieux du fait des sujets sacrés qui sont abordés. Enfin, vous n’aurez pas à trouver également de comptes-rendus désespérés, pessimistes ou suscitant le doute qui peut affecter et troubler le cœur.

  A PROPOS DE L’AUTEUR

 Adnan Oktar, qui écrit sous le pseudonyme HARUN YAHYA, est né à Ankara en 1956. Il a effectué des études artistiques à l’Université Mimar Sinan d’Istanbul, et a étudié la philosophie à l’Université d’Istanbul. Depuis les années 80, il a publié de nombreux ouvrages sur des sujets politiques, scientifiques et liés à la foi. Harun Yahya est devenu célèbre pour avoir remis en cause la théorie de l’évolution et dénoncé l’imposture des évolutionnistes. Il a également mis en évidence les liens occultes qui existent entre le darwinisme et les idéologies sanglantes du 20ème siècle.

Les ouvrages d’Harun Yahya, qui ont été traduits en 41 langues, constituent une collection de plus de 45.000 pages et 30.000 illustrations.

Son pseudonyme est constitué des noms « Harun » (Aaron) et « Yahya » (Jean), en mémoire de ces deux prophètes estimés qui ont tous deux lutté contre le manque de foi de leurs peuples. Le sceau du Prophète (paix et bénédiction sur lui) qui figure sur la couverture des livres de l’auteur, revêt un caractère symbolique lié à leur contenu. Ce sceau signifie que le Coran est le dernier Livre de Dieu, Son ultime parole, et que notre Prophète (paix et bénédiction sur lui)) est le dernier maillon de la chaîne prophétique. En se référant au Coran et à la Sounna, l’auteur s’est fixé comme objectif d’anéantir les arguments des tenants des idéologies athées, pour réduire au silence les objections soulevées contre la religion. Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) a atteint les plus hauts niveaux de la sagesse et de la perfection morale, c’est pourquoi son sceau est utilisé avec l’intention de rapporter le dernier mot.

Tous les travaux de l’auteur sont centrés sur un seul objectif : communiquer aux autres le message du Coran, en les incitant à réfléchir à des questions liées à la foi, telles que l’existence de Dieu, Son unicité, l’au-delà, et en exposant les fondations faibles et les idéologies perverses des systèmes athées.

L’œuvre de Harun Yahya est connue à travers de nombreux pays, de l’Inde aux États-Unis, de la Grande-Bretagne à l’Indonésie, de la Pologne à la Bosnie, de l’Espagne au Brésil.

Certains de ses livres sont disponibles dans les langues suivantes : l’anglais, le français, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais, l’urdu, l’arabe, l’albanais, le chinois, le swahili, le hausa, le divehi (parlé à l’île Maurice), le russe, le serbo-croate (bosniaque), le polonais, le malais, l’ouïgour, l’indonésien, le bengali, le danois et le suédois et de nombreux lecteurs du monde entier les apprécient.

Ces ouvrages ont permis à de nombreuses personnes d’attester de leur croyance en Dieu, et à d’autres d’approfondir leur foi. La sagesse et le style sincère et fluide de ces livres confèrent à ces derniers une touche distinctive qui ne peut manquer de frapper ceux qui les lisent ou qui sont amenés à les consulter. Ceux qui réfléchissent sérieusement sur ces livres ne peuvent plus soutenir l’athéisme ou toute autre idéologie et philosophie matérialiste, étant donné que ces ouvrages sont caractérisés par une efficacité rapide, des résultats définis et l’irréfutabilité. Même s’il y a toujours des personnes qui le font, ce sera seulement une insistance sentimentale puisque ces livres réfutent telles idéologies depuis leurs fondations. Tous les mouvements de négation contemporains sont maintenant vaincus de point de vue idéologique, grâce aux livres écrits par Harun Yahya. L’auteur ne tire pas de fierté personnelle de son travail ; il espère seulement être un support pour ceux qui cherchent à cheminer vers Dieu. Aucun bénéfice matériel n’est recherché dans la publication de ces livres.

Ceux qui encouragent les autres à lire ces livres, à ouvrir les yeux du cœur et à devenir de meilleurs serviteurs de Dieu rendent un service inestimable.

Par contre, encourager des livres qui créent la confusion dans l’esprit des gens, qui mènent au chaos idéologique et qui, manifestement, ne servent pas à ôter des cœurs le doute, s’avère être une grande perte de temps et d’énergie. Il est impossible, pour les nombreux ouvrages écrits dans le seul but de mettre en valeur la puissance littéraire de leurs auteurs, plutôt que de servir le noble objectif d’éloigner les gens de l’égarement, d’avoir un impact si important. Ceux qui douteraient de ceci se rendront vite compte que Harun Yahya ne cherche à travers ses livres qu’à vaincre l’incrédulité et à diffuser les valeurs morales du Coran. Le succès et l’impact de cet engagement sont évidents dans la conviction des lecteurs.

Il convient de garder à l’esprit un point essentiel : la raison des cruautés incessantes, des conflits et des souffrances dont la majorité des gens sont les perpétuelles victimes, est la prédominance de l’incroyance sur cette terre. On ne pourra mettre fin à cette triste réalité qu’en bâtissant la défaite de l’incrédulité et en sensibilisant le plus grand nombre aux merveilles de la création ainsi qu’à la morale coranique, pour que chacun puisse vivre en accord avec elle. En observant l’état actuel du monde qui ne cesse d’aspirer les gens dans la spirale de la violence, de la corruption et des conflits, il apparaît vital que ce service rendu à l’humanité le soit encore plus rapidement et efficacement. Sinon, il se pourrait bien que les dégâts causés soient irréversibles.

Les livres d’Harun Yahya, qui assument le rôle principal dans cet effort, constitueront par la volonté de Dieu un moyen par lequel les gens atteindront au 21ème siècle la paix, la justice et le bonheur promis dans le Coran.

  AVANT-PROPOS

Ce qui est expliqué dans ce livre est une vérité essentielle qui a surpris de nombreuses personnes et a changé leur vision de la vie. Cette vérité peut être résumée ainsi : « Tous les événements et objets que nous rencontrons dans notre vie – les bâtiments, les gens, les villes, les voitures, les lieux – en fait, tout ce que nous voyons, tenons, touchons, sentons, goûtons et entendons – existe par la vision et les perceptions que notre cerveau créé. »

On nous apprend dès l’école que ces images et ces sensations sont provoquées par l’existence d’un monde extérieur matérialisé au niveau de notre cerveau. Cependant, la réalité est bien différente; nous ne voyons jamais les matériaux qui existent vraiment et nous ne touchons jamais la matière elle-même. En d’autres termes, chaque entité matérielle dont nous croyons à son existence réelle dans nos vies, n’est, en fait, qu’une vision créée dans notre cerveau.

Ceci n’est pas une spéculation philosophique. C’est un fait empirique qui a été prouvé par la science moderne. Aujourd’hui, tout scientifique spécialiste en médecine, biologie, neurologie ou dans tout autre domaine lié à l’étude du cerveau répondrait à la question, à propos de la manière dont se forme notre vision du monde et l’endroit où elle se situe, que nous voyons le monde dans le centre visuel qui se trouve dans notre cerveau.

Ce fait a été scientifiquement prouvé au 20ème siècle, et bien qu’il puisse nous sembler surprenant, il implique nécessairement de répondre à ces deux questions ; « Si nos vies sont des vues créées dans nos cerveaux, alors qu’est-ce qui crée ces visions ? Et qu’est-ce qui perçoit ces images dans nos cerveaux alors qu’il n’a pas d’organe visuel et les apprécie, ressent de la fébrilité et de la joie à leur vue ? » Dans ce livre, vous trouverez les réponses à ces deux importantes questions.

 LE SECRET DE LA MATIERE  NE VEUT PAS DIRE ADHERER

A LA DOCTRINE PANTHEISTE (WADHAT AL-WOUJOUD)

 Le sujet sur « La vraie nature de la matière » a été critiqué par certaines personnes. Ayant mal compris l’essence du sujet en question, elles prétendent que ce qui est expliqué comme le secret derrière la matière est identique à la philosophie panthéiste (wahdat al-woujoud).

Premièrement, il faut bien préciser que l’auteur de ce livre est un Musulman qui est fortement lié à la Sunnah; il n’est pas soufi, il ne défend pas la discipline de wahdat al-woujoud.

Cependant, on devrait également se rappeler que la doctrine de wahdat al-woujoud a été défendu par des savants musulmans importants tel que Moheïddine Ibn ‘Arabi. Il est vrai que plusieurs savants musulmans qui décrirent le concept de wahdat al-woujoud dans le passé, le firent en considérant certains sujets mentionnés dans ces livres. Mais, ce qui est expliqué dans ces livres n’est pas la même chose que la discipline de wahdat al-woujoud.

Certains défenseurs de l’idée de wahdat al-woujoud furent influencés par des idées erronées et firent certaines affirmations contraires au Coran et à la Sunnah. Ils nièrent, par exemple, complètement la création divine. Cependant, nulle part dans ces livres où ce sujet est traité, on ne peut trouver une explication de la sorte. Le chapitre en question affirme qu’Allah a créé tous les êtres et qu’Il voit les originaux de ces êtres, tandis que les hommes ne peuvent voir que les images de ces êtres formées dans leurs cerveaux.

Les montagnes, les prairies, les fleurs, les hommes, les mers, bref tout ce que nous voyons et toutes choses qu’Allah nous informe dans le Coran qu’elles existent et qu’Il les a créées à partir de rien, sont bien créés et existent sans doute. Mais les hommes ne peuvent pas voir, sentir ou entendre la réelle nature de ces créations avec leurs organes sensoriels. Ce qu’ils voient et sentent sont seulement les copies qui se créent dans leurs cerveaux. Ceci est un fait scientifique enseigné dans toutes les écoles en particulier les facultés de médecine. Le même phénomène s’applique au texte que vous êtes en train de lire ; vous ne pouvez ni voir ni toucher la vraie nature de celui-ci. La lumière provenant du texte original est convertie en signaux électriques par certaines cellules de vos yeux, ces signaux sont envoyés au centre visuel situé à l’arrière de votre cerveau. C’est à cet endroit où la vision de ce texte prend forme. En d’autres termes, vous ne lisez pas un texte qui est devant vos yeux ; mais, bien un texte créé dans le centre de vision situé à l’arrière de votre cerveau. Le texte que vous lisez en ce moment est une « copie du texte » à l’intérieur de votre cerveau. L’article original est seulement visible par Allah.

En conclusion, le fait que la matière soit une illusion fabriquée par nos cerveaux ne représente pas un « rejet » de celle-ci, mais plutôt une source d’informations sur sa vraie nature : car personne ne peut entrer en contact avec son original.

LA MATIERE EXISTE A L’EXTERIEUR DE NOTRE CORPS, MAIS NOUS NE POUVONS PAS L’ATTEINDRE

Dire que la matière est une illusion ne signifie pas qu’elle n’existe pas, mais plutôt le contraire : il existe un monde matériel indéniablement, que nous le percevions ou pas. Mais nous ne percevons que sa copie dans notre cerveau ou, en d’autres termes, ce que nos sens interprètent. Donc, pour nous, la matière physique est une illusion.

La matière extérieure n’est pas perçue seulement par les êtres humains, mais également par les autres créations divines. Comme pour les anges dont la mission est d’être les témoins de nos actes dans ce monde :

En effet, deux anges se tiennent l’un à droite et l’autre à gauche de l’homme pour enregistrer tous ses faits et gestes, en sorte qu’il ne prononce aucune parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’enregistrer. (Sourate Qaf, 17-18)

Mais le plus important est qu’Allah voit tout. Il a créé ce monde avec tous ses détails et le voit dans tous ses états. Il nous le dit dans le Coran :

… Et craignez Allah, et sachez qu’Allah observe ce que vous faites. (Sourate al-Baqarah, 233)

Dis : « Allah suffit comme témoin entre vous et moi. Il est, sur Ses serviteurs, parfaitement connaisseur et clairvoyant. » (Sourate al-Isra, 96)

On ne doit pas oublier qu’Allah enregistre tous nos faits et gestes dans le livre appelé Lawh Mahfuz (Tablette Préservée). Bien que l’on ne puisse pas être conscient de tous nos actes, ils sont consignés dans le Lawh Mahfuz. Allah révèle qu’Il garde une trace de tout dans l' »Ecriture-Mère » appelé Lawh Mahfuz :

Il est auprès de Nous, dans l’Ecriture Mère (l’original au ciel), sublime et rempli de sagesse. (Sourate az-Zuhruf, 4)

 … et Nous avons un Livre où tout est conservé. (Sourate Qaf, 4)

 Et il n’y a rien de caché, dans le ciel et la terre, qui ne soit dans un Livre explicite. (Sourate an-Naml, 75)

INTRODUCTION

Lorsque vous regardez par la fenêtre, vous pensez voir une image avec vos yeux, c’est de cette manière que l’on vous a appris à penser. Mais, en réalité ce n’est pas ainsi que cela fonctionne, car vous ne voyez pas le monde avec vos yeux. Vous ne percevez de ce monde que l’image créée par votre cerveau. Ce n’est ni une intuition, ni une spéculation philosophique, mais une vérité scientifique.

Pour mieux comprendre ce concept, nous devons saisir comment notre système visuel fonctionne. L’œil a pour mission de transformer la lumière en signaux électriques grâce aux cellules rétiniennes. Ce signal électrique atteint ensuite le centre de vision dans notre cerveau. Les signaux forment alors l’image de ce que vous voyez quand vous regardez par la fenêtre. En d’autres termes, ce que vous voyez est créé dans votre cerveau. Vous percevez l’image renvoyée par votre cerveau, non celle vue à partir de votre fenêtre. Par exemple, sur l’image à votre droite, la lumière qui vient de l’extérieur est projetée dans les yeux de la personne. Cette lumière est transmise au minuscule centre visuel situé à l’arrière du cerveau, après avoir été transformée en signaux électriques par les cellules oculaires. Ce sont ces signaux électriques qui forment l’image dans le cerveau. En réalité, si nous ouvrons le cerveau, nous pourrions constater qu’il n’existe aucune image. Cependant, une certaine conscience dans notre esprit reçoit les signaux électriques sous forme d’images. Le cerveau perçoit alors les signaux électriques sous forme d’images, pourtant celui-ci n’a ni œil, ni cellule oculaire, ni rétine. Mais alors, à qui appartient cette conscience dans le cerveau ?

On peut se poser la même question à propos du livre que vous êtes en train de lire. La lumière qui arrive à vos yeux est convertie en signaux électriques et atteint votre cerveau, c’est à ce moment précis que la vision de ce livre se forme. En d’autres termes, le livre que vous êtes en train en ce moment de lire n’est pas à l’extérieur, il est en fait à l’intérieur de vous, dans le centre visuel situé à l’arrière de votre cerveau. Puisque vous ressentez la rigidité du livre dans vos mains, vous pourriez penser que le livre est à l’extérieur. Cependant, cette sensation de rigidité provient également du cerveau. Les nerfs situés aux extrémités de vos doigts transmettent l’information électrique au centre de contact situé dans votre cerveau. Et lorsque vous saisissez le livre, vous ressentez sa rigidité et son poids, les pages qui glissent, l’aspect granuleux de la couverture ainsi que les coins de pages anguleux, toutes ces sensations se forment dans votre cerveau.

Mais en réalité, vous ne pouvez jamais toucher la vraie nature de ce livre. Même si vous pensez que vous touchez ce livre, c’est votre cerveau qui perçoit les sensations tactiles. En outre, vous ne savez même pas si ce livre existe en tant que matière en dehors de votre cerveau. Vous interprétez simplement l’image de ce livre à l’intérieur de votre cerveau. Cependant, vous ne devriez pas être leurré par le fait que ce livre a été écrit par un auteur, que les pages ont été conçues par ordinateur et imprimées par un éditeur. Les faits qui seront expliqués en temps voulu vous montreront que les personnes, les ordinateurs et les éditeurs lors de chaque étape de la production de ce livre ne sont que des visions qui se forment dans votre cerveau et vous ne pourrez jamais savoir si elles existent ou non à l’extérieur de votre cerveau.

Nous pouvons donc conclure que tout ce que nous voyons, touchons et entendons n’existe que dans notre cerveau. C’est une vérité scientifique qui a été prouvée scientifiquement. Le point important est de répondre à la question ci-dessus et que cette vérité scientifique nous a mené à la poser ; qu’est-ce celui qui n’a pas d’œil, mais qui regarde par la fenêtre dans nos cerveaux, qui tantôt s’amuse, tantôt s’impatiente de ce qu’il voit ? Ceci sera expliqué dans les pages suivantes.

UN FAIT SCIENTIFIQUE :  LE MONDE EXTERIEUR SEFORME DANS LE CERVEAU

 Nous sommes conscients que les différentes caractéristiques de ce monde sont perçues grâce à nos organes sensoriels. Les informations collectées par ces organes sont converties en signaux électriques, et chaque partie de notre cerveau les analyse et les traite. Après que ce processus d’interprétation ait eu lieu à l’intérieur de notre cerveau, nous allons par exemple lire un livre, goûter une fraise, sentir une fleur, toucher la texture d’un tissu en soie ou entendre le bruit des feuilles malmenées par le vent.

On nous a appris que les vêtements que nous touchons sont à l’extérieur de notre corps, comme le livre que nous tenons à 30 centimètres de nous, ou le parfum des arbres pourtant loin de nous ou encore le bruit des feuilles des arbres qui s’agitent dans le lointain. Cependant, tout ceci n’est que dans notre imagination. Tous ces événements se forment dans notre cerveau.

A ce stade, nous faisons face à un autre fait étonnant ; il n’existe aucun son, aucune couleur ou image dans notre cerveau. Tout ce que l’on peut trouver dans notre cerveau, ce sont des signaux électriques. Ceci n’est pas une spéculation philosophique. C’est tout simplement la description scientifique de nos fonctions sensorielles. Dans son livre Atlas du cerveau – Neurosciences du comportement : les nouveaux savoirs et leurs conséquences, Rita Carter, journaliste scientifique, explique la manière dont nous percevons le monde :

Commençons par le commencement : nos organes sensoriels –yeux, oreilles, nez, langue et récepteurs somato-sensoriels de l’épiderme. Chacun est spécialement adapté à son propre type de stimulus : molécules, ondes ou vibrations. L’explication que nous cherchons n’est pas ici, car malgré leur fantastique diversité, ces organes accomplissent tous le même travail : ils traduisent le type de stimulus qu’ils reçoivent en impulsions électriques. Et toutes les impulsions se ressemblent. Il n’est nullement question de la couleur rouge ou des premières notes de la Cinquième Symphonie de Beethoven – mais d’énergie électrique. En fait, les organes des sens ne discriminent pas les influx sensoriels ; au contraire, ils les rendent homogènes.

Tous les stimuli sensoriels pénètrent dans le cerveau sous forme d’impulsions électriques qui, comme la chute en cascade d’une rangée de dominos, se transmettent de neurone à neurone le long d’un circuit particulier. Rien de plus. Au bout du trajet, aucun transformateur ne convertit à nouveau cette activité électrique en ondes ou en molécules. Ces courants électriques aboutiront à la vision ou à l’odorat selon le type des neurones stimulés.1

En d’autres termes, toutes les perceptions que nous avons dans ce monde (vue, odorat, goût, etc.) sont issues de la même matière, c’est-à-dire de signaux électriques. En outre, c’est notre cerveau qui traduit ces signaux pour nous et les transforme en odeur, goût, image, son ou toucher. Il est étonnant de constater que le cerveau, qui est fait de chair, puisse déterminer quel signal électrique doit être interprété en tant qu’odeur et quel signal en tant que vision, et puisse traduire ce matériel en sensations et sentiments tellement différents.

Observons maintenant nos organes sensoriels et la manière dont nous percevons le monde.

Ce ne sont pas nos yeux qui voient, mais c’est plutôt notre cerveau

En raison de l’éducation que nous avons reçue tout au long de notre vie, nous imaginons que nous voyons le monde avec nos yeux. Finalement, nous arrivons généralement à la conclusion suivante ; nos yeux sont une fenêtre sur le monde. Mais, la science nous prouve que nous ne voyons pas avec nos yeux. Les millions de cellules nerveuses situées à l’intérieur des yeux sont responsables de la transmission des messages au cerveau, comme le long d’un câble, afin de faire « voir » ce qui se passe. Si nous analysons l’information que nous avons apprise au collège, il est alors plus facile de comprendre la réalité de la vision.

 La réflexion de la lumière d’un objet à travers le cristallin de l’œil, génère une image inversée sur la rétine située à l’arrière du globe oculaire. Après quelques processus chimiques produits par les bâtonnets et les cônes rétiniens, cette vision se transforme en impulsion électrique. Cette impulsion est alors transmise par les influx au système nerveux situé à l’arrière du cerveau. Le cerveau traduit cet influx en une vision représentative et tridimensionnelle.

Par exemple, lorsque vous observez les enfants qui jouent dans un parc, vous ne voyez pas les enfants et le parc avec vos yeux, car l’image de cette vision ne se forme pas devant vos yeux, mais à l’arrière de votre cerveau.

Malgré cette explication simple, la physiologie de la vue est en réalité un processus extraordinaire. Immanquablement, la lumière est convertie en signaux électriques, lesquels révèlent par la suite un monde lumineux, tout en couleurs et en trois dimensions. R. L. Gregory, dans son livre Eye and Brain : The Psychology of Seeing reconnaît ce fait important, et explique ainsi cette incroyable structure :

Nous recevons de minuscules images déformées et inversées dans les yeux, et nous voyons des objets solides distincts dans notre environnement. A partir de simulations rétiniennes, nous percevons le monde des objets, et ceci est ni plus ni moins un miracle.2

Toutes ces constatations nous mènent à la même conclusion. Au cours de notre vie, nous avons toujours supposé que le monde existait en dehors de nous. Cependant, le monde est à l’intérieur de nous. Bien que nous croyions que le monde se trouve à l’extérieur de nous, il se situe dans la plus petite partie de notre cerveau. Par exemple, le dirigeant d’une société peut considérer que l’immeuble de son entreprise, sa voiture dans le parking, sa maison en bord de mer, son yacht et toutes les personnes qui travaillent pour lui, ses avocats, sa famille et ses amis, tous ces éléments sont à l’extérieur de son corps. Cependant, toutes ces choses ne sont que des visions qui se forment dans son crâne, dans une partie minuscule de son cerveau.

Il n’est pas conscient de cette réalité et même s’il la connaissait, il n’y penserait pas. S’il se tient fièrement près de sa voiture de luxe dernier cri, et qu’un grain de poussière ou une particule portée par le vent pénètre dans son œil, il va peut-être se frotter doucement l’œil qui le démange, et en le rouvrant constater que « les choses matérielles » sont à l’envers ou se sont déplacées sur les côtés. Il va alors se rendre compte que les choses matérielles vues dans son environnement ne sont pas stables.

Ce qui est démontré ici, c’est que chaque personne durant sa vie est spectateur de tout ce qui lui arrive à l’intérieur de son cerveau et à aucun moment ne peut être en contact direct avec les différents objets matériels qui soi-disant créent son expérience. Les images que nous voyons sont des copies dans notre cerveau des objets dont nous supposons qu’ils existent à l’extérieur de nous. Nous ne pouvons jamais savoir dans quelle mesure ces copies ressemblent aux originaux, ou si les originaux existent eux-mêmes.

Bien que matérialiste, médecin et journaliste allemand Hoimar Von Ditfurth reconnaît ce fait scientifiquement :

Peu importe la manière d’argumenter, le résultat ne change pas. Ce qui se tient devant nous dans toute sa dimension et ce que nos yeux voient n’est pas le « monde ». Ce n’est qu’une image du monde, une ressemblance, une projection dont la combinaison avec l’original est sujette à discussion.3

Par exemple, lorsque vous jetez un coup d’œil à la pièce où vous êtes assis, ce que vous voyez n’est pas la salle extérieure à vous, mais une copie de la salle qui existe dans votre cerveau. Vous ne pourrez jamais voir la salle originale avec vos organes sensoriels.

 Comment une image lumineuse et colorée peut apparaître dans un cerveau complètement sombre ?

Il existe un autre point qui ne doit pas être négligé ; la lumière ne peut pas passer à travers le crâne. La zone où se situe le cerveau est complètement sombre, et la lumière ne peut y pénétrer. Cependant, aussi incroyable que cela puisse paraître, il est possible d’observer un monde tout en couleur et lumineux dans cette obscurité totale. Cette nature magnifique tout en couleur, ces images éclatantes, ces tons de vert, ces couleurs de fruits, toutes ces formes de fleurs, cet éclat du soleil, ces personnes marchant le long d’une route à grande circulation, ces voitures qui passent à grande vitesse sur les routes, ces vêtements dans ce centre commercial – tous ces éléments se forment dans un cerveau sombre.

Imaginez-vous devant un barbecue allumé. Vous pouvez vous asseoir et contempler des heures les flammes du barbecue, mais au cours de ce moment, votre cerveau n’aura jamais affaire avec l’original de la lumière, de l’éclat ou de la chaleur du feu. Même lorsque vous ressentez la chaleur du feu et observez son éclat, l’intérieur de votre cerveau demeure sombre et garde une température constante. Le mystère demeure sur le fait que dans l’obscurité, les signaux électriques se transforment en images pleines de couleurs et lumineuses. Toute personne qui s’interroge sur ce phénomène sera fascinée par cette occurrence merveilleuse.

La lumière se forme aussi au niveau de notre cerveau

Alors que nous parlons des progrès de la science en matière de vision, nous avons indiqué que la lumière que nous recevons de l’extérieur provoque des mouvements des cellules oculaires, et ils forment une trame à partir de laquelle notre expérience visuelle apparaît. Cependant, il y a un autre point que nous devons aborder : La lumière, telle que nous la percevons, ne réside pas à l’extérieur de notre cer veau. La lumière que nous connaissons et savons expliquer se forme également dans notre cerveau. Ce que nous appelons lumière dans le monde extérieur, située prétendument à l’extérieur de notre cerveau, se compose d’ondes électromagnétiques et de particules d’énergie appelées photons. Lorsque ces ondes électromagnétiques ou photons atteignent la rétine, la lumière telle que nous la connaissons, commence à apparaître. La lumière est décrite ainsi en sciences physiques :

Le terme « lumière » est employé pour les ondes électromagnétiques et les photons. Le même terme est utilisé en physiologie, en tant que sentiment éprouvé par une personne lorsque les ondes électromagnétiques et les photons heurtent la rétine. En termes objectifs et subjectifs, la « lumière » est une forme d’énergie apparaissant dans l’œil d’une personne, qui se matérialise à travers la rétine par la vision.4

Par conséquent, l’existence de la lumière est le résultat d’effets provoqués par des ondes électromagnétiques et des particules dans notre cerveau. En d’autres termes, il n’y a pas de lumière à l’extérieur de notre corps qui crée la lumière que nous voyons dans notre cerveau. Il y a seulement de l’énergie. Et lorsque cette énergie pénètre dans notre cerveau, nous voyons un monde tout en couleur, radieux et lumineux.

Les couleurs se forment aussi dans notre cerveau

Depuis notre naissance, nous vivons dans un environnement et un monde tout en couleur. Cependant, il n’existe pas une seule couleur dans l’univers. Les couleurs se forment dans notre cerveau. A l’extérieur, il n’y a que des ondes électromagnétiques aux amplitudes et fréquences variables. Ce qui pénètre notre cerveau, c’est cette énergie produite par ces ondes. Nous l’appelons « lumière », bien que ce ne soit pas la lumière que nous connaissons éclatante et lumineuse. Ce n’est que de l’énergie. Lorsque notre cerveau traduit cette énergie en mesurant les différentes fréquences des ondes, nous voyons des « couleurs ». En réalité, la mer n’est pas bleue, l’herbe n’est pas verte, le sol n’est pas brun et les fruits ne sont pas colorés. Ils apparaissent ainsi en raison de la manière dont nous les percevons dans notre cerveau. Daniel C. Dennett, célèbre pour ses livres traitant du cerveau et de la conscience, résume ainsi ce fait mondialement reconnu :

L’opinion la plus répandue est que la science moderne a enlevé les couleurs du monde physique, les remplaçant par un rayonnement électromagnétique incolore aux différentes longueurs d’ondes.5

Dans son livre The Amazing Brain, R. Ornstein et R. F. Thompson ont affirmé que ces couleurs se forment ainsi :

Ce genre de « couleurs » n’existe pas dans le monde ; elles existent seulement dans l’œil et le cerveau du spectateur. Les objets reflètent de nombreuses longueurs d’ondes de lumière différentes, mais ces ondes lumineuses n’ont elles-mêmes aucune couleur.6

Afin de comprendre ceci, il faut expliquer notre manière de percevoir les couleurs. La lumière du soleil atteint les objets et chaque objet renvoie cette lumière sous forme d’ondes de différentes fréquences. Cette lumière aux fréquences variables arrive jusqu’à l’œil. (Rappelez-vous que le terme « lumière » se rapporte en fait ici aux ondes électromagnétiques et aux photons et non à la lumière qui se forme dans notre cerveau.) La perception de la couleur commence dans les cellules de cône rétinien. Dans la rétine, il y a trois types de cellules coniques, chacune réagissant aux différentes fréquences de la lumière. Le premier est sensible à la lumière rouge, le second à la lumière bleue, et le troisième à la lumière verte. A partir des différents niveaux de stimulations de ces cellules coniques, des millions de couleurs différentes sont formés. Cependant, la lumière parvenant aux cellules coniques ne peut à elle seule former des couleurs. Comme l’explique Jeremy Nathans de l’Université médicale John Hopkins, les cellules de l’œil ne forment pas les couleurs :

Tout ce qu’un simple cône peut faire, c’est de capturer la lumière et de vous renseigner sur son intensité. Il ne vous indique rien sur la couleur.7

Grâce à leurs pigments, les cellules coniques interprètent les données des couleurs sous forme de signaux électriques. Les cellules nerveuses connectées aux cellules coniques transmettent ces signaux électriques vers une zone spécifique du cerveau. La zone où nous voyons un monde en couleur tout au long de notre existence est cette zone spécifique qui se situe dans le cerveau.

Ceci prouve qu’il n’y a aucune couleur ou lumière en dehors de notre cerveau. Il y a seulement de l’énergie qui se déplace sous forme d’ondes électromagnétiques et de particules. La couleur et la lumière n’existent que dans notre cerveau. En fait, nous ne voyons pas une rose rouge en tant que rouge, simplement parce qu’elle est rouge. L’interprétation par notre cerveau de l’énergie qui atteint l’œil nous fait percevoir que la rose est de couleur rouge.

L’achromatopsie prouve que les couleurs se forment dans notre cerveau. Une petite lésion bénigne de la rétine peut mener à l’achromatopsie. Une personne atteinte d’achromatopsie est incapable de distinguer le vert du rouge. Qu’un objet externe soit coloré ou non n’est pas important, car la raison pour laquelle nous voyons les objets en couleur ne s’explique pas par le fait qu’ils le soient. Ceci nous mène à la conclusion que toutes les propriétés qui caractérisent un objet ne se trouvent pas dans le monde extérieur, mais dans notre cerveau. Cependant, puisque nous ne serons jamais capables d’aller au delà de nos perceptions pour pouvoir atteindre le monde extérieur, nous ne pourrons donc jamais prouver l’existence de la matière et des couleurs. Le célèbre philosophe, Berkeley, reconnaît ce fait et l’exprime en ces termes :

Si les mêmes choses peuvent être rouges et chaudes pour certains et pour d’autres exactement l’inverse, ceci signifie que nous sommes sous l’influence d’idées fausses et que ces « choses » existent seulement dans notre cerveau.8

 On entend tous les sons au niveau du cerveau

Le processus d’audition fonctionne de la même manière que celui de la vision. En d’autres termes, nous entendons les sons dans notre cerveau de la même manière que nous percevons visuellement le monde extérieur. L’oreille capte les sons environnants et les transmet à l’oreille moyenne. Celle-ci amplifie les vibrations des sons et les transmet à l’oreille interne. Cette dernière transforme les vibrations sonores en impulsions électriques, en se basant sur leur fréquence et leur intensité, pour ensuite les transmettre au cerveau. Une fois ces messages dans le cerveau, ils sont alors dirigés vers le centre auditif où les sons sont interprétés. Par conséquent, le processus d’audition se produit principalement au centre auditif, à l’instar du processus de vision qui lui se déroule dans le centre visuel.

Les sons réels n’existent donc pas en dehors de notre cerveau, bien qu’il existe des vibrations physiques que nous appelons ondes sonores. Ces ondes sonores ne sont pas transformées en sons à l’extérieur ou à l’intérieur de nos oreilles, mais plutôt à l’intérieur de notre cerveau. De la même façon que le processus visuel n’est pas effectué par nos yeux, le processus d’audition n’est pas non plus accompli par nos oreilles. Par exemple, lorsque vous discutez avec un ami, vous observez dans votre cerveau l’image de votre ami, et entendez sa voix dans votre cerveau. Cette vision qui se forme dans votre cerveau, vous donnera alors le sentiment réel d’une vision tridimensionnelle et vous entendrez également la voix de votre ami avec ce même sentiment de réalité. Vous pourrez voir par exemple votre ami comme étant loin de vous, ou assis à vos côtés; vous aurez donc le sentiment que cette voix vient de lui, qu’elle est proche de vous ou qu’elle arrive de derrière vous. Cependant, la voix de votre ami n’est ni éloignée, ni derrière vous. Elle est dans votre cerveau.

Le côté extraordinaire de la véritable nature du son que vous entendez ne se limite pas uniquement à cela. Le cerveau est hermétique à la lumière et au son. Le son n’est en fait jamais en contact direct avec le cerveau. Par conséquent, au delà du volume sonore que vous entendez, l’intérieur de votre cerveau est en fait dans un silence total. Cependant, vous entendez dans votre cerveau très distinctement les sons, tels que les voix. Elles sont si limpides qu’une personne en bonne santé les perçoit sans la moindre difficulté ou la moindre déformation. Vous entendez dans le cerveau insonorisé la symphonie d’un orchestre ; vous pouvez entendre tous les sons dans une large gamme de fréquences et de décibels, allant du bruissement des feuilles au vacarme des avions à réaction. Lorsque vous allez au concert de votre chanteur préféré, le son pénétrant et puissant qui envahit tout le stade, se forme dans le silence total de votre cerveau. Lorsque vous chantez vous-même à tue-tête, vous percevez le son dans votre cerveau. Cependant, si vous pouviez à ce moment enregistrer le son dans votre cerveau avec un magnétophone, vous n’entendriez que le silence. C’est un fait extraordinaire. Les signaux électriques qui parviennent au cerveau sont interprétés par le cerveau sous forme de sons, comme par exemple le bruit d’un concert dans un stade bondé de personnes.

Les odeurs se forment dans le cerveau

Si on demande à une personne de quelle façon elle sent les odeurs autour d’elle, elle va vraisemblablement répondre « avec mon nez ». Cependant, cette réponse n’est pas la bonne, bien que la plupart concluent immédiatement que c’est exact. Gordon Shepherd, professeur de neurologie à l’Université de Yale, explique pourquoi cette réponse est fausse ; « Nous pensons que nous sentons avec nos nez, [mais] c’est un peu comme dire que nous entendons avec nos lobes d’oreille. »9

Notre odorat fonctionne avec un processus semblable à celui de nos autres organes sensoriels. En fait, l’unique fonction du nez est sa capacité de servir de canal adducteur pour les molécules olfactives. Les molécules volatiles telles que la vanille ou le parfum d’une rose, arrivent jusqu’aux récepteurs situés sur les poils dans une partie du nez appelé l’épithélium et interagissent entre eux. Le résultat de l’interaction des molécules olfactives avec l’épithélium pénètre le cerveau sous forme de signaux électriques. Ceux-ci sont alors perçus sous forme de parfum par le cerveau. Ainsi, toutes les odeurs que nous interprétons comme bonnes ou mauvaises ne sont que des perceptions produites dans le cerveau après que l’interaction avec les molécules volatiles ait été transformée en signaux électriques. Le parfum d’une fleur, d’un aliment que vous aimez, de la mer – en résumé toutes les odeurs que vous pouvez aimer ou ne pas aimer – sont perçues dans le cerveau. Cependant, les molécules olfactives ne parviennent en fait jamais au cerveau. Au niveau de notre odorat, ce ne sont que des signaux électriques qui arrivent au cerveau, il en est de même pour l’audition et la vision.

Donc, une odeur ne circule dans aucune direction déterminée, car toutes les odeurs sont interprétées par le centre de l’odorat situé dans notre cerveau. Par exemple, l’odeur d’un gâteau ne provient pas du four, de la même manière l’odeur d’un plat ne provient pas de la cuisine. Il en va de même pour l’odeur du chèvrefeuille qui ne provient pas du jardin et l’odeur de la mer au loin, elle non plus ne provient pas de la mer. Toutes ces odeurs sont interprétées à un endroit précis, dans une zone connexe du cerveau. Il n’existe aucune notion comme la droite ou la gauche, l’avant ou l’arrière, en dehors de ce centre de perception sensoriel. Bien que chacun des sens semble se produire avec différents effets et provenir de différentes directions, mais en fait ils se produisent tous à l’intérieur de notre cerveau. On suppose que les odeurs qui se forment dans le centre olfactif du cerveau sont les odeurs de la matière à l’extérieur. Cependant, l’image de la rose est produite dans le centre visuel et le parfum d’une rose est quant à lui est produit dans le centre olfactif. S’il existe réellement une odeur extérieure, vous ne pourrez jamais entrer en contact avec son original.

Le philosophe George Berkeley conscient de l’importance de cette vérité, déclare :

Au début, on croyait que les couleurs, les odeurs, etc., ‘existaient vraiment’, mais par la suite ces hypothèses ont été abandonnées, et l’on a compris qu’elles existaient seulement en fonction de nos sensations.

Il est peut-être intéressant d’étudier les rêves afin de comprendre que l’odeur n’est qu’une sensation. Lorsque des personnes rêvent, elles perçoivent des images d’un grand réalisme, il en est de même pour les odeurs. Par exemple, une personne qui dans son rêve, va au restaurant, va choisir son dîner en fonction des odeurs des mets qui sont au menu ; quelqu’un qui rêve de partir en voyage au bord de la mer va sentir l’odeur si caractéristique de la mer et celui qui rêve d’un jardin de marguerites va ressentir, dans son rêve, le plaisir de ce parfum merveilleux. De même, celui qui rêve qu’il va dans une parfumerie et choisit un parfum sera capable de distinguer les fragrances des parfums, une par une. Tout dans son rêve est si réaliste que lorsque cette personne se réveille, il ou elle sera étonné par ce vécu.

En fait, il n’est pas nécessaire d’étudier les rêves pour comprendre ce phénomène. Il suffit simplement d’imaginer un des exemples que nous avons vu, comme celui de la marguerite. Si vous vous concentrez sur cette marguerite, vous pourrez alors sentir son parfum, même si en réalité elle n’est pas devant vous. Le parfum est à présent dans votre cerveau. Si vous voulez visualiser votre mère, vous pouvez l’imaginer et la voir bien qu’elle ne soit pas devant vous ; de la même manière vous pouvez imaginer l’odeur du lis, malgré son absence physique.

Michael Posner, psychologue et Marcus Raichle, neurologue à l’Université de Washington expliquent de quelle façon se forment la vision ainsi que les autres sens, même en l’absence de stimulus externe :

Ouvrez les yeux et sans le moindre effort vous visualisez une scène devant vos yeux ; fermez les yeux et pensez à cette scène, vous pouvez la faire apparaître visuellement, mais certainement pas aussi vivante, palpable et dans sa totalité qu’une scène qui maintenant se déroule devant vous, mais une vision qui saisisse encore les caractéristiques essentielles de la scène. Dans ces deux cas, une image de la scène se forme dans votre esprit. L’image formée des expériences visuelles réelles s’appelle un « percept » pour la distinguer d’une image imaginée. Le percept est la résultante d’une projection de lumière sur la rétine et de la transmission de signaux qui seront traités ensuite dans le cerveau. Mais comment sommes-nous capables de créer une image alors qu’aucune lumière n’a été projetée sur la rétine afin d’envoyer de tels signaux ?10

Pour une source extérieure, il n’est pas nécessaire de former une image dans notre esprit. Ce cas s’applique également à l’odorat. De la même façon que vous reconnaissez l’odeur qui n’existe que dans vos rêves ou votre imagination, vous ne pouvez pas être certain que ces objets ou non, que vous sentez dans la vraie vie, existent en dehors de vous. Même si vous pensez que ces objets existent en dehors de vous, vous n’aurez jamais affaire aux originaux.

Le goût se forme au niveau du cerveau

Le sens gustatif peut être expliqué de la même manière que pour celui des autres organes sensoriels. Le goût est dû à de petites papilles situées au niveau de la langue et de la gorge. La langue est capable d’identifier quatre goûts différents, l’amer, l’aigre, le sucré et le salé. Les papilles gustatives, après une série de processus chimiques, transforment l’information sensorielle en signaux électriques et les transmettent ensuite au cerveau. Plus tard, ces signaux sont interprétés par le cerveau en tant que goûts. Le goût que vous ressentez lorsque vous mangez un gâteau, un yaourt, un citron ou un fruit, est, en réalité, un processus qui va interpréter les signaux électriques dans le cerveau.

L’image d’un gâteau va être associée au sucré, tout ceci se passe dans le cerveau et toutes les perceptions sont associées à ce gâteau que vous aimez tant. Le goût que vous ressentez après avoir mangé le gâteau avec beaucoup d’appétit, n’est rien d’autre qu’un effet produit dans votre cerveau qui a été provoqué par les signaux électriques. Vous ne percevez que ce que votre cerveau interprète des stimuli externes. Vous ne pouvez jamais atteindre l’objet original ; par exemple vous ne pouvez pas voir, sentir ou goûter le chocolat réellement. Si les nerfs gustatifs de votre cerveau étaient coupés, il deviendrait alors impossible au goût généré par les aliments que vous avez mangés d’atteindre le cerveau, et vous perdriez alors totalement le sens du goût. Ces goûts que vous connaissez et qui vous semblent plus vrais que nature, ne doivent pas nécessairement vous leurrer. Telle est l’explication scientifique de la matière.

Le toucher se forme également dans le cerveau

Le toucher représente un des éléments qui nous font douter de la réalité expliquée précédemment à savoir la vision, l’ouïe et le goût se forme dans le cerveau. Par exemple, si vous dîtes à quelqu’un qu’il voit ce livre à l’intérieur de son cerveau, il va vous répondre sans trop réfléchir : « Je ne peux pas être en train de voir ce livre dans mon cerveau – regardez, je le touche avec ma main. » Ou encore, si nous disons « Nous ne pouvons pas savoir si l’original de ce livre existe comme objet matériel dans le monde extérieur ou non », cette même personne superficielle pourrait répondre « Non, regardez, je tiens ce livre avec ma main et je sens sa dureté – ce n’est pas une perception mais une vraie réalité, il existe bien matériellement. »

Cependant, il y a un fait que de telles personnes ne peuvent pas comprendre ou peut-être l’ignorent-elles tout simplement. Le toucher se forme aussi dans le cerveau comme d’ailleurs tous les autres sens. C’est-à-dire, lorsque vous touchez un objet matériel, vous ressentez dans votre cerveau si cet objet est dur, mou, humide, collant ou soyeux. Les perceptions qui proviennent des extrémités de vos doigts sont transmises au cerveau sous forme de signaux électriques et ces derniers sont interprétés par votre cerveau en tant que toucher. Par exemple, si vous touchez une surface rugueuse, il vous est impossible de déterminer si la surface est, en réalité rugueuse ou la manière dont vous percevez en réalité cette surface rugueuse. C’est parce que vous ne pourrez jamais toucher l’original de cette surface rugueuse. La connaissance que vous avez du toucher d’une surface n’est que l’interprétation faite par votre cerveau de certains stimuli.

Une personne qui discute avec un ami proche tout en buvant une tasse de thé va immédiatement la lâcher si elle se brûle les doigts au contact de cette tasse brûlante. Cependant, en réalité, cette sensation de chaleur intense provoquée par la tasse n’existe en réalité que dans son cerveau, mais pas entre ses doigts.

Cette personne visualise l’image de la tasse de thé dans son esprit, en imagine son odeur et son goût dans son esprit. Malgré tout, elle ne réalise pas que le thé qu’elle déguste est en fait une sensation créée dans son cerveau. Elle imagine que le verre existe à l’extérieur d’elle-même et elle parle à son ami, dont l’image se forme également dans son cerveau. En fait, il s’agit là d’un cas extraordinaire. La supposition qu’elle touche le verre original et boive le thé original, sentiment renforcé par la dureté et la chaleur de la tasse et le goût et l’odeur du thé, démontre la précision et la perfection étonnantes des informations transmises par nos sens à notre cerveau. Cette vérité essentielle, qui exige une attention soutenue, est exprimée par un philosophe du 20ème siècle, Bertrand Russell :

Ce sens du toucher que nous ressentons lorsque nous appuyons nos doigts sur une table, n’est qu’une perturbation électrique qui agit sur les électrons et les protons dont nos doigts sont composés, et causée, conformément à la physique moderne, par la proximité des électrons et des protons de la table. Si cette même perturbation aux extrémités de nos doigts se produisait d’une autre manière, nous devrions avoir des sensations, et ceci bien qu’il n’y ait pas de table.11

Cette remarque faite par Russell est extrêmement importante. En fait, si les extrémités de nos doigts reçoivent ce stimulus de manière différente, nous pouvons alors ressentir des sensations totalement différentes. Cependant, comme cela vous sera expliqué en détail ultérieurement, tout ceci peut aujourd’hui être réalisé grâce aux équipements de simulation. A l’aide d’un gant spécial, une personne peut avoir la sensation de caresser un chat, de serrer la main de quelqu’un, de se laver les mains ou de toucher un objet solide, bien que rien de tout ceci ne soit présent physiquement. En réalité, bien sûr, aucune de ces sensations ne s’est produite dans le monde réel. C’est une preuve supplémentaire que toutes les sensations ressenties par l’homme se forment à l’intérieur de son esprit.

Nous ne pourrons jamais atteindre l’original du monde

extérieur qui se forme à l’intérieur de notre cerveau

Comme nous l’avons expliqué, tout ce que nous vivons, voyons, entendons et ressentons dans notre vie se forme à l’intérieur de notre cerveau. Par exemple, quelqu’un qui regarde par la fenêtre assis dans un fauteuil ressent la dureté du fauteuil et le satiné du tissu dans son cerveau. L’odeur du café venant de la cuisine se forme dans notre esprit, mais non dans la cuisine loin de cette personne. La vue de la mer, des oiseaux et des arbres qu’il observe depuis sa fenêtre sont des images formées dans le cerveau de cette personne. L’ami qui sert le café ainsi que le goût du café existent également dans son cerveau. En bref, une personne assise dans son salon et qui regarde par la fenêtre, ne voit en réalité que son salon, et l’image qu’il voit de sa fenêtre est en fait projetée comme sur un écran dans son cerveau. Ce que l’homme appelle « sa vie » est une collection de perceptions stockées de façon rationnelle et visionnées sur un écran dans le cerveau, il est impossible de sortir du cerveau.

Nous ne pouvons jamais connaître la vraie nature de l’original de la matière existant à l’extérieur du cerveau. Nous ne pouvons pas savoir, si l’original, par exemple le vert d’une feuille est oui ou non tel que nous le percevons. De même, nous ne pouvons jamais savoir si un dessert est vraiment sucré ou si c’est juste la façon dont notre cerveau perçoit qu’il devrait être.

Celui qui y réfléchit va clairement prendre conscience de cette vérité. George Berkeley, l’exprime dans son livre A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge:

Grâce à la vue, j’ai les notions de lumière et de couleurs, avec leurs différents degrés et variations. Par le contact, je perçois ce qui est dur et mou, la chaleur et le froid, le mouvement et la résistance… L’olfaction me pourvoit en odeurs ; le palais me dit le goût ; et l’audition transmet les sons… Et comme la plupart de ces sensations sont appelées à s’assembler, elles viennent à être spécifiées par un nom et ainsi être reconnues comme une chose. Ainsi, par exemple, on estime une certaine couleur, un goût, une odeur, une forme et une consistance se convenir pour être associés et devenir une chose bien distincte, signifiée par le mot pomme ; d’autres ensembles d’idées constituent une pierre, un arbre, un livre, des choses sensibles et ainsi de suite… 12

Telle est la vérité exprimée ici par Berkeley : nous définissons un objet en interprétant les différentes sensations qui sont ressenties par le cerveau. Comme c’est le cas dans cet exemple, le goût et l’odeur de la pomme, sa dureté et sa forme arrondie liées à ses autres qualités sont perçus comme un tout par notre cerveau et nous percevons ce tout comme cette pomme. Cependant, nous ne pourrons jamais en fait avoir affaire à l’original de la pomme, seulement à la perception que nous avons d’elle. Ce que nous pouvons voir, sentir, goûter, toucher ou entendre sont seulement des copies formées à l’intérieur du cerveau.

Lorsque nous réfléchissons à tout ce dont on a parlé jusqu’à maintenant, la vérité apparaît dans toute sa limpidité. Par exemple :

* Si nous pouvons voir dans notre cerveau où il n’existe aucune lumière réelle, une rue tout en couleur et l’ensemble de ces couleurs avec leurs ombres éclatantes, nous voyons les copies des panneaux d’affichage, des lumières, des réverbères et des phares des voitures qui sont produites à partir de signaux électriques à l’intérieur du cerveau.

* Comme aucun son ne peut pénétrer dans le cerveau, nous ne pouvons jamais entendre l’original des voix de ceux que nous aimons. Nous en entendons seulement des copies.

* Nous ne pouvons ni ressentir la fraîcheur de la mer, ni la chaleur du soleil – nous n’en ressentons que les copies formées dans notre cerveau.

* De la même manière, personne n’a pu goûter l’original de la menthe. Le goût que l’on ressent comme de la menthe n’est qu’une perception qui se forme dans le cerveau. C’est parce que la personne ne peut ni toucher, ni voir, ni sentir, ni goûter l’original de la menthe.

Pour finir, au cours de nos vies, nous vivons avec des perceptions, les copies des originaux qui nous sont présentées. Cependant, ces copies sont si réalistes que nous ne nous réalisons jamais qu’elles ne sont que des copies reproduites dans notre cerveau. Par exemple, levez la tête et regardez autour de vous. Vous voyez que vous vous trouvez dans une pièce meublée. Lorsque vous touchez les accoudoirs du fauteuil dans lequel vous êtes assis, vous sentez la dureté du fauteuil comme s’il s’agissait vraiment de l’original. La réalité des images qui vous sont présentées et leur extraordinaire réalisme suffisent amplement à vous convaincre, vous et des milliards d’autres personnes que ces images sont « palpables donc bien réelles ». Bien que la plupart des personnes aient appris que les perceptions que nous avons de ce monde se forment dans notre cerveau en cours de biologie au lycée, ces images sont si réalistes qu’elles ont du mal à croire qu’elles ne sont que le fruit d’une imagination fertile de la part de leur cerveau. Pour la simple et bonne raison que la restitution de chaque image dans notre cerveau est d’un réalisme et d’une parfaite précision.

Certaines personnes admettent le fait que les images se forment dans leur cerveau, pourtant elles affirment que les originaux de ces images sont extérieurs à leur personne. Néanmoins elles ne peuvent jamais le démontrer, car personne n’a la capacité d’aller hors des perceptions présentes dans le cerveau. Nous vivons tous dans une cellule, à l’intérieur de notre cerveau, et nous ne pouvons vivre autre chose que ce qui est ressenti par nos sens. En conséquence, personne ne peut savoir ce qui se passe au delà de ses perceptions. Aussi déclarer avec certitude « il y a les originaux à l’extérieur de notre personne » serait en fait une supposition infondée, car dans ce cas il n’y a rien qui puisse le prouver. En outre, même s’il existe des originaux qui appartiennent au monde extérieur, ces « originaux » seront également vus dans notre cerveau, ce qui signifie que le spectateur doit avoir affaire aux images formées dans son cerveau. En conséquence, de telles affirmations ne peuvent être soutenues parce qu’il nous est impossible d’atteindre « les copies matérielles » des objets qui pour nous existent.

Nous devrions également souligner que le progrès scientifique ou technologique ne peut rien changer cela, puisque chaque découverte scientifique ou invention technologique se forme dans l’esprit des personnes, et ne nous est donc d’aucune aide pour atteindre le monde extérieur.

Des philosophes renommés comme B. Russell et L. Wittgenstein nous donnent cet avis sur le sujet :

Qu’un citron, par exemple, existe vraiment ou pas et comment il est apparu, cette question ne peut être posée ou examinée. Un citron se résume uniquement à un goût ressenti par la langue, une odeur humée par le nez, une couleur et une forme perçues par l’œil ; et seules ces fonctions peuvent être, à peu près, soumises à examen et à évaluation. La science ne pourra jamais connaître le monde physique. 13

Le philosophe G. Berkeley s’est clairement exprimé sur le fait que nos perceptions n’existent que dans nos esprits et que nous serions dans l’erreur en prétendant systématiquement qu’elles existent dans le monde extérieur :

Nous ne croyons en l’existence des choses que parce que nous les voyons et les touchons, et parce qu’elles nous sont reflétées par nos perceptions. Cependant, nos perceptions ne sont que des idées dans notre esprit. Ainsi, toutes ces choses que nous captons par des perceptions ne sont que des idées et ces idées ne sont nulle part, mais dans notre esprit… Comme elles n’existent que dans l’esprit, cela signifie alors que nous sommes séduits par des mensonges lorsque nous imaginons que l’univers et les choses existent en dehors de nos esprits. Ainsi, tout ce qui nous entoure n’existe pas en dehors de notre esprit. 14

En outre, il importe peu à tous de savoir si une chose qu’une personne ne peut ni atteindre, ni voir, ni toucher, existe ou n’existe pas, parce qu’indépendamment de savoir si oui ou non il existe un monde matériel, un être humain n’a de connaissances de ce monde qu’à travers les perceptions dans son cerveau. Une personne peut ne jamais rencontrer le véritable original d’un objet matériel. En outre chacun se contente de voir la copie. Par exemple, une personne qui se promène dans un jardin fleuri aux couleurs vives ne voit pas l’original de ce jardin, mais la copie de ce dernier dans son cerveau. Cependant, cette copie du jardin est si réaliste que chacun éprouve un certain plaisir d’être dans ce jardin, comme si il était réel alors qu’en fait il est imaginaire. Les milliards de personnes, jusqu’à aujourd’hui, ont pensé qu’ils voyaient l’original de chaque chose. En conséquence, il n’y a aucune raison pour elles de s’intéresser au « monde extérieur ».

La distance est également une perception

qui se forme dans le cerveau

Imaginez une rue bondée, des magasins, des bâtiments, des voitures, un concert de klaxons… Lorsque vous regardez cette image, elle semble être réelle. C’est la raison pour laquelle la plupart des personnes ne peuvent comprendre que l’image qu’ils voient se forme dans leur cerveau, et peuvent supposer à tort que tout est réel. L’image a été créée de façon si parfaite qu’il n’est pas possible d’imaginer que cette image qu’ils perçoivent comme réelle n’est pas l’original existant dans le monde extérieur, mais seulement une copie dans leur esprit.

Les éléments qui rendent l’image si réaliste sont sa perspective, sa profondeur, sa couleur, ainsi que son ombre et sa lumière. Ces éléments sont employés avec un tel art qu’ils vont former dans notre cerveau une image tridimensionnelle, aux couleurs vives et éclatantes. Lorsqu’une infinité de détails s’ajoute à cette image, c’est tout un nouveau monde qui se révèle à nous, et sans même y réfléchir, nous supposons toute notre vie que ce monde est réel, bien qu’il ne soit qu’une interprétation sensorielle dans notre esprit.

Maintenant imaginez que vous conduisez une voiture. Le volant se trouve devant vous à bout de bras et à 100 m environ devant se situent des feux. La voiture devant est à 10 m environ, et à l’horizon se profilent des montagnes, à plusieurs kilomètres de distance selon vous. Mais, toutes ces notions sont erronées. Ni la voiture, ni les montagnes ne sont aussi éloignées que vous le supposez. En fait, la totalité de l’image, comme sur une pellicule de film, existe en deux dimensions, sur une seule surface à l’intérieur du cerveau. Les images reflétées sur l’œil sont bidimensionnelles, comme celles sur un écran de télévision. Dans ces conditions, comment la perception de profondeur et de distance peut-elle se former ?

 

Lorsque l’on parle de distance, il s’agit de vision tridimensionnelle. Ce qui permet de percevoir la distance et la profondeur dans les images, ce sont les effets de perspectives, les ombres et le mouvement. Cette forme de perception appelée perception spatiale par la science de la vision est créée par des systèmes hautement complexes. Ce système peut être simplement expliqué de cette façon : la vision qui atteint l’œil est bidimensionnelle. C’est-à-dire, elle prend en compte la longueur et la largeur de l’image. La profondeur et la distance résultent du fait que les yeux voient deux images différentes en même temps. L’image qui est perçue par un œil diffère de celle qui est perçue par l’autre en termes d’angle et de lumière. Le cerveau assemble ces deux différentes images pour former la profondeur et la distance.

Pour mieux comprendre ceci, nous pouvons nous livrer à une expérience. Dans un premier temps, dépliez devant vous votre bras droit et levez votre index. Dans un second temps, concentrez-vous sur ce doigt tout en fermant d’abord votre œil gauche, puis votre œil droit. Du fait que chaque œil a sa propre vision, vous verrez votre doigt se décaler légèrement sur le côté. Puis, ouvrez les yeux et tout en continuant à vous concentrer sur votre index droit, portez votre index gauche au plus prés de votre œil. Vous noterez que votre doigt le plus proche a créé deux images. En effet maintenant il s’est formé une autre profondeur au niveau du doigt le plus proche. Si vous ouvrez et fermez les yeux alternativement, vous constaterez que le doigt le plus proche de votre œil semble avoir plus bougé que le doigt le plus éloigné. Ceci est dû à de nombreuses différences dans la vision perçue par chaque œil.

Pour réaliser un film en trois dimensions, on utilise cette technique ; les images prises à partir de deux angles différents sont placées sur le même écran. Le spectateur porte des lunettes spécialement équipées d’un filtre couleur de polarisation de la lumière. Ces filtres suppriment une des deux vues, et le cerveau l’interprète alors en une image tridimensionnelle.

La perception de la profondeur dans une rétine bidimensionnelle est quasiment semblable à la technique employée par les artistes pour donner au spectateur cette impression de profondeur dans une image à deux dimensions. Il y a certains facteurs qui permettent d’avoir cette sensation de profondeur, tels la superposition d’objets, la perspective d’ensemble, les variations de textures, la perspective linéaire, les dimensions, la hauteur et le mouvement. Par exemple, le changement de texture est très important dans notre perception de la profondeur. Le sol que nous foulons dans une ferme arborée et fleurie est en fait constitué de fibres entrelacées à la manière d’un tissu. Les tissus plus proches de nous sont plus détaillés alors que les tissus plus éloignés de nous semblent pâles et plus difficiles à percevoir. Par conséquent, il est plus facile d’estimer la distance entre les objets situés sur un tissu. En plus de ceci, les effets d’ombre et de lumière renforcent également la perception d’une vision tridimensionnelle.

La raison pour laquelle nous admirons une photo réalisée par un artiste connu, c’est sa façon de donner de la profondeur et du réalisme à son travail, en utilisant les éléments d’ombre et de perspective.

La perspective résulte du fait que les objets éloignés apparaissent plus petits proportionnellement à ceux qui sont plus proches, en fonction de la personne qui le regarde. Par exemple, lorsque nous regardons un paysage, les arbres au loin semblent petits, alors que ceux qui sont proches apparaissent grands. Comme pour une photo avec en arrière-plan une montagne, la montagne va apparaître plus petite que la personne qui se trouve au premier plan. Dans la perspective linéaire, les artistes se servent des lignes parallèles. Par exemple, les voies ferrées créent un effet de distance et de profondeur lorsqu’elles se rejoignent à l’horizon.

La méthode utilisée par les artistes peintres dans leurs travaux s’applique également pour les images qui se forment dans notre cerveau. Profondeur, lumière et ombre sont créées de la même façon dans l’espace bidimensionnel du cerveau. Plus il y a de détails dans une image, plus elle paraît réaliste et plus celle-ci trompe nos sens. Nous réagissons comme si la profondeur de champ et la distance étaient réelles, comme si une troisième dimension existait. Cependant, toutes les images sont comme les petits carrés qui composent une bobine de film. Le cortex visuel dans le cerveau est extrêmement petit ! Les distances, les images comme les maisons au loin, les étoiles, la lune, le soleil, les avions et les oiseaux dans le ciel – sont toutes stockées dans ce petit espace. Ce qui signifie qu’il n’y a techniquement aucune distance entre un verre que vous pouvez tenir à la main si vous étendez le bras et un avion dans le ciel, vous comprenez qu’il se trouve à des milliers de kilomètres au dessus de vous ; tout ceci se situe sur une seule surface, plus exactement dans le centre sensoriel du cerveau.

Par exemple, un bateau qui disparaît à l’horizon ne se trouve pas en fait à des kilomètres de vous. Le bateau est dans votre cerveau. Le rebord de la fenêtre que vous regardez, ce peuplier face à votre fenêtre, la route qui passe devant chez vous, la mer et le bateau sur la côte se trouvent dans le centre visuel de notre cerveau, sur une surface bidimensionnelle. Exactement comme le peintre peut représenter cette sensation de distance par un jeu de proportions, de couleurs, d’ombre, de lumière et de perspective sur sa toile en deux dimensions, de la même façon cette sensation de distance peut également se former dans notre cerveau. En conclusion, le fait que nous ayons l’impression que les objets soient éloignés ou proches ne devrait pas nous leurrer, car la distance est une sensation comme tous les autres sens.

Êtes-vous dans la pièce,

ou la pièce est-elle en vous ?

Une des raisons qui fait que nous ne comprenons pas que les images vues sont en fait perçues par notre cerveau, c’est que nous percevons une image de notre corps. Ils en arrivent à cette conclusion erronée « Puisque je suis physiquement dans cette pièce, cette pièce ne se forme donc pas dans mon cerveau. » Leur erreur, c’est d’oublier que leur corps est également une image. De la même manière que tout ce qui nous entoure est une image qui se forme dans notre cerveau, notre corps lui aussi existe en tant qu’image formée dans notre cerveau. Par exemple, alors que vous êtes assis dans votre fauteuil, vous pouvez voir toute la partie de votre corps qui se situe en dessous de votre cou. Cette image est également produite par le même système de perceptions. Lorsque vous mettez votre main sur votre jambe, vous éprouvez une sensation kinesthésique dans le cerveau. Ceci signifie que vous voyez votre corps dans le cerveau, et vous percevez dans votre cerveau votre corps par le toucher.

Si votre corps est une image perçue par votre cerveau, est-ce que la pièce est aussi à l’intérieur de votre cerveau ou êtes-vous dans la pièce ? La réponse évidente à ceci est « La pièce est à l’intérieur de vous. » Et vous voyez l’image de votre corps à l’intérieur de cette pièce, elle-même dans le cerveau.

Expliquons ceci à l’aide d’un exemple. Vous appelez l’ascenseur. Lorsqu’il arrive, votre voisin qui vit à l’étage supérieur, est à l’intérieur. Vous entrez dans l’ascenseur. En réalité, êtes-vous dans l’ascenseur ou l’ascenseur est-il à l’intérieur de vous ? La réponse est la suivante : l’ascenseur, les images de votre voisin et de votre corps se forment à l’intérieur de votre cerveau.

En conclusion, nous ne sommes pas à l' »intérieur ». Tout est à l’intérieur de nous ; tout se passe dans le cerveau. Le soleil, la lune, les étoiles ou un avion dans le ciel à des milliers de kilomètres ne peuvent pas changer cette vérité. Le soleil et la lune, comme le livre que vous tenez ne sont que des images qui se forment dans le minuscule centre visuel situé dans le cerveau.

Les sens peuvent se former sans la présence du « monde extérieur »

Un fait invalide l’idée selon laquelle les sens que nous percevons ont un équivalent matériel : nous n’avons en effet nul besoin d' »un monde extérieur » pour que les sens se forment dans notre cerveau. Cette vérité est démontrée par des preuves importantes comme les nombreux développements technologiques en matière de simulation et également par les rêves.

Ecrivain scientifique, Rita Carter, déclare dans son livre, Atlas du Cerveau, qu « il est possible de voir sans yeux » et décrit en détails une expérience menée par les scientifiques. Dans cette expérience, des aveugles ont été équipés d’un appareil transformant les images vidéo à basse définition en pulsions électriques qui se déchiffrent comme le braille. Un mini caméra était fixée devant leurs yeux, tandis que leur dos enregistrait les pulsions – ressenties comme un ensemble ordonné de picotement. Les influx sensoriels en phase avec les stimuli visuels leur parvenant en continu, ils se sont rapidement comportés comme s’ils étaient « réellement » voyants. Par exemple, en modifiant son ouverture sans prévenir le porteur de la caméra, l’un des expérimentateurs a soudain agrandi l’image traduite en courant électrique dans le dos du volontaire. Or, bien qu’aveugle, il s’est brusquement baissé en se protégeant la tête, comme si le monde fondait sur lui.15

Comme on a pu le constater dans cette expérience, nous pouvons créer des sensations même lorsqu’elles ne sont pas provoquées par des équivalents matériels du monde extérieur. Tous les stimuli peuvent être créés artificiellement.

« Le monde des sensations »

que nous percevons en rêve

Une personne peut ressentir réellement toute sensation sans l’existence du monde extérieur. L’exemple le plus frappant est celui des rêves. Allongée sur son lit, les yeux fermés, une personne rêve. Cependant, malgré ceci, elle éprouve de nombreuses sensations qu’il ou elle a éprouvées dans la vie réelle, et les vit de façon si réaliste qu’elles ne peuvent être distinguées de la vie réelle. Toute personne qui lit ce livre va souvent dans ses propres rêves être le témoin de cette vérité. Par exemple, la nuit, une personne allongée sur un lit et seule dans une pièce calme et silencieuse, peut dans ses rêves se retrouver en danger dans un lieu très fréquenté. Elle vit cet événement comme si il était réel, fuyant face au danger, désespérée et trouvant refuge derrière un mur. En outre, ses visions ressemblent tellement à la réalité qu’elle est prise de peur et de panique comme si elle était vraiment en danger. A chaque bruit, son cœur bat la chamade, elle tremble de peur, elle a chaud et ressent toutes les autres conséquences physiques que le corps humain éprouve dans une situation dangereuse. Cependant, il n’y a aucun équivalent externe de ces événements qui se produisent dans son rêve. Ils n’existent que dans son esprit.

Une personne qui dans ses rêves fait une chute vertigineuse, va en ressentir les effets sur l’ensemble de son corps, malgré le fait qu’elle soit dans son lit endormie. Ou une autre pourrait se sentir glisser dans une flaque, être trempée et avoir froid en raison du vent glacial. Cependant, il n’y a ni flaque, ni vent dans cet exemple. En outre, en dépit de dormir dans une pièce surchauffée, elle va ressentir les effets de l’humidité et du froid, comme si elle vivait réellement cette scène.

Celui qui pense que dans ses rêves, il a affaire au véritable monde matériel, peut en être très convaincu. Il peut mettre la main sur l’épaule de son ami lorsque ce dernier lui dit que la « matière est une image ; qu’il n’est pas possible d’avoir affaire à l’original du monde », il lui demande alors « Suis-je une image maintenant ? Ne sens-tu pas ma main sur ton épaule ? Si tel est le cas, comment peux-tu être une image ? Qu’est-ce qui te fait penser ainsi ? Et si nous allions faire un tour sur les rives du Bosphore et le remonter ; nous pourrons en parler et tu m’expliqueras pourquoi tu penses ceci. » Le rêve qu’il est en train de vivre dans son sommeil profond est tellement clair qu’il démarre la voiture avec plaisir et se met à accélérer progressivement, la faisant presque bondir lorsqu’il appuie soudain sur la pédale. Sur la route, les arbres et le marquage au sol semblent exister grâce à la vitesse. Qui plus est, il respire l’air pur du Bosphore. Mais imaginez que ce rêve soit soudainement interrompu par son réveil, au moment même où il s’apprêtait à dire à son ami que ce qu’il est en train de vivre n’est pas un rêve. Ne protesterait-il pas de la même manière, qu’il soit endormi ou éveillé ?

Au moment où les personnes se réveillent, elles réalisent que ce qu’elles viennent de vivre, n’était qu’un rêve. Mais pour une raison inconnue, elles n’imaginent pas que cette vie qui commence avec une image « d’éveil » (ce qu’elles appellent la « vie réelle ») peut aussi être un rêve. Cependant, la manière dont nous percevons les images dans la « vie réelle » est exactement identique à la manière dont nous percevons les rêves. Ces deux visions sont présentes dans notre esprit. Nous ne pouvons pas comprendre jusqu’à notre réveil qu’il ne s’agit que d’images. Ensuite seulement, nous disons « Ce que j’ai vu était un rêve ». Ainsi, comment pouvons-nous démontrer que ce que nous voyons, peu importe le moment, n’est pas un rêve ? Nous pouvons supposer que le moment que nous vivons est bien réel, simplement parce que nous ne nous sommes pas encore réveillés. Il est possible que nous découvrirons ceci lorsque nous nous serons réveillés de ce « rêve éveillé » qui dure plus longtemps que les rêves que nous faisons tous les jours. Nous n’avons aucune preuve qui démontre le contraire.

De nombreux savants musulmans ont également affirmé que la vie qui nous entoure n’est qu’un rêve, et que ce n’est que lorsque nous sortirons de ce rêve au moment du « grand réveil » que les gens réaliseront alors qu’ils vivaient dans un monde onirique. Un grand savant musulman, Moheïddine Ibn ‘Arabi, appelé aussi « Cheikh al-Akbar » (« Le plus grand maître », en arabe) en raison de son érudition, compare le monde à nos rêves en citant le Prophète Muhammad (pbsl) :

Le Prophète Muhammad (pbsl) a dit que les « gens sont endormis et se réveillent quand ils meurent. » Ce qui veut dire que les choses que l’on voit dans le monde lorsque l’on est en état d’éveil sont semblables à celles que l’on voit en rêve dans notre sommeil, ce qui signifie qu’ils existent dans l’imagination.16

Dans un verset du Coran, il est recommandé aux hommes de dire le jour du jugement dernier quand ils seront ressuscités d’entre les morts :

En disant : « Malheur à nous ! Qui nous a ressuscités de là où nous dormions ? C’est ce que le Tout Miséricordieux avait promis ; et les messagers avaient dit vrai. » (Sourate Ya-Sin, 52)

Comme le démontre ce verset, les hommes se réveilleront le jour du jugement dernier comme s’ils sortaient d’un rêve. Comme quelqu’un réveillé en plein rêve, dans un sommeil profond, ces personnes demanderont de manière identique qui les a réveillées. Comme il est précisé, le monde autour de nous est comme un rêve et tout le monde sera réveillé pour sortir de ce rêve, et commencera alors à percevoir des images de la vie après la mort, qui est la vraie vie.

Les mondes montrés superficiellement

Les technologies modernes nous livrent de nombreux exemples révélateurs sur la manière de simuler une expérience sensorielle avec un degré de réalisme élevé, sans avoir recours au monde extérieur ou matériel. Plus précisément, la technologie appelée « réalité virtuelle » qui s’est beaucoup développée ces dernières années nous éclaire à ce sujet.

En résumé, la réalité virtuelle suppose la visualisation d’images animées tridimensionnelles générées par ordinateur à l’aide d’un équipement adapté dans le but de créer « un monde réel ». Cette technologie, qui est employée dans de nombreux domaines à des fins diverses et variées, est appelée « réalité virtuelle » ou « monde virtuel » ou également « environnement virtuel ». Une des caractéristiques essentielles de la réalité virtuelle est de permettre à une personne avec un dispositif adapté de croire que le monde qu’elle voit existe réellement, et cette dernière va uniquement focaliser son esprit sur ces images. Pour cette raison, le terme « immersion » (c’est-à-dire réalité virtuelle immersive) a été récemment employé pour qualifier la réalité virtuelle, mettant l’accent sur la profonde implication de la personne.

Les équipements nécessaires pour créer un monde virtuel sont un casque (équipé d’un écran pour visualiser les images) et une paire de gants électroniques (qui permettent d’avoir une sensation tactile). Un dispositif à l’intérieur du casque contrôle les mouvements et l’angle de la tête afin de fournir une image sur l’écran qui corresponde à la fois à l’angle de vue et à l’inclinaison de la tête. Parfois, on projette des images stéréo sur les murs et le plancher d’une cellule qui a la dimension d’une salle. Les personnes qui se promènent dans cette salle peuvent se voir grâce à des lunettes stéréo dans différents endroits, comme près d’une chute d’eau, sur le sommet d’une montagne ou sur le pont d’un bateau en pleine mer en train de prendre un bain de soleil. Les casques permettent de créer des images en 3 D avec un sens très réaliste de la profondeur et de l’espace. Ces images sont à échelle humaine et la sensation tactile est quant à elle transmise grâce à des gants adaptés. Ainsi, une personne qui utilise cet équipement peut toucher les objets qu’elle voit dans le monde virtuel, elle peut également les ramasser et les déplacer. Les sons de profondeur et d’intensité variables que l’on entend dans cet environnement virtuel et qui proviennent de partout sont d’un réalisme stupéfiant. Dans certains programmes, le même environnement virtuel peut être présenté à des personnes situées dans des endroits très différents. Trois personnes de différents pays (voire même de différents continents) peuvent se voir monter à bord d’un hors-bord.

Le système et les équipements utilisés pour créer ce monde virtuel sont les mêmes que ceux utilisés par nos cinq sens. Par exemple, grâce aux effets créés par le dispositif intégré au gant que porte l’utilisateur, les signaux sont envoyés aux extrémités des doigts puis transmis au cerveau. Lorsque le cerveau interprète ces signaux, l’utilisateur a la sensation de toucher un tapis en soie ou un vase échancré aux traces de doigts apparentes, malgré le fait que dans la réalité, il n’y ait ni tapis en soie, ni vase.

Un important domaine dans lequel la réalité virtuelle est maintenant utilisée est celui de la médecine. A l’aide d’une technique développée à l’Université du Michigan, les candidats doctorants (en particulier le personnel des urgences) complètent une partie de leur formation dans une salle d’opération virtuelle. Dans le cadre de ce programme, des images d’une salle d’opération sont projetées sur le sol et les murs de la pièce, ainsi que des images d’une table d’opération et d’un patient qui sont quant à elles projetées au centre de cette même pièce. Grâce au port de lunettes 3 D, les doctorants commencent à opérer ce patient virtuel.

Ces exemples illustrent le fait qu’une personne peut être mise en situation dans un environnement très réaliste, mais néanmoins virtuel grâce aux stimuli artificiels. Avec les technologies actuelles, l’image ainsi produite peut être un facteur efficace d’aide aux praticiens. En principe, aucune raison n’existe pour que cette technologie ne puisse finalement reproduire une réalité (virtuelle) semblable au monde réel. Il est très intéressant de constater que quelques films à grand succès récemment réalisés ont traité ce sujet. Par exemple, dans le film hollywoodien « Matrix », lorsque le système nerveux des deux héros est relié à un ordinateur qui se trouve sur un canapé, ils peuvent alors se voir dans des lieux totalement différents. Dans une scène, ils se retrouvent pour pratiquer les arts martiaux ; dans une autre, ils portent des vêtements complètement différents et marchent dans une rue noire de monde. Lorsque le héros, influencé par son expérience du monde réel, déclare qu’il ne croit pas que ces images soient créées par un ordinateur, l’image de l’ordinateur se fige. C’est à ce moment-là que cette personne prend conscience que le monde dans lequel il croit être une réalité n’est en fait qu’une simple image.

En conclusion, il est possible en principe de générer des images de synthèse, autrement dit, un monde virtuel à l’aide de stimuli artificiels. De ce fait, nous ne pouvons affirmer que « l’image de la vie » que nous voyons en permanence est bien l’original du monde extérieur, et que ce monde dans lequel nous évoluons est bien « l’original ». Nos sensations pourraient bien avoir une origine très différente.

La vérité fondamentale révélée par l’hypnose

La technique de l’hypnose est un des meilleurs exemples pour illustrer cet environnement créé grâce aux stimuli artificiels. Lorsqu’une personne est hypnotisée, elle vit des événements extrêmement convaincants qu’elle ne peut différencier de la réalité. La personne sous hypnose voit des images, des personnes et différentes scènes, elle entend, sent et goûte une multitude de choses, mais rien de tout ceci n’est présent physiquement dans la pièce. Dans l’intervalle, en raison de ce vécu, elle est tantôt heureux, tantôt triste, tantôt excité, tantôt ennuyé, tantôt inquiète ou troublée. En outre, ce que la personne est en train de vivre en état d’hypnose se répercute sur son physique. Dans des transes hypnotiques très profondes, on peut observer certains types de symptômes chez la personne hypnotisée, telle l’augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle, une rougeur de la peau, une température élevée et la disparition d’une douleur ou d’un mal existants.17

Lors d’une expérience, on raconte à un sujet sous hypnose qu’il est dans un hôpital et qu’au dixième étage il y a un patient sur le point de mourir. Cette personne a été hypnotisée avec l’idée que si elle accourt au chevet de ce patient avec les bons médicaments, le patient sera sauvé. Le sujet sous hypnose, pense alors qu’il se précipite au dixième étage. Pendant ce temps, il s’essouffle et a du mal à reprendre sa respiration, en raison d’une sensation d’extrême fatigue. Ensuite, on suggère au patient qu’il est bien arrivé au dernier étage, et qu’il a réussi à apporter les médicaments à temps, et qu’il peut maintenant s’allonger sur un lit confortable. Le sujet commence alors à se détendre.18 Bien que cette personne vive intensément les lieux et les atmosphères dans lesquels elle se trouve comme si ils étaient parfaitement réels, ces lieux, ces personnes ou encore ces événements comme il lui a été relaté, n’existent pas.

Lors d’une autre expérience, on suggère à un sujet sous hypnose qu’il est dans un bain turc et que la vapeur d’eau est très chaude alors qu’en réalité il se trouve dans une pièce « ordinaire ». Cette personne se met alors à transpirer.19

Le point très important se trouve ici. Pour qu’une personne se mette à transpirer, certaines conditions doivent être réunies. Dans la réalité, pour que nous ayons affaire à ce type d’hypnose, la personne sous hypnose doit avoir transpiré même s’il n’existe aucun facteur physique responsable de cette réaction. Cet exemple prouve clairement que l’existence des lieux ou de l’environnement n’est pas nécessaire pour ressentir physiquement l’un ou l’autre. Des effets similaires peuvent être simulés artificiellement ou sous hypnose.

Le spécialiste britannique d’hypnothérapie, Terence Watts, membre de nombreuses organisations dont l’Association britannique d’hypnothérapie, l’Association britannique des psychothérapeutes, le Centre professionnel d’hypnothérapeutes, l’Association de recherches en hypnothérapie, déclare dans un article que lors d’une séance d’hypnose, les personnes qui se souviennent d’un événement passé, présentent certains changements physiques liés à cet événement. Par exemple, s’il y avait suffocation dans l’événement remémoré, un sujet sous hypnose peut s’essouffler alors qu’il décrit cet événement et peut même s’arrêter de respirer l’espace d’un instant. Watts affirme que sous hypnose, même des marques de doigts étaient apparues sur le visage d’un de ses patients au moment où il s’est souvenu qu’il avait reçu une claque. Watts explique également qu’il n’y a rien de mystérieux, il s’agit d’une réaction à une sensation de douleur qui se produit dans le corps.20

Un des exemples observés les plus frappants lors de séances d’hypnose, c’est l’apparition de blessures par inculcation sur la peau de la personne sous hypnose. Par exemple, le chercheur Paul Thorsen, touche avec la pointe d’un stylo le bras d’une personne sous hypnose et lui suggère qu’il s’agit d’une brochette brûlante. Au bout d’un moment, une cloque (telle une brûlure au second degré) se forme sur la zone touchée par le stylo. De même, Thorsen suggère également à Anne O. qui se trouve sous hypnose que la lettre A s’est imprimée sur son bras après une forte pression. Bien que rien d’autre n’ait été effectué, on constate bientôt l’apparition d’une rougeur en forme de « A » sur ladite zone.21

Les chercheurs H. Bourru et P. Burot ont convaincu une personne sous hypnose que son bras avait été coupé, et après avoir marqué ce dernier au crayon, ils ont constaté des saignements à cet endroit.22

J. A. Hadfield suggère à un marin sous hypnose qu’il va lui appliquer sur le bras une barre d’acier brûlante et que son bras va brûler. Mais, il l’a uniquement touché délicatement avec son doigt, puis il a couvert son bras. Six heures plus tard, lorsque la couverture a été retirée, on constatait une légère rougeur et bouffissure sur cette zone. Hadfield affirme que « le jour suivant, la boursouflure s’est agrandie et a cloqué comme une brûlure. »23

Ces changements qui se sont produits au niveau du corps humain sous hypnose montre que nous n’avons pas besoin du monde extérieur pour ressentir des sensations visuelles, sonores, tactiles, de douleur ou de maladie. Par exemple, bien que cette barre de fer brûlante n’existe pas « dans le monde extérieur », si la personne en est convaincue, une brûlure va alors se former sur son bras.

Ces exemples montrent que lorsque nous étudions la manière dont une image se forme et lorsque nous suivons l’évolution technologique, tout en ajoutant à ces connaissances également les techniques de manipulation de la conscience comme l’hypnose, alors une certaine vérité se révèle. Au cours de son existence, l’homme est convaincu qu’il vit dans un monde qui existe à l’extérieur de son corps. Cependant, tout ce qui fait que ce monde existe n’est en fait qu’une interprétation de signaux effectuée par notre cerveau dans les centres sensoriels. En d’autres termes, nous ne pourrons jamais être en contact avec un monde autre que celui qui se forme dans notre esprit. Nous ne pourrons jamais connaître ce qui ce passe ou existe à l’extérieur de notre personne. Nous ne pouvons pas affirmer que les sources des signaux transmis à notre cerveau ont une existence physique à l’extérieur de nous. Cette réalité a commencé à figurer dans les ouvrages scientifiques et à être enseignée dès le lycée. Le problème est que les personnes ne considèrent pas le sens de ces faits édifiants.

Qui est-ce qui éprouve toutes ces sensations ?

Jusqu’ici, nous avons prouvé que tout ce que nous percevons se passe dans notre cerveau et que nous n’avons nullement besoin du monde extérieur ou des êtres matériels pour ressentir ces sensations. Nous faisons alors face à une question qui serait posée par toute personne qui y réfléchit un peu au sujet.

Comme nous le savons, les signaux électriques venant des cellules de nos yeux sont transformés en images dans notre cerveau. Le cerveau interprète les signaux électriques arrivant au centre visuel comme par exemple un champ de tournesols. En réalité, ce n’est pas l’œil qui voit.

Par conséquent, si ce ne sont pas nos yeux qui voient, qui est-ce qui interprète les signaux électriques en champ de tournesols, à l’arrière de notre cerveau, dans un minuscule endroit sombre, sans avoir besoin d’yeux, de rétine, de cristallin, de nerf optique ou de pupille et qui est-ce qui apprécie les images dans la vision ?

Ou qui est-ce qui entend (sans avoir besoin d’oreille) la voix d’un ami très proche, devient heureux au son de sa voix, et qui est-ce qui fait que cette voix lui manque lorsqu’il ne peut pas l’entendre alors que le cerveau est totalement insonorisé ?

Ou bien qui est-ce qui dans le cerveau sent le pelage du chat en le caressant, sans avoir besoin de main, de doigts ou de muscles ?

Qui est-ce qui ressent des sensations telles que la chaleur, le froid, la consistance, la profondeur et la distance, alors qu’elles se forment dans le cerveau ?

Qui est-ce qui perçoit le parfum du citron, de la lavande, de la rose, du melon, de la pastèque, de l’orange ainsi que de la viande grillée dans le cerveau (bien que le cerveau soit hermétique aux odeurs) et se sent affamé humant l’odeur qui vient du gril ?

Nous avons jusqu’ici parlé de la manière dont tout ce que nous percevons en permanence se forme en réalité dans notre cerveau. Et qui est-ce qui voit les images dans le cerveau comme s’il regardait la télévision, devient excité, heureux, triste, nerveux ou ressent du plaisir, de l’anxiété ou de la curiosité alors qu’il les regarde ? Qui est responsable du fait d’être conscient qui est capable d’interpréter tout ce qui est vu et ressenti ?

 

Quelle est l’entité dans le cerveau qui est conscient et durant toute la vie est capable de voir toutes les images qui lui sont montrées dans une tête sombre et silencieuse, qui est capable de penser, de tirer des conclusions et de décider en fin de compte ?

Il est évident que ce n’est pas le cerveau, composé d’eau, de lipides et de protéines ainsi que d’atomes inconscients, celui qui perçoit tout ceci et qui est responsable du fait d’être conscient. Il doit y avoir un être au delà du cerveau. En dépit d’être un matérialiste, Daniel Dennett réfléchit à cette question dans un de ses livres :

Ma pensée consciente et particulièrement la joie que j’éprouve dans l’la combinaison d’un soleil lumineux, aux violons joyeux de Vivaldi, à l’ondulation des branches – plus le plaisir que je prends à la seule pensée de tout cela – comment tout cela pourrait être juste quelque chose de physique se produisant dans mon cerveau ? Comment une combinaison de réactions électrochimiques dans mon cerveau se résume-t-elle à la façon délicieuse dont ces centaines de brindilles se prosternent en rythme avec la musique ? Comment un certain événement traitant l’information dans mon cerveau pourrait être cette délicate chaleur du soleil que je sens sur moi ? Quant à cela, comment un événement dans mon cerveau pourrait être cette image mentale sommairement visualisée… d’un autre événement traitant l’information dans mon cerveau ? Cela semble impossible. Il semblera que les événements qui sont mes pensées et expériences conscientes ne peuvent pas être des événements du cerveau, mais doivent être quelque chose d’autre, quelque chose provoqué ou produit par des événements du cerveau, sans doute, mais quelque chose en plus, fait de substance différente, situé dans un espace différent. Eh bien, pourquoi pas ?24

D’autre part, R. L. Gregory remet en cause l’existence de l’entité située derrière le cerveau, qui voit toutes les images :

Il est tentant de dire ce qui doit être évité, de dire que les yeux produisent des images dans le cerveau. Une image dans le cerveau suggère la nécessité d’un certain genre d’œil interne de la voir – mais ceci aurait besoin d’un autre d’œil pour voir son image… et ainsi de suite, dans une régression sans fin des yeux et des images. Ceci est absurde.25

Les matérialistes qui pensent que rien n’existe à l’exception de la matière ne peuvent pas comprendre cette question particulière. A qui appartient cet « œil interne », qui voit et perçoit les choses vues et réagit à la vue de ces choses ?

Dans l’extrait suivant, Karl Pribram décrit cette importante question abordée par la science et la philosophie sur le fait de connaître l’identité de celui qui perçoit :

Les philosophes depuis les grecs ont spéculé à propos du « fantôme » dans la machine, du « petit homme à l’intérieur du petit homme » et ainsi de suite. Où est le JE – l’entité qui utilise le cerveau ? Celle qui est en fait à l’origine du savoir ? Ou alors, comme Saint François d’Assise l’a dit par le passé, « ce que nous recherchons est ce que nous appelons voir. »26

Bien que beaucoup de personnes s’approchent de cette réalité en répondant à la question « qui est cette entité qui voit », elles hésitent à accepter tout ce que cela implique. Comme on l’a démontré dans les exemples ci-dessus, parlant de l’entité dans notre cerveau, certains la qualifient de « petit homme », alors que d’autres « de fantôme dans la machine », certains font référence à « l’être utilisant le cerveau » alors que certains la nomment « l’œil interne ». Tous ces termes ont été employés pour décrire l’entité au delà du cerveau qui possède l’état d’être conscient, et les moyens d’atteindre cette entité. Cependant, les hypothèses des matérialistes empêchent de nombreuses personnes de comprendre la vraie nature de cet être qui voit et entend réellement.

La seule source qui répond à cette question est la religion. Dans le Coran, Allah déclare qu’Il a créé l’homme physiquement au commencement et alors « a insufflé l’esprit » à l’homme qu’Il a créé :

Et lorsque ton Seigneur dit aux anges : « Je vais créer un homme d’argile crissante, extraite d’une boue malléable, et dès que Je l’aurai harmonieusement formé et lui aurai insufflé Mon souffle de vie, jetez-vous alors, prosternés devant lui ». (Sourate al-Hijr, 28-29)

Puis (Il) lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son esprit. Et Il vous a assigné l’ouïe, les yeux et le cœur. Que vous êtes peu reconnaissants ! (Sourate as-Sajda, 9)

En d’autres termes, l’être humain a une autre existence à côté de son enveloppe corporelle. Cette entité dans le cerveau qui dit « Je vois » les images à l’intérieur du cerveau, et « J’entends » les sons à l’intérieur du cerveau et « Je suis conscient » de leur propre existence, et qui dit « Je suis moi », est l’âme qu’Allah a insufflé dans les êtres humains.

Tout être humain avec un esprit et une conscience peut comprendre ceci : l’être qui observe chaque événement à l’intérieur du cerveau – observe comme s’il regardait un écran durant toute sa vie – est l’âme. Chaque être d’humain a une âme qui voit sans avoir besoin d’œil, entend sans avoir besoin d’oreille et pense sans avoir besoin d’un cerveau.

La conception matérialiste – qui soutient que la matière est la seule chose qui existe et que la conscience humaine n’est que le résultat de quelques réactions chimiques dans le cerveau – ne savait pas quoi dire à ce propos. Pour voir ceci il pourrait être instructif de poser les questions suivantes à un matérialiste :

* Les images se forment dans notre cerveau, mais qui est-ce qui regarde ces images dans notre cerveau ?

* Essayez d’imaginer dans votre esprit votre voisin d’en dessous quand il n’est pas avec vous. Qui est-ce qui vivifie cette personne si clairement dans votre imagination jusqu’aux détails de son costume, les traits de son visage, ses cheveux blancs ; la tonalité de sa voix, sa façon de parler, de se déplacer ?

Un matérialiste sera dans l’incapacité de fournir une réponse satisfaisante à ces questions. La seule réponse à ces questions est l’âme donnée à l’homme par Allah. Cependant, les matérialistes n’acceptent l’existence d’aucun être autre que la matière. Pour cette raison, la vérité expliquée dans ce livre assène un coup de massue à la pensée athéiste des matérialistes et constitue un thème que les matérialistes refusent de discuter pour la plupart.

Qui permet à nos âmes de regarder toutes ces images ?

A ce stade, une autre question devrait être posée : notre âme observe les vues dans nos cerveaux. Mais qui est-ce qui crée ces vues ? Le cerveau lui-même pourrait-il former une vue lumineuse, pleine de couleurs, claire, ombragée et former le monde à travers les signaux électriques dans un espace minuscule ? Le cerveau n’est pas plus qu’un morceau de viande humide, tendre, courbe. Est-ce qu’un simple morceau de viande comme celui-ci pourrait créer une vue plus nette que n’importe quelle autre qui pourrait être fournie par une télévision de dernière technologie, sans neige ou parasite ? Une vision de cette qualité supérieure pourrait être formée à l’intérieur d’un morceau de viande ? Ce morceau de viande fraîche pourrait-il former un son stéréo de meilleure qualité qu’un système de haute fidélité stéréo avec la dernière technologie, sans grésillement ? Bien sûr, il n’est pas possible pour un cerveau qui se compose d’1,5 kg de viande (quatre livres) de former de telles perceptions parfaites.

Ici nous parvenons à une autre vérité. Puisque tout ce qui nous entoure, notre corps, nos mains, bras et visages sont des êtres d’ombre, nos cerveaux sont donc également des êtres d’ombre. Ainsi nous ne pouvons pas dire que ce cerveau qui n’est en fait lui-même qu’une sensation visuelle, forme ces sensations visuelles.

  Bertrand Russell précise cette vérité dans son livre The ABC of Relativity:

Il est bien entendu que si la matière en général doit être interprétée comme étant une somme d’occurrences, ceci doit également s’appliquer à l’œil, au nerf optique et au cerveau.27

Réalisant ce fait, le philosophe français Henri Bergson a dit dans son livre, Matière et mémoire, que « le monde se compose d’images, ces images existent seulement dans notre conscience ; et le cerveau est l’une de ces images. »28

Qui, alors, est cet être qui montre ces perceptions à nos âmes, avec réalité et clarté, et nous laisse vivre une vie avec l’ensemble de ces perceptions et sans interruptions ?

L’être qui montre toutes ces perceptions à nos âmes, nous laisse entendre tous les bruits et crée tous les goûts et les odeurs pour notre seul plaisir, est le Seigneur de tous les mondes, le Créateur de tout, Allah.


La conscience humaine :

un des plus grands dilemmes du matérialisme

La philosophie matérialiste ne peut jamais expliquer l’origine de la conscience humaine, c’est-à-dire les expériences qualitatives qui appartiennent à l’âme humaine. Pour la philosophie matérialiste, la matière est la seule chose qui existe. Des qualités appartenant à l’âme d’un être humain, telles que la conscience, la pensée, les processus de prise de décision, le bonheur, l’excitation, le désir, le plaisir et le jugement ne peuvent à aucun moment être expliquées dans le concept matérialiste. Les matérialistes passent rapidement sur ce sujet disant « la conscience humaine n’est que le résultat des fonctions du cerveau ». Un scientifique matérialiste, Francis Crick résume cette affirmation matérialiste comme suit :

Vos joies et vos douleurs, vos mémoires et vos ambitions, votre sens de l’identité personnelle et votre volonté de liberté, ne sont en fait pas plus que le comportement d’un vaste ensemble de cellules nerveuses et de leurs molécules associées.29

Cependant, une telle affirmation ne peut pas être défendue ni par la science, ni par la logique. Les préjugés matérialistes conduisent les matérialistes à fournir cette explication en considérant les qualités d’âme de l’être humain. Afin de ne pas accepter le fait qu’il y a un être au delà du monde matériel, ils essayent de réduire l’intelligence humaine à la matière et de faire ces affirmations qui n’ont aucun rapport avec l’intelligence ou la logique.

L’auteur scientifique John Horgan, bien que bienveillant vis-à-vis de la position matérialiste appelée « réductionnisme », précise les problèmes suivants en ce qui concerne les affirmations de Francis Crick :

Dans un sens, Crick a raison. Nous ne sommes rien qu’un paquet de neurones. En même temps, les neurosciences ont jusqu’ici prouvé être curieusement peu satisfaisantes. Expliquer l’esprit en termes de neurones n’a pas produit beaucoup plus de bienfaits ou d’avantages qu’expliquer l’esprit en termes de quarks et d’électrons. Il y a de nombreuses autres théories réductionnistes. Nous ne sommes rien qu’un paquet de gènes idiosyncrasiques. Nous ne sommes rien qu’un paquet d’adaptations sculptées par la sélection naturelle. Nous ne sommes rien qu’un paquet de dispositifs informatiques dédiés aux différentes tâches. Nous ne sommes rien qu’un paquet de névroses sexuelles. Ces déclarations, comme celle de Crick, sont toutes défendables et elles sont toutes insatisfaisantes.30

Bien sûr, ces explications sont toutes insatisfaisantes et elles ne sont vraiment pas logiques. Tout matérialiste fanatique est en fait conscient de cette vérité. De manière non surprenante, Thomas Huxley, le plus grand avocat de Darwin a également affirmé que la conscience ne peut pas être expliquée par l’interaction des neurones : « Comment est-il possible que rien de si remarquable qu’un état de conscience se produise en raison du tissu nerveux irritant, ceci est simplement aussi inexplicable que l’aspect du Djinn, quand Aladin a frotté sa lampe. » 31

Depuis Huxley jusqu’à aujourd’hui, l’échec pour expliquer la conscience humaine grâce aux neurones a toujours existé. Cependant, ce n’est pas en raison de l’insuffisance de la science à ce propos. En revanche, particulièrement vers la fin du 20ème siècle, il y a eu de nombreux développements dans le domaine de la neurologie avec beaucoup de mystères sur le point d’être résolus. Cependant, ces résultats ont montré que la conscience humaine ne peut jamais être réduite à la matière et que la réalité se situe au delà du matériel. Un des principaux auteurs matérialistes darwinistes en Allemagne, Hoimar Von Ditfurth, admet également le fait que les méthodes actuellement adoptées ne peuvent pas décrire la conscience humaine :

Avec la recherche actuelle en histoire naturelle et en développement génétique, il est évident que nous ne serons pas capables de donner une réponse à ce qu’est la conscience, l’esprit, l’intelligence et les sentiments. C’est parce que le niveau de conscience psychique est le niveau le plus élevé auquel l’évolution est arrivée, au moins dans ce monde. Par conséquent, bien que nous sommes capables de regarder les autres étapes et phases de l’évolution de l’extérieur, en passant au-dessus d’elles, encore grâce à l’aide de notre conscience, nous sommes dans l’incapacité d’approcher la conscience elle-même (ou l’esprit) d’une manière semblable. C’est parce qu’aucun niveau plus élevé que la conscience ne nous est disponible. 32

Philosophe et docteur en mathématiques, américain, William A. Dembski, affirme dans son article, « Converting Matter into Mind », que le fonctionnement biochimique des neurones dans le cerveau humain et les fonctions mentales que cela implique ont été compris, bien que des qualités telles que la prise de décision, le souhait ou le raisonnement ne puissent pas « être réduites à la matière ». Dembski précise également que les spécialistes de la conscience ont réalisé l’erreur du réductionnisme ;

… Les scientifiques cognitifs abandonnent l’espoir de comprendre ce niveau plus élevé par un niveau neurologique plus bas… Donc alors que l’engagement au matérialisme persiste, l’espoir d’expliquer l’intelligence humaine au niveau neural, qui pour le matérialiste est le niveau logique, n’est pas une considération sérieuse.33

Il est impossible de décrire la conscience avec une vue matérialiste du monde, indépendamment de l’ampleur du développement scientifique. Comme les détails de la surface du cerveau, il apparaît plus clairement que l’esprit est irréductible à la matière. Les matérialistes doivent mettre de côté leurs préjugés et réfléchir plus attentivement et continuer à rechercher si ils doivent comprendre le concept de la conscience humaine, car il est impossible de définir la vraie signification de la conscience par la matière. La conscience est une fonction de l’âme qui est attribuée à l’homme par Allah.

Questions pour les matérialistes

Il est totalement illogique d’affirmer que les pensées, les jugements, les processus de décision ou les sentiments (tels que le bonheur, l’excitation et la déception) sont simplement la résultante d’une interaction neurale produite dans le cerveau d’un être humain. Les matérialistes qui réfléchissent plus longuement à ce problème sont conscients de cette vérité. Le célèbre matérialiste Karl Lashley, a fait vers la fin de sa carrière le commentaire suivant, bien que pendant des années il ait défendu l’idée que la conscience humaine pouvait être réduite à la matière :

Si la relation corps esprit est considérée comme une véritable question métaphysique ou une illusion systématisée, il demeure un problème pour le psychologue (et pour le neurologue quand il traite des problèmes humains) mais il n’en est pas un pour le physicien. . . Comment le cerveau peut-il, en tant que système physico-chimique, percevoir ou savoir quoi que ce soit ; ou développer l’illusion qu’il en est ainsi ?34

Lashley a attiré l’attention sur ce conflit avec une question simple. Cependant, il y a de nombreux autres détails que les matérialistes doivent prendre en compte. Les explications ci-dessous illustrent certaines des questions révélant l’impasse de l’approche matérialiste, et qui doivent donc être considérées plus attentivement :

* Dire que les pensées, les excitations et les sentiments sont les produits des neurones est affirmer que de telles choses sont les produits d’atomes non conscients ou les produits d’éléments secondaires des atomes, tels que les quarks ou les électrons.

* Les atomes non conscients ne peuvent pas connaître de sentiments de bonheur ou de tristesse et ne peuvent ni apprécier la musique, le goût, la vraie amitié ou une discussion avec un ami.

* Les atomes non conscients ne peuvent pas être darwinistes ou matérialistes et se réunir pour écrire un livre.

* Les atomes non conscients ne peuvent pas se regarder ou regarder les cellules nerveuses qui se forment sous un microscope électronique et obtenir les solutions scientifiques tirées de leurs recherches.

* Que signifie l’affirmation « la conscience est dans les neurones de nos cerveaux » ? Les neurones tout comme les autres cellules, sont faits de membrane cellulaire, de mitochondries, d’ADN et de ribosomes. Par conséquent, selon les matérialistes, où se situe la conscience dans ces choses ? S’ils supposent que la conscience est le résultat de réactions chimiques entre les neurones et les signaux électriques, ils se trompent, parce qu’ils ne peuvent pas expliquer une simple « réaction chimique avec la conscience ». Ils ne peuvent pas non plus nous démontrer qu' »un courant électrique » commence à « penser » à un certain niveau de tension.

Si les matérialistes réfléchissent vraiment à ces questions, ils se rendront compte que toutes les personnes y compris eux-mêmes sont différentes des groupes de neurones ou d’atomes. En dépit d’être un matérialiste, le spécialiste du cerveau Wolf Singer, admet ce fait en disant « Dans ce matériel confus de l’univers, il y a ‘quelque chose’ qui se perçoit comme ‘je suis’.« 35

Ce « quelque chose » dont parle le scientifique est en fait l’âme qui est attribuée à l’être humain par Allah. Cependant, en raison de cette âme dont est doté chaque être humain, une personne peut penser, être heureuse, s’exciter, produire de nouvelles idées ou s’opposer aux idées des autres, ou connaître des concepts tels que l’honneur, le respect, l’amour, l’amitié, la loyauté, la sincérité et l’honnêteté. Les neurones et les atomes qui forment les êtres humains ne peuvent pas penser, prendre des décisions, avoir des idées philosophiques ou éprouver des sentiments comme l’amour, la compassion ou l’affection.

Les matérialistes, en privé, reconnaissent cette vérité et l’acceptent. Cependant, en raison de la prise en compte des préjugés matérialistes tels que le besoin de la science et de la raison, ils ne peuvent pas accepter cette réalité absolue. D’autre part, la situation difficile dans laquelle ils se mettent juste pour défendre leur théorie et les idées illogiques qu’ils acceptent, leur cause en fait davantage de préjudices. Une personne qui dit « Nos pensées sont le produit de nos atomes et des neurones » n’est pas différente de celle qui pense que ses rêves sont réels, ou d’une personne qui invente des histoires incroyables comme des contes de fée puis y croit.

La vérité est en fait celle-ci : un être d’humain est un être qui possède une âme qui lui a été attribuée par Allah, et grâce à cette âme, il peut penser, parler, être heureux, prendre des décisions, ériger des civilisations et gérer des pays.

POURQUOI CONNAITRE LA VÉRITÉ  SUR LA VERITABLE NATURE DE LA

MATIÈRE EST-IL SI IMPORTANT ?

 Ce que les personnes perçoivent en tant que matière n’a pas d’existence absolue et ne se compose en réalité que de perceptions, cela est tout aussi surprenant que le fait de constater que l’univers a été créé à partir de rien, que l’existence est éternelle et qu’après la mort nous connaîtrons à nouveau la vie pour l’éternité. Allah crée et façonne l’univers à chaque instant avec toute la précision et les détails qui le caractérisent. D’ailleurs, cette création est si parfaite que les milliards de personnes qui ont vécu sur la terre jusqu’ici n’ont pas compris que l’univers et tout ce qu’elles voient ne sont qu’illusion, et que ceci n’a aucun lien avec la véritable nature de la matière.

En ce 21ème siècle, cette vérité est devenue d’autant plus évidente que les découvertes scientifiques ont définitivement établi le fait que nous ne sommes en réalité jamais en contact direct avec la matière. Malgré cela, de nombreuses personnes refusent d’admettre cette réalité, qui ne peut être ignorée, négligée ou rejetée. Bien au contraire, pour rester pragmatique il est important de connaître la véritable nature de la matière. Pour cette raison, il est fondamental pour ceux qui y réfléchissent, d’en saisir le sens. Après avoir lu des études sur la véritable nature de la matière, certains ont affirmé ne pas comprendre l’engouement suscité autour de cette question. Ils vont même jusqu’à prétendre qu’il n’y a aucun lien entre la foi et la matière, et se demandent pourquoi le sujet sur la matière s’invite à chaque débat sur la foi. Cependant, l’importance de ce sujet est maintenant évidente. Connaître la vraie nature de la matière est la hantise des matérialistes, car elle anéantirait leur vision du monde, mais d’un autre coté il est essentiel pour les musulmans de comprendre cette vérité et d’essayer de permettre aux gens d’en savoir plus à ce sujet.

Cette connaissance de la matière permet aux hommes de répondre à certaines questions liées à la foi, pour cela elle doit être expliquée avec la même ferveur qu’on le ferait pour tout autre sujet traitant de la foi. Après l’analyse faite sur la véritable nature de la matière, les hommes sont ainsi libérés de ce qui les attache à ce bas monde, ils axent leurs pensées vers ce qu’il adviendra après la mort, échappant ainsi à une grave erreur de jugement qui jusque-là, les empêchait de comprendre, et ils peuvent désormais appréhender certaines vérités. Une personne qui a une vision matérialiste de ce monde ou celle qui a grandi sous cette influence, ne pourra jamais comprendre certaines questions telles que « Où est Allah? », « Le paradis et l’enfer existent-ils ? », « Quelle est la nature de l’esprit et de l’éternité? », « Y a t’il une vie après la mort? » Mais percevoir que la matière est une illusion répond naturellement à ces questions, et permet aux personnes de voir clairement qu’Allah est l’Etre absolu.

Lorsque les personnes ont pris conscience de ce que représente la matière, elles ressentent alors fortement que tout ce qui les lie à la vie de ce bas monde – leurs désirs, leurs passions et ce qui les éloigne d’Allah et leur fait oublier le jour du jugement – est trompeur et vain. L’étude de la véritable nature de la matière est ce qui sauve les hommes des désirs de ce monde. Elle les dirige avec un cœur pur et sincère vers Allah et les préserve de l’erreur de Lui associer toutes autres choses.

Ce siècle est une époque où les personnes s’enflent d’arrogance, de vanité et font preuve de toute sorte de comportement inhumain et amoral. Cependant, lorsqu’elles réaliseront qu’elles-mêmes et ceux qui les prennent de haut ne sont que des êtres d’ombre, alors leur arrogance et leur vanité laisseront place à l’humilité et à la compassion.

Tous ces progrès nous permettront d’ériger une société sûre et prospère dans laquelle les peuples pourront entre eux vivre loin de toute animosité, égoïsme et course impitoyable aux richesses.

Certainement, en raison de la prise de conscience du fait que nous ne sommes pas en contact avec la matière et qu’elle n’est en réalité qu’une image, il se produira inévitablement un effondrement de la philosophie matérialiste.

Maintenant, nous allons examiner pourquoi la matière n’est pas absolue et qu’il s’agit là d’une des plus importantes découvertes de l’histoire.

La vérité à propos de la matière montre qu’Allah est le seul Etre absolu

Ce fait implique qu’Allah est le seul Etre absolu. L’influence de la philosophie matérialiste pousse certains à croire que la matière est l’être absolu. D’autres croient qu’Allah existe, mais lorsqu’ils parlent de l’existence d’Allah, ils font preuve d’ignorance. Si par exemple on leur demande « Où est Allah ? », ils répondront : « Montrez-moi votre intelligence ? Vous ne pouvez pas. Allah est donc une réalité comme l’intelligence, on ne peut pas Le voir. » D’aucuns prétendent (Allah est certainement bien au-delà de cela) qu’Allah a une existence illusoire comme des ondes radio. Ils s’imaginent ainsi qu’eux-mêmes et tous leurs biens ont des existences absolues et que l’existence d’Allah englobe cette existence matérielle comme les ondes radio. Or, ce sont ces individus et ce qu’ils possèdent qui sont illusoires. Allah est le seul Etre absolu. L’existence d’Allah embrasse tout. Les êtres humains ne sont en aucun cas des êtres absolus, mais seulement une image éphémère.

La vérité est révélée par ces termes :

Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui Qui subsiste par Lui-même. Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n’embrassent que ce qu’Il veut. Son trône déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le très Haut, le très Grand. (Sourate al-Baqarah, 255)

La plénitude de la foi passe par la compréhension de cette vérité, le refus d’associer d’autres à Allah et la reconnaissance d’Allah en tant que seul Etre absolu. Celui qui reconnaît qu’en dehors d’Allah, l’existence n’est qu’une ombre, dira avec une foi certaine (c’est-à-dire Haqq al-yaqin, vérité de la certitude) que seul Allah existe et qu’il n’existe aucune autre divinité (ou être de puissance) en dehors de Lui.

Les matérialistes ne croient pas à l’existence d’Allah, car ils ne peuvent pas Le voir avec leurs yeux. Leurs thèses perdent toute valeur lorsqu’ils apprennent la véritable nature de la matière. Ils comprennent alors que leur propre existence est de nature illusoire et qu’un être défini en terme d’illusion ne peut pas être capable de voir un être absolu. Dans le Coran, il est dit d’ailleurs que les êtres humains ne peuvent pas voir Allah, mais qu’Allah les voit.

Les regards ne peuvent l’atteindre, cependant qu’Il saisit tous les regards… (Sourate al-Anam, 103)

Nous, êtres humains, nous ne pouvons certainement pas voir l’Etre d’Allah avec nos yeux, mais nous savons qu’Il englobe complètement notre intérieur, notre extérieur, nos opinions et nos pensées. C’est pourquoi Allah Se révèle dans le Coran comme « Maître de l’ouïe et de la vue ». (Sourate Yunus, 31) Nous ne pouvons pas professer la moindre parole, ni respirer sans qu’Allah ne le sache. Allah sait tout ce que nous faisons, comme Il le révèle dans le Coran :

Rien, vraiment, ne se cache d’Allah de ce qui existe sur la terre ou dans le ciel. (Sourate al-Imran, 5)

Il est très important qu’Allah nous observe et nous écoute à tout moment. Il suffit de le comprendre pour savoir qu’Il est conscient de l’homme à chaque instant, même si ce dernier ne peut pas voir Allah avec ses propres yeux. Quels que soient ses actes, Allah l’observe. Par conséquent, le croyant est soucieux d’adopter un comportement, un discours, des idées plaisantes pour Allah. Allah est proche de nous dans tout ce que nous entreprenons, qu’Il nous observe et que rien ne Lui échappe :

Tu ne te trouveras dans aucune situation, tu ne réciteras aucun passage du Coran, vous n’accomplirez aucun acte sans que Nous soyons témoin au moment où vous l’entreprendrez. Il n’échappe à ton Seigneur ni le poids d’un atome sur terre ou dans le ciel, ni un poids plus petit ou plus grand qui ne soit déjà inscrit dans un livre évident. (Sourate Yunus, 61)

Allah, l’Etre absolu, connaît tous les aspects des êtres humains qu’Il créa en tant qu’illusions. Ce fait est très simple pour Allah. Pourtant, certains dans leur ignorance peinent à comprendre ce point. Lorsque nous observons les impressions constituantes du « monde externe », c’est-à-dire notre mode de vie, l’être le plus proche de nous n’est pas une impression, c’est clairement Allah. Ce secret est dévoilé dans le verset :

Nous avons effectivement créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire. (Sourate Qaf, 16)

Mais lorsqu’un individu pense que son corps se compose de matière, ne peut pas concevoir qu’Allah soit le plus proche de lui, car selon lui le plus proche de lui est son propre corps. En effet, si son existence se définit par son cerveau, alors il ne peut pas admettre qu’un être lui soit plus proche que sa veine jugulaire. Cependant quand il s’aperçoit que la matière n’existe pas et que tout n’est qu’une reproduction de ce qu’il vit dans son esprit, alors les notions d’extérieur, intérieur, distance et proximité perdent leur sens. Sa veine jugulaire, son cerveau, ses mains, ses pieds, sa maison et sa voiture qui lui étaient extérieurs et même le soleil, la lune et les étoiles qu’il croyait éloignés, sont tous sur le même plan. Allah l’englobe et lui est proche éternellement.

Allah révèle dans ces versets son éternelle proximité avec les êtres humains :

Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi… alors Je suis tout proche… (Sourate al-Baqarah, 186)

Et lorsque Nous te disions que ton Seigneur cerne tous les gens… (Sourate al-Isra, 60)

 Malgré cela, les hommes persistent à croire que la chose la plus proche d’eux-mêmes est leur propre personne. Allah est pourtant plus proche de nous que nous-mêmes. Ce verset souligne ce fait :

Lorsque le souffle de la vie remonte à la gorge et qu’à ce moment là vous regardez et que Nous sommes plus proche de lui que vous mais vous ne voyez point. (Sourate al-Waqi’a, 83-85)

Sur son lit de mort, le malade s’imagine que l’être le plus proche de lui est le médecin à son chevet, sa mère qui l’embrasse ou ses amis qui lui tiennent la main. Mais ce verset indique justement qu’Allah est plus proche de lui à ce moment que personne d’autre. Ajoutons qu’Allah est le seul Etre Qui lui est proche à ce moment précis, mais aussi depuis sa naissance. L’incapacité des hommes à voir cette réalité avec leurs yeux les rend ignorants.

Un autre verset précise qu’Allah n’est pas limité par l’espace et qu’Il embrasse toutes les choses :

A Allah seul appartiennent l’est et l’ouest. Où que vous vous tourniez, la face d’Allah est donc là, car Allah a la grâce immense. Il est omniscient. (Sourate al-Baqarah, 115)

Dans un autre verset, Allah revient sur ce point :

C’est Lui Qui a créé les cieux et la terre en six jours, puis Il S’est établi sur le trône; Il sait ce qui pénètre dans la terre et ce qui en sort, et ce qui descend du ciel et ce qui y monte, et Il est avec vous où que vous soyez. Et Allah observe parfaitement ce que vous faites. (Sourate al-Hadid, 4)

Tout ceci implique qu’Allah est l’Unique et la seule Existence absolue. Grâce à Sa science, Allah cerne tous les êtres humains qui ne sont que des êtres de l’ombre, comme il est mentionné dans ce verset :

En vérité, votre seul Allah est Allah en dehors de Qui il n’y a point de divinité. De Sa science Il embrasse tout. (Sourate Ta-Ha, 98)

Dans un autre verset Allah met les hommes en garde contre l’insouciance :

Ils sont dans le doute, n’est-ce pas, au sujet de la rencontre de leur Seigneur ? C’est Lui certes Qui embrasse toute chose [par Sa science et Sa puissance]. (Sourate Fussilat, 54)

Les actions humaines appartiennent également à Allah

Allah créa l’homme telle une ombre sans pouvoir ni volonté indépendante de Lui. Il le rappelle dans ce verset :

Cependant, vous ne saurez vouloir, à moins qu’Allah veuille… (Sourate al-Insan, 30)

La grande majorité des êtres humains sont inconscients de cet état de fait. Ils acceptent qu’Allah les créa, mais considèrent que leurs œuvres leur appartiennent. Or, chaque action accomplie par un être humain l’est avec la permission d’Allah. Celui Qui écrit un livre le peut, car il a la permission d’Allah. Chaque phrase, chaque idée et chaque paragraphe sont composés parce qu’Allah le souhaite. Allah révèle ce principe très important dans plusieurs versets, notamment : « … c’est Allah Qui vous a créés, vous et ce que vous fabriquez ? » (Sourate as-Saffat, 96) Par ces termes, « … ce n’est pas toi qui lançais : mais c’est Allah Qui lançait… » (Sourate al-Anfal, 17), Allah souligne que tout ce que nous faisons constitue un acte qui Lui appartient.

Dans un autre verset, Allah instruit le Prophète de recevoir les actes de charité des croyants, mais dans la suite de ce verset, Il explique que c’est Lui, en réalité, Qui reçoit l’aumône :

Prélève de leurs biens une aumône par laquelle tu les purifies et les bénis, et prie pour eux. Ta prière est une quiétude pour eux. Et Allah est audient et omniscient. Ne savent-ils pas que c’est Allah Qui accueille le repentir de Ses serviteurs, et Qui reçoit les aumônes, et qu’Allah est l’Accueillant au repentir et le Miséricordieux. (Sourate at-Tawbah, 103-104)

Le grand savant musulman Moheïddine Ibn ‘Arabi explique que nos actions appartiennent à Allah :

Quant aux esprits, la source des actions qui en découlent ne se situe pas dans leurs entités. C’est Allah seul Qui met les esprits et les objets en action continue. S’il n’y a rien dans le monde en dehors des impressions, cela signifie qu’il n’y a rien en réalité si ce n’est un seul être. L’esprit et les matières ne sont pas composés d’êtres choisis et de faits déterminés. Ils sont composés d’actes divins, de diverses manifestations de l’Etre tout-puissant. De la même manière, les choses qui sont dites pour être finies ou infinies ne sont rien de plus qu’une entité unique perçue par deux points différents.36

C’est donc Allah Qui créé chaque action et Qui fait en sorte que l’âme de l’acteur croie qu’il est l’auteur de cet acte. Allah créé cette sensation de façon si réaliste dans chaque âme que celui qui jette une pierre, par exemple, s’imagine réellement être celui qui jette la pierre. Pourtant, une personne qui est un être de l’ombre ne peut pas accomplir le jeter. Allah néanmoins lui donne l’impression qu’il agit de la sorte. Grâce à la perfection de la création d’Allah, l’individu éprouve cette sensation intensément et pense réellement qu’il tient une pierre, qu’il jette son bras en arrière pour accroître la vitesse de sa pierre et qu’il la jette.

Les êtres humains dépendent d’Allah à chaque instant de leur vie. Qu’ils le sachent ou non, qu’ils l’acceptent ou non, ils sont les sujets d’Allah :

Et c’est à Allah que se prosternent, bon gré mal gré, tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre, ainsi que leurs ombres, au début et à la fin de journée… (Sourate ar-Raad, 15)

Ceux que vous connaissez, qui vivent ou ont vécu dans ce monde, dans le passé ou dans le présent, où qu’ils soient, peu importe ce qu’ils possèdent, quelque soit le degré d’entêtement du négateur, chaque être humain est soumis à la volonté d’Allah. Chaque personne est une ombre créée du souffle de l’esprit d’Allah. Quiconque s’en rend compte refuse d’accepter les compliments sur sa richesse, sa science, son titre ou sa réputation. Il refuse toute adulation liée à sa position dans la société ou au succès dans sa profession. Quant à ceux qui continuent à faire preuve d’arrogance, ils sont en réalité tout à fait impuissants. Après avoir révélé que l’individu s’imaginant jetant une pierre ne l’a pas jeté en réalité, car c’est Allah Lui-même Qui le fit, quelle ignorance que de croire mériter le crédit d’un succès humain.

C’est ainsi qu’Allah met à l’épreuve et forme les êtres humains. Ceux qui ne parviennent pas à accepter ou à comprendre cette réalité aujourd’hui, verront tout sous sa véritable lumière lorsqu’ils seront ressuscités après leur mort. Ils se rendront alors compte l’inutilité de leur puissance :

Les œuvres de ceux qui nient leur Seigneur sont comparables à de la cendre violemment frappée par le vent, dans un jour de tempête. Ils ne tireront aucun profit de ce qu’ils ont acquis. C’est cela l’égarement profond. (Sourate Ibrahim, 18)

Allah est le seul Etre doté d’un pouvoir sur tout :

Ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre glorifient Allah. A Lui la royauté et à Lui les louanges. Et Il est omnipotent. (Sourate at-Taghabun, 1)

La compréhension de la nature réelle de la matière conduira les hommes à la foi

Les hommes qui se rendent compte qu’ils regardent des images dans leur esprit tout au long de leur vie, croiront avec certitude qu’Allah créa à la fois leur esprit et ces images ininterrompues.

Certains s’entêtent à refuser de reconnaître le secret de la matière en raison de leur réticence à concevoir l’étendue de la grandeur d’Allah et à accepter leur propre insignifiance. Mais même s’ils ne veulent pas l’accepter, la vérité est là : tout ce qui est dans les cieux et sur terre appartient à Allah et est une manifestation d’Allah. Le seul Etre absolu est Allah. Les créations d’Allah ne sont pas des êtres absolus, mais uniquement des apparences. Les individus témoins des apparitions créées par Allah sont tous des esprits émanant d’Allah.

Grâce à la connaissance de ce grand secret, ils atteindront une grande clarté de conscience et feront disparaître la brume voilant leur esprit. Celui qui comprend se soumettra volontiers à Allah, L’aimera et Le craindra. Les sentiments humains de fierté et de satisfaction laisseront ensuite place à l’humilité et à la modestie. C’est précisément ce qu’Allah attend des êtres humains. Leur point de vue se fera à partir d’un nouvel angle. Ils pourront alors mener une vie totalement différente. Leur reconnaissance à sa juste mesure de la puissance d’Allah leur permettra de se distancer du type d’individus décrit dans ce verset :

Ils n’ont pas estimé Allah comme Il devrait l’être, alors qu’au jour de la résurrection, Il fera de la terre entière une poignée, et les cieux seront pliés dans sa [main] droite. Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils Lui associent. (Sourate az-Zumar, 67)

Comprendre la réalité de la matière élimine les ambitions de ce mondes

Jusqu’ici nous avons décrit l’une des vérités les plus profondes qu’il nous ait été donné d’entendre dans notre vie entière. Nous avons montré que le monde matériel entier est réellement une ombre, ce qui constitue la clé de la compréhension de l’existence d’Allah, de Sa création et du fait qu’Il soit le seul Etre absolu. Par ailleurs, nous avons établi une démonstration rigoureusement scientifique de l’impuissance des êtres humains et de la manifestation de l’art magnifique divin. Ce savoir pousse les hommes vers la foi. C’est principalement pour cette raison que certains choisissent d’éviter cette vérité.

Les choses expliquées ici sont aussi vraies qu’une loi physique ou une formule chimique. Quand cela est nécessaire, les êtres humains peuvent résoudre les problèmes mathématiques les plus difficiles et comprendre de nombreux problèmes complexes. Or ces mêmes individus, lorsqu’ils sont informés du fait que la matière est une apparition formée dans l’esprit humain et qu’ils n’ont aucune connexion avec, ne font pas preuve du désir de vouloir comprendre. Il s’agit d’un cas exagéré de l’incapacité de comprendre, parce que l’idée discutée n’est pas plus difficile que la réponse aux questions « Combien font deux fois deux ? » ou « Quel âge avez-vous ? » Si vous demandez à un scientifique ou à un professeur en neurologie où ils voient le monde, ils vous répondront qu’ils le voient dans leur cerveau. Les manuels de biologie du lycée le mentionnent. En dépit de son évidence, la perception du monde matériel dans l’esprit et ses conséquences peuvent être négligées. Il est nécessaire de souligner que l’un des plus importants faits scientifiques prouvés est si soigneusement caché aux yeux du public.

Les hommes craignent d’accepter ce fait, alors qu’habituellement ils le font volontiers, parce que la vérité à propos de la matière chamboulera totalement leur perception de la vie. Ceux qui croient que la matière et l’ego sont des êtres absolus découvriront un jour que tout ce à quoi ils travaillent et ce qu’ils protègent (leurs conjoints, leurs enfants, leurs biens, leurs personnalités) n’est qu’une illusion. Les hommes ont très peur, aussi font-ils semblant de ne pas comprendre. Ils essaient avec détermination de réfuter les faits pourtant à la portée d’un élève de primaire. Cela s’explique essentiellement par leur crainte de perdre ce que ce monde leur offre.

Quiconque est attaché à ses biens, ses enfants ou aux plaisirs éphémères de ce monde, la nature illusoire de la matière est une source de grande crainte. Dés que cet individu saisit la portée de cette information, il mourra avant sa mort naturelle, car il aura rendu ses possessions et son âme. Dans le verset « S’Il vous les demandait importunément, vous deviendriez avares et Il ferait apparaître vos haines » (Sourate Mohammed, 37), Allah révèle le comportement vil et rancunier des hommes quand Il exigera d’eux leurs biens.

En apprenant la véritable nature de la matière, l’individu comprendra que son âme et ses biens appartiennent déjà à Allah. S’il sait qu’il n’y a rien à donner ni de raison de résister, il se soumettra lui et ses biens à Allah avant sa mort. Pour les croyants sincères, cela représente un geste beau et honorable, les rapprochant d’Allah. Ceux qui ne croient pas ou dont la foi est faible ne peuvent pas reconnaître cette beauté et s’obstinent à rejeter cette réalité.

 Ceux qui détiennent des entreprises, des yachts ou des terres, qui sont des images dans le cerveau, s’inquiètent pour rien

Dans cette section nous nous intéresserons au cas d’un entrepreneur insouciant dont la vie est guidée par l’ambition d’être riche. Depuis son plus jeune âge, il travaille jour et nuit tout en étant persuadé que son labeur lui ouvrira toutes les portes. Cet exemple nous mènera vers une vérité très importante.

L’individu que nous allons décrire est d’âge moyen. Il a deux enfants, un garçon et une fille qui étudient dans de bonnes écoles. Il possède quelques voitures, un yacht, quelques maisons et quelques terres. Cet homme pense posséder tout ce qui est admiré dans la vie de ce monde. Il pense avoir atteint ce à quoi tout le monde aspire. En plus de sa richesse, il jouit d’une grande dose de respect. Il est considéré comme une personne respectée d’un haut rang dans la société. Cette opinion est partagée par ses serviteurs qui l’assistent le matin, son chauffeur qui s’incline en lui ouvrant la porte de sa voiture, les gardes de sécurité qui le saluent lorsqu’il arrive dans son entreprise, et les employés qui se font attentionnés du moment où il pénètre dans l’usine jusqu’à ce qu’il entre dans son bureau. Il a de nombreux amis proches et de connaissances de hauts rangs et à des postes importants. Chaque jour, il court de réunion en réunion. Il est membre de certains conseils d’administrations et de sociétés, voire même leur président. Au cours de la journée, il lance des ordres à des centaines d’individus. A la banque et dans son coffre privé, il a plus d’argent, d’actions et de bons qu’il ne peut en compter. Leur accumulation lui procure une profonde satisfaction. Il est fier de lui et se félicite car ce qu’il a gagné est le fruit d’un dur labeur. Il a enfin réussi ce à quoi il s’était consacré toute sa vie.

Un jour tandis qu’il était sur un yacht avec ses amis, quelqu’un vient lui dire : « Tout ce que vous voyez en ce moment – toutes ces personnes, ce yacht, la mer, les usines, les maisons, les employés qui sursautent à votre commandement – sont tous des apparences dans votre cerveau. Vous ne savez pas si les originaux de ces apparences existent ou non en dehors de votre cerveau. Si les nerfs allant vers votre cerveau étaient sectionnés, ce yacht, ces personnes, leurs voix, leurs conversations, l’odeur de la mer, le goût de votre jus de fruit, tout cesserait d’exister en un instant. Toutes ces choses ainsi que tout ce que vous possédez sont dans votre esprit. Il n’y a pas de différence avec les maisons, les voitures, les yachts, les usines et les entreprises que vous possédez dans vos rêves. C’est comme si vous rêviez d’aller en Europe dans votre avion privé et que vous réveilliez le matin pour découvrir qu’il n’y a pas d’avion et que vous êtes non pas en Europe, mais dans votre lit. Si un jour vous vous réveilliez du sommeil qu’est la vie ; comment pouvez-vous être sûr que vous n’entrerez pas d’un endroit complètement différent pour observer des images de cette vie ? »

Cet homme riche réagira fermement à ce qui vient de lui être dit. Même si ces faits lui étaient présentés avec des preuves scientifiques, même s’il avait compris, il n’accepterait pas la vérité. Dans son esprit, accepter que tout ce qu’il possède fait partie d’une imagination signifierait qu’il a été dans une illusion pendant toute sa vie. Ensuite, tout ce qui lui confère fierté, louanges et importance serait également une illusion. Sa situation sera aussi humiliante et ridicule que celui qui se croit riche en rêves et s’enorgueillit de cette richesse imaginaire. Lorsque l’homme riche de notre exemple se rend à son entreprise après avoir entendu la vérité, le respect et l’estime qui lui sont témoignés ne susciteront pas d’arrogance. Il sait désormais qui ceux qui s’inclinent devant lui sont seulement des copies dans son esprit. C’est pourquoi au moment où il découvrit la vérité, il ne se vanta pas auprès de ses invités sur son yacht. Il était alors conscient que ces invités et son bateau n’étaient que des apparences dans son cerveau.

En apprenant que la matière est une illusion et qu’il n’a pas de lien avec la source de l’existence matérielle, il se rappelle de la ferme qu’il a acheté la veille. Dans cette perspective, l’argent qu’il compta sous après sous avant de le remettre au vendeur, la ferme qu’il a acheté avec tous ses aménagements, les alentours étudiés avant de conclure l’achat, tout cela existe uniquement dans son esprit. C’est comme s’il avait rêvé la nuit précédente qu’il avait gagné un important contrat lucratif. Au réveil, il n’en restait rien et ce qu’il croyait réel n’était qu’un rêve.

Il ne se trouve donc pas dans un yacht, le yacht était une apparence en lui. Lorsqu’il s’imagine entre dans sa maison dernier cri, en réalité, il ouvre un grand portail de jardin et entre dans une maison dans son cerveau. La maison, les meubles, le jardin et le portail sont dans son esprit.

Si cet individu prend conscience de la vérité que l’on vient de lui dire, il se rendra alors compte que tout ce qu’il possède à cet instant n’est qu’ombre. Toutes ces choses sont des images qui lui sont présentées par Allah qui le créa. Afin de l’éprouver, Allah créa sa vie et les apparences des objets. Or en oubliant qu’Allah est le Pourvoyeur de ces apparences bénies, il devient arrogant et intoxiqué par ces choses, monte sur ses grands chevaux et se juge supérieur aux autres. Ensuite, il passe sa vie à s’attacher fièrement à un monde illusoire. Mais un jour il réalisera qu’il a été entraîné dans des illusions, qu’il a dilapidé son temps, que rien n’a une existence absolue et que seul Allah existe.

Dans un verset, Allah attire l’attention sur ceux qui ont refusé d’accepter cette réalité au cours de l’histoire et ceux qui firent semblant de ne rien savoir :

Quant aux œuvres des négateurs, elles sont semblables à un mirage du désert que l’homme assoiffé prend pour de l’eau ; mais quand il y arrive, il s’aperçoit qu’il n’en est rien. Ce qu’il trouve, c’est Allah qui lui donne ce à quoi il a droit, car Allah est prompt dans Ses comptes. (Sourate an-Nur, 39)

Allah compare les actions des négateurs à un mirage ou un fantôme. Quand les hommes s’attachent à ces fantômes et finissent par découvrir qu’ils ne peuvent rien en attendre, ils comprennent enfin que ces fantômes ne sont pas réels et qu’Allah est la seule Réalité absolue.

La réticence des hommes à l’égard de cette vérité tient au fait qu’ils comprennent, comme l’homme de notre exemple, que tout ce qu’ils possèdent, leur respect, leurs biens disparaîtront en un instant. Soulignons un point ici : nous ne disons pas que tout ce que possède une personne ne lui contribuera en rien une fois mort. En déclarant que « tout ce qu’une personne possède est une apparence », cette personne perd dans un sens ce qu’elle détient alors qu’elle est encore en vie. Elle verra que tout ce pour quoi elle a lutté dans sa vie, tout ce qui lui a causé tant d’ennuis et de tristesse, et tous les maux causés aux autres personnes dans ce processus ne sont qu’une tromperie vide. Dans un verset, Allah révèle l’insouciance des individus vivant dans le mensonge. L’attachement avide des hommes à leur propriété est mentionné dans ce verset :

 On a enjolivé aux gens l’amour des choses qu’ils désirent : femmes, enfants, trésors thésaurisés d’or et d’argent, chevaux marqués, bétail et champs. Tout cela est l’objet de jouissance pour la vie présente, alors que c’est près d’Allah qu’il y a bon retour. (Sourate al-Imran, 14)

Un autre verset rappelle que la vie dans ce monde peut être trompeuse et assimilée à un jeu, une perte de temps :

Sachez que la vie présente n’est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l’orgueil entre vous et une rivalité dans l’acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie; ensuite elle devient des débris. Et dans l’au-delà, il y a un dur châtiment, et aussi pardon et agrément d’Allah. Et la vie présente n’est que jouissance trompeuse. (Sourate al-Hadid, 20)

 Quand les hommes comprennent que les apparences qu’ils croyaient posséder au cours de cette vie se limitent en fait à une illusion, ils comprennent que leur lutte et leur inquiétude étaient vaines et que finalement ils ont perdu leur temps. Quant à ceux qui protègent jalousement ce qu’ils possèdent, ils se laissent envahir par la colère et finissent par abuser des autres. Mais dès qu’ils saisissent qu’ils n’ont aucune connexion avec les choses matérielles réelles, la honte et le remords les prennent d’assaut, car c’est comme si dans un rêve, ils agressaient les autres et leur criaient dessus. Ils comprennent immédiatement qu’ils doivent adopter un comportement agréé par Allah, Qui est à l’origine de toutes les apparences qui défilent en eux. Ceux qui sont conscients de cette vérité, à savoir les croyants, disent :

Dis : « En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’univers. » (Sourate al-An’am, 162)

Il est important de ne jamais oublier ce point : Il n’est jamais trop tard pour comprendre cette vérité. Cette prise de conscience transforme immédiatement la perception de la vie et permet donc d’accorder sa vie à ce principe. L’individu vit alors non pas pour les illusions, mais pour notre Seigneur, le seul Etre absolu. Allah pardonne toujours à Ses serviteurs.

Ceux qui prétendent ne rien savoir de cette réalité et refusent d’accepter le fait qu’Allah est le seul Etre absolu sont tombés dans un puissant piège. Allah décri leur état :

…Ceux qu’ils auront fait ici-bas sera un échec, et sera vain ce qu’ils auront œuvré. (Sourate Hud, 16)

Même si une personne ne veut pas accepter cette réalité maintenant en préférant rester dans l’erreur de croire que les choses qu’elle détient sont des choses absolues, tout deviendra clair après sa mort, lors du jour du jugement où elle sera ressuscitée. Ce jour-là, sa « vue est perçante » (Sourate Qaf, 22) et sa clairvoyance sera amplifiée. Si elle choisit de consacrer à courir après des buts illusoires, alors elle souhaitera ne jamais avoir vécu dans ce monde. Elle périra en disant : « Hélas, comme j’aurais souhaité que [ma première mort] fût la définitive. Ma fortune ne m’a servi à rien. Mon autorité est anéantie et m’a quitté ! » (Sourate al-Haqqah, 27-29)

Ceux qui voient la nature réelle de la matière perdent leur arrogance

Ceux qui prennent conscience de cette vérité simple se montrent contrariés. Lorsqu’ils comprennent que leurs usines, leurs maisons, leurs voitures, leurs propriétés, leurs partenaires, leurs familles et leurs positions sociales sont des illusions dans le cerveau, leur impuissance face à Allah est claire. Ils savent que leurs propres personnes et tout ce qu’ils possèdent, et l’univers entier sont une illusion et que par conséquent, ils ne sont rien. Tout ce qu’il reste alors, c’est l’esprit du « je ». Parce qu’Allah leur a accordé cet esprit, ils doivent croire en Allah et se soumettre à Lui, même s’ils ne croyaient pas auparavant.

Grâce à cette vérité, les sentiments d’humilité et de dépendance remplacent la fierté, l’arrogance et l’autosatisfaction. Si cet individu venait à recevoir toutes les richesses du monde et la meilleure position sociale, il ne ferait pas preuve de vanité, de fierté ou d’arrogance. Il n’oubliera pas qu’il ne fait qu’observer les images diffusées par Allah et ne se laissera donc pas entraîner par des illusions. Cette réalité sublime éradiquera l’ambition, la fierté et la vanité, ainsi que la méchanceté, la haine ou la colère. Ceux qui savent que tout n’est qu’illusion ne se lanceront pas dans une concurrence acerbe avec autrui ni n’entretiendront d’animosité contre qui que ce soit. Dans un environnement où tout le monde se soumet uniquement à Allah règneront l’humilité, la soumission, la compassion, la déférence, l’amour et l’intimité.

Par conséquent, il est hautement déraisonnable de feindre ne pas connaître la vérité, de la craindre ou de la fuir. Une personne dépourvue de foi entretiendra certainement des craintes, car si elle accepte les faits, elle sera forcée de reconnaître l’existence d’Allah. Mais les croyants doivent embrasser avec plaisir et enthousiasme le fait que la matière est la réflexion dans leurs esprits du ressort d’Allah et que le seul Etre absolu est Allah. Pour le croyant, craindre et éviter le magnifique talent artistique d’Allah n’a pas de sens. Lorsque la vérité est évidente, quel sens y-a-t-il à continuer à se voiler la face et à se laisser tromper par les lignes claires d’ombres et d’apparitions tridimensionnelles. Le croyant ne craint pas la vérité. Il se laisse plutôt guider par la beauté et la profondeur de la réalité, tout en méditant sur l’immense talent artistique d’Allah qui apparaît au sein de lui-même.

Cette réalité menace ceux qui sont attachés à ce monde par ambition

L’homme qui reçoit une récompense pour ses réalisations, la reçoit en réalité au niveau de son cerveau. Ceux qui l’applaudissent aussi pendant ce moment ne sont qu’une apparition dans son cerveau.

La personne qui regarde la cérémonie de remise de récompenses sur le petit écran dans son cerveau n’a pas les moyens de se connecter avec la source des personnes dans le public, de la récompense ou de l’auditorium. Ces éléments restent à l’intérieur de son cerveau. En somme, c’est comme si la personne regardait la remise de la récompense sur une cassette vidéo.

Cela explique pourquoi les hommes évitent cette réalité avec horreur. Quand ceux qui sont liés à ce monde par l’ambition comprennent que leur position sociale, leurs récompenses, leurs comptes bancaires, leurs yachts, leurs patrimoines immobiliers et les louanges qui leur sont chantées sont des apparitions dans leur cerveau, une terrible colère les consume. Arrogants comme ils sont, ils comprennent néanmoins que cette vérité implique que leur estime, leur réputation et leurs biens ne valent pas les engagements ambitieux décidés. Et malgré qu’ils essaient dur d’échapper à cette réalité, ils ne peuvent pas changer le fait qu’ils vivront le reste de leur vie dans leur crâne.

Les soucis et les difficultés sont

comme les images d’un rêve

Certains savent que les évènements sont des apparitions dans le cerveau, mais ont tendance à oublier que cela est vrai pour tous les phénomènes. La vie humaine entière est, effectivement une vision dans le cerveau. Ainsi l’homme d’affaires qui fait faillite reçoit les images de son entreprise et de ses employés dans son cerveau. De même pour tout ce qu’il a vendu et même l’argent collecté. Quand il perd son argent, il perd l’image de cet argent. En perdant son entreprise et ses biens, il perd l’image dans son cerveau de son entreprise et de son patrimoine. Quand à celui qui se fait dérober sa voiture, il perd l’apparition d’une voiture dans son esprit. Il ne peut donc plus voir l’image de la voiture qu’il pensait posséder. En réalité, il n’a jamais été connecté à l’original de cette apparition, à aucun moment de sa vie.

Ce genre d’incidents, mais aussi tous les autres problèmes que connaissent les hommes au cours de leur existence, sont dans le cerveau. Prenons l’exemple d’un individu qui vit dans un pays déchiré par les conflits internes. A chaque instant il est en situation de danger mortel face aux agressions des soldats hostiles. Mais en réalité, il est face à une apparition de soldats hostiles dans son cerveau. Celui qui est blessé ou perd un membre dans une bataille perd l’image de ce bras dans son cerveau et même l’impression de douleur est une perception formée dans le cerveau. Les menaces, les paroles violentes proférées par les ennemis constituent des sons formés dans le cerveau.

Par conséquent, les événements -sources de difficultés, d’inquiétudes et de craintes- sont des illusions se produisant dans le cerveau. La personne consciente de la nature de ces illusions ne laisse pas libre cours à son anxiété et ne se plaint pas non plus lorsqu’elle rencontre des problèmes. Même face à l’ennemi le plus agressif et le plus dangereux, elle maîtrisera sa peur et son désespoir, car elle sait qu’elle est en présence d’illusion dans son cerveau. Elle sait donc que tous ces éléments néfastes sont une apparition formée par Allah et qu’Allah les créa dans un but précis. Peu importe ce qu’elle croise dans sa vie, cette personne est en paix, grâce à sa soumission et sa confiance en Allah. Dans certains versets du Coran, Allah révèle qu’il n’y a ni crainte ni tristesse pour les croyants. L’un de ces versets suit :

Ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allah » et qui ensuite se tiennent sur le droit chemin, ils ne doivent avoir aucune crainte et ne seront point affligés. (Sourate al-Ahqaf, 13)

Une personne sachant que tout ce qui lui est arrivé au cours de sa vie furent des images créées par Allah dans son cerveau, au lieu se laisser envahir par la peur, l’anxiété et la panique fera confiance à l’infinie miséricorde et compassion du Créateur à l’origine de ces images.

L’état de l’environnement lorsque la nature réelle de la matière est divulguée

Ceux qui savent qu’ils n’ont pas liens avec les choses matérielles réelles et qu’ils sont uniquement en présence d’images présentées par Allah, modifient totalement leur mode de vie, leur perception des choses et leurs valeurs. Ce changement est utile à la fois sur le plan personnel et social : ceux qui voient la vérité peuvent vivre en accord avec les hautes qualités morales révélées par Allah dans le Coran.

Pour certains, le monde n’a pas d’importance puisqu’ils comprennent que la matière est une illusion. Selon eux, la spiritualité est essentielle. Lorsque le croyant sait qu’Allah l’écoute et l’observe à tout moment et qu’il devra rendre compte de chacune de ses actions dans l’au-delà, il s’attache naturellement à mener une vie moralement vertueuse. Il sera soucieux de ce qu’Allah enjoignit et de ce qu’Il interdit. Chaque membre de la société sera comblé d’amour et de respect pour autrui. La concurrence portera sur les actions bonnes et nobles. Les hommes modifieront les valeurs par lesquelles ils jugent les autres. Puisque les choses matérielles perdront leur valeur, les hommes seront jugés non pas par leur statut et leur position sociale, mais par leur caractère moral et leur piété. Personne ne poursuivra ce dont la source est illusoire. Tout le monde sera en quête de la vérité. Tout le monde agira sans se soucier des opinions des autres. Ils seront guidés par la question de savoir si Allah agrée leurs actes ou non. Au lieu des sentiments de fierté, d’arrogance et d’autosatisfaction dérivés des biens, des propriétés, du rang social, l’humilité et la dépendance se propageront. Les hommes s’inspireront alors volontiers selon les exemples des qualités morales décrites dans le Coran. Enfin, ces changements permettront de mettre un terme aux problèmes des sociétés modernes.

Ceux qui savent que tout ce qu’ils voient est une illusion remplaceront les individus coléreux, agressifs et avides du moindre profit. En effet, pourquoi avoir l’air ridicule en perdant son sang-froid ou en se mettant à hurler. Le bien-être et la confiance prévaudront chez les individus et dans la société en général. Chacun sera satisfait de sa vie et de ce qu’il possède. Ce sont là les bienfaits apportés par cette réalité cachée. Savoir, méditer et vivre selon cette vérité contribuera davantage aux bienfaits des êtres humains. Ceux qui souhaitent recueillir ces agréables rétributions doivent réfléchir profondément à cette vérité et s’efforcer de bien la comprendre. Dans un verset, Allah dit :

Certes, il vous est parvenu des preuves évidentes, de la part de votre Seigneur. Donc, quiconque voit clair, c’est en sa faveur; et quiconque reste aveugle, c’est à son détriment, car je ne suis nullement chargé de votre sauvegarde. (Sourate al-Anam, 104)

La connaissance de la nature réelle de la matière représente la fin du matérialisme

La philosophie du matérialisme est certainement très menacée par le fait que le monde matériel est une impression dans nos esprits et que nous ne sachions pas si oui ou non quelque chose existe en dehors de notre esprit. Pour mieux comprendre, arrêtons nous un instant sur la définition générale du matérialisme. Le matérialisme est ainsi défini dans la littérature matérialiste :

« Le matérialisme accepte l’aspect éternel et infini du monde, qui n’est pas créé par Allah et qui est infini en terme d’espace et de temps. »37

Le 8ème volume de l’Encyclopédie Larousse propose la définition suivante de la philosophie matérialiste :

« Le matérialisme est la doctrine qui n’accepte pas l’existence d’une autre substance que la matière. Il est opposé à l’idéalisme qui veut que l’essence et la substance de la réalité soient créées par l’esprit. »

Comme l’indique cette brève définition, la philosophie matérialiste assimile la matière à la seule existence absolue et défend qu’en dehors de la matière, aucune pensée ni chose n’existe. Elle n’accepte pas l’existence de l’esprit, mais attribue la conscience humaine au résultat des activités cérébrales. (Nous avons traité de l’invalidité de cette idée matérialiste dans la section intitulée « La conscience humaine : un des plus importants dilemmes du matérialisme. ») L’objectif de ce livre est de démontrer que la philosophie matérialiste n’a pas de sens. Il est clair désormais que ce que nous appelons matière est une impression dans le cerveau. Il nous est par ailleurs impossible de prouver que ces impressions ont un référant matériel en dehors de notre cerveau, puisque nous ne pouvons sortir de notre esprit et entrer en contact direct avec la source matérielle des choses. En acceptant ce fait résumé en deux phrases, il ne reste ni matière ni matérialisme. Même si nous nous imaginons que nos perceptions ont une contrepartie matérielle en dehors de notre esprit, sachant que nous ne pourrons jamais atteindre cet homologue, nul besoin donc d’élaborer une philosophie sur la matière dont l’existence même est douteuse et d’ériger sa perspective de la vie dessus.

Les matérialistes sont dérangés par cet important secret sous-jacent à la matière et peu enclins à l’accepter en dépit de son évidence parce qu’ils comprennent que cela conduirait à la disparition de leur philosophie. Tout au long de l’histoire, les matérialistes ont toujours été mal à l’aise et pleins d’appréhensions face à la description de la nature de la matière, même quand cette vérité était révélée par d’autres matérialistes. Vladimir I. Lénine, l’un des leaders de la sanglante révolution russe, écrivait dans son livre il y a presque un siècle « Matérialisme et empiriocriticisme » pour mettre en garde ses partisans :

« Une fois que vous niez la réalité objective traduite par les sensations, vous avez déjà perdu toutes les armes contre le fidéisme, car vous avez glissé dans l’agnosticisme ou le subjectivisme et c’est tout ce qui requiert le fidéisme. Une seule serre prise au piège et l’oiseau est perdu. Et nos machistes ont été piégés dans l’idéalisme, à savoir dans un fidéisme dilué, subtile ; ils deviennent captifs à partir du moment où ils prennent « la sensation » non pas pour une image du monde externe mais pour un « élément » spécial. Ce n’est la sensation de personne, l’esprit de personne, la volonté de personne. »38

Ces phrases traduisent à quel point ce fait mettait dans l’inconfort les matérialistes. Lénine en avait très peur et voulait l’effacer de son propre esprit et de celui de ses camarades. Mais les matérialistes aujourd’hui sont dans un état plus profond de gène que Lénine, puisque l’invalidité du matérialisme est devenue plus clairement et fermement établie au cours des cents dernières années. Qualifiée dans le passé de spéculation philosophique ou de sujet à débat, l’irréalité de la matière est désormais prouvée pour la première fois de l’histoire de manière scientifique et irréfutable. L’écrivain scientifique Lincoln Barnett affirme que la simple allusion à cette possibilité angoisse et fait peur aux scientifiques :

« Avec la réduction des philosophes de toute réalité objective à un monde d’ombres de perceptions, les scientifique sont désormais conscients des limites alarmantes des sens humains. »39

En Turquie et à travers le monde, cette crainte et cette anxiété sont palpables chez chaque matérialiste confronté à la question. Les matérialistes en Turquie ont subi par exemple un sérieux revers avec l’effondrement de la théorie de l’évolution, qui était supposée être le fondement de leur philosophie. Maintenant ils commencent à comprendre qu’ils ont perdu un soutien plus important que le darwinisme : la matière même. C’est pourquoi ils avancent que, selon leur point de vue, cette question est un danger très grave qui menace de détruire leur tissu culturel.

Cela mène à une promesse d’Allah aux humains dans le Coran. Là où la vérité est évidente, les idées fausses sont contraintes de périr :

Et dis : « La vérité est venue et l’erreur a disparu. Car l’erreur est destinée à disparaître. » (Sourate al-Isra, 81)

Bien au contraire, Nous lançons contre le faux la vérité qui le subjugue, et le voilà qui disparaît. Et malheur à vous pour ce que vous attribuez. (Sourate al-Anbiya, 18)

Le matérialisme et ses partisans usent de la matière comme prétexte pour se rebeller contre Allah, Qui les créa à partir du néant, leur donna la vie et créa l’univers pour qu’ils y vivent. Posant des questions aussi superficielles et apparentes que « Si la matière existe, où est Allah dedans ? », ils nient l’existence d’Allah et font de leur mieux pour conduire les autres à Le nier également. Aujourd’hui ils sont les témoins de la destruction de l’un de leurs plus solides supports. La réalité décrite ici élimine leur philosophie à la racine, sans discussion possible. La matière sur laquelle ils avaient basé toutes leurs idées, leurs vies, leur arrogance et leur négation leur a échappé des mains en un instant.

A travers l’histoire, les matérialistes ont laissé un héritage de dénégation et de méthodes de dénégation. Par exemple, nombre de matérialistes ont recours aux mots de Lénine cités plus haut pour empêcher leurs associés d’écouter ou de lire quoique ce soit qui se rapporte à cette réalité. Or, le fait que la science ait clairement expliqué la nature de la matière conjugué à la rapidité de diffusion des informations grâce aux technologies d’Internet a anéanti leurs efforts. Les individus s’informent sur la question et arrivent à la comprendre. Ceux qui se disaient encore récemment matérialistes sont surpris d’apprendre la vérité à propos de la matière et de la vie dans ce monde. Il s’agit là d’un piège extraordinaire préparé par Allah pour les négateurs. Ces derniers ont perpétuellement tenté de piéger la véritable religion en fabriquant des idoles matérielles dans le but de renier Allah. Allah, en retour, a fait en sorte que leurs idoles leur soient ôtées des mains et qu’ils tombent dans leurs propres pièges. Allah révèle avoir répondu aux pièges installés par les négateurs :

… Ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes. (Sourate al-Anfal, 30)

En donnant l’impression aux hommes qu’ils sont en contact avec la source de la matière, Allah fit tomber les matérialistes dans un piège, les humiliant d’une manière inégalée. Ils prennent pour des êtres absolus des choses composées d’illusion (leurs biens, leurs patrimoines, leurs positions, leurs titres, leur société, en somme le monde entier). En se fiant à ces choses, ils s’exaltent devant Allah. Dans leur arrogance, ils se rebellent et s’enfoncent dans leur dénégation. Dans ce processus, leur seule force est la matière. Mais ils souffrent d’un tel manque de compréhension qu’ils ne s’imaginent pas qu’Allah comprend tout et qu’Il les cerne. Dans le Coran, Allah dépeint la condition finale des négateurs :

Voudraient-ils ourdir quelque complot ? Mais ce sont les impies en seraient les victimes ! (Sourate at-Tur, 42)

Les matérialistes n’ont pas encore compris que pas à pas ils se dirigent vers la plus grave défaite de l’histoire. Lorsqu’ils ont découvert que toutes les images sont des perceptions dans le cerveau, ils n’ont pas été capables de prédire que cela allait causer l’effondrement du fondement de leur croyance. Si, au terme de ses recherches, le scientifique matérialiste découvre que les choses ne sont pas réellement composées de substance matérielle, contrairement à ce qu’il croyait, ses propres mains contribuent au revers infligé à la croyance matérialiste. Dans un verset, Allah nous rappelle que les négateurs tomberont d’eux-mêmes dans leurs propres pièges :

Ainsi, Nous avons placé dans chaque cité de grands criminels qui y ourdissent des complots. Mais ils ne complotent que contre eux-mêmes et ils n’en sont pas conscients. (Sourate al-Anam, 123)

La prise de conscience de ce fait est, sans aucun doute, la pire chose qui aurait pu arriver aux matérialistes. Que tout ce qu’ils possèdent ne soit qu’illusion équivaut, en leurs termes, une mort dans la vie.

Face à cette réalité, il ne reste plus qu’Allah et eux. Dans ce verset, Allah souligne la solitude de chacun en Sa présence :

Laisse-Moi avec celui que J’ai créé seul. (Sourate al-Muddathir, 11)

Ce fait remarquable est répété dans d’autres versets :

Et vous voici venus à Nous, seuls, tout comme Nous vous avions créés la première fois, abandonnant derrière vos dos tout ce que Nous vous avions accordé… (Sourate al-Anam, 94)

Et au jour de la résurrection, chacun d’eux se rendra seul auprès de Lui. (Sourate Maryam, 95)

Dans un autre verset, Allah révèle que les négateurs seront interpellés par ces mots le jour du jugement :

Et le jour où Nous les rassemblerons tous puis dirons à ceux qui auront donné des associés : « Où sont donc vos associés que vous prétendiez ? » (Sourate al-An’am, 22)

Ensuite les négateurs assisteront à la perte et à la destruction de toutes les choses qu’ils jugeaient plus importants qu’Allah : leurs biens, leurs enfants et tout ce qui les entourent. Allah nous rappelle cette vérité :

Vois comment ils mentent à eux-mêmes et comment les abandonnent leurs divinités mensongères ! (Sourate al-Anam, 24)

Le 21ème siècle représente un tournant où la réalité se propagera et où le matérialisme sera effacé de la surface de la terre. Les raisons ayant motivé les croyances et les opinions des hommes dans le passé n’ont pas d’importance. Il importe, une fois que la vérité est claire pour tous, qu’ils cessent de résister et qu’ils n’attendent pas d’être sur leur lit de mort pour comprendre la portée de cette vérité. Nous ne devons pas oublier qu’on ne peut pas échapper à la vérité.

 LE TEMPS EST AUSSI UNE PERCEPTION

Jusqu’ici il a été question de la matière, considérée comme ayant une existence absolue, n’est en réalité qu’une perception, une image reçue dans le cerveau. Cette réalité tire son importance dans la mesure où elle contribue à l’augmentation de la crainte et de l’amour pour Allah, à la propagation de la spiritualité et des bonnes valeurs morales ainsi qu’à l’effondrement du matérialisme.

Il existe, par ailleurs, un autre concept que les matérialistes jugent éternel et absolu : le temps. Comme la matière, le temps est une perception et n’est certainement pas éternel. Il fut créé à un moment donné. En plus d’avoir été prouvé par des éléments scientifiques, ce fait est révélé dans plusieurs versets coraniques.

Le temps est un concept né de la comparaison d’un instant à un autre

Le temps est un concept qui dépend totalement de nos perceptions et de la comparaison que nous faisons entre nos perceptions. Prenons un exemple. Vous êtes à ce moment précis en train de lire ce livre. Supposons qu’avant cela, vous avez pris une collation dans la cuisine. Vous pensez qu’il y a un écart entre le moment où vous étiez dans la cuisine et ce moment-ci. Pour vous, cet écart représente le temps. En fait, votre mémoire a enregistré l’information selon laquelle vous avez mangé dans la cuisine. Ensuite, vous comparez le moment présent avec l’information emmagasinée dans votre mémoire et l’assimilez à la notion de temps. Sans cette comparaison, le concept temps disparaît et existe alors uniquement l’instant présent.

La cérémonie de remises de diplômes est un événement marquant. En comparant les autres informations en mémoire depuis la fin des études, avec le moment présent, l’individu se fait une idée du temps passé. Mais ce sentiment de longueur ou de brièveté est interne au cerveau.

De la même manière, lorsqu’on observe un individu se pencher pour ramasser un crayon tombé au sol et le reposer sur la table, il établit une comparaison. L’observateur enregistre les gestes de l’individu qui se penche, qui ramasse le crayon, qui place le crayon sur la table comme des informations dans son cerveau. La perception du temps naît de la comparaison de ces informations entre elles.

Le physicien Julian Barbour définie le temps de cette manière :

« Le temps n’est rien qu’une mesure des positions changeantes des objets. Un pendule oscille, les aiguilles de l’horloge avancent. »40

En résumé, le temps est composé de quelques informations enfouies dans la mémoire dans le cerveau. Il découle de la comparaison d’images. Si quelqu’un était dépourvu de mémoire, il vivrait seulement dans le temps présent. Etant donné que son cerveau est incapable de faire ces interprétations, il ne peut pas avoir le sens du temps.

Le temps est une perception:  opinions des scientifiques

Aujourd’hui il est scientifiquement reconnu que le temps est un concept issu de l’arrangement séquentiel défini des mouvements et des changements. Nous essaierons de clarifier l’ensemble en proposant des exemples des penseurs et des scientifiques ayant établi cette vérité.

Le physicien Julian Barbour provoqua un grand remous dans le monde scientifique avec son livre intitulé La fin du temps (The end of time) dans lequel il examina les notions de l’intemporalité et de l’éternité. Il montra qu’il était difficile pour beaucoup d’entre nous d’accepter l’idée que le temps est une perception. Une entrevue avec Barbour dans le magazine Discover reprenait les commentaires suivants à propos du temps étant une perception :

« J’ai encore du mal à l’accepter », dit Barbour. Mais bon, le sens commun n’a jamais été un guide fiable pour comprendre l’univers. Les physiciens confondent nos perceptions, depuis que Copernic était le premier à suggérer que le soleil ne tourne pas autour de la terre. Après tout, nous ne ressentons pas le moindre mouvement de la rotation dans le vide de la terre à quelques 67.000 miles par heure. Notre sens du passage du temps, affirme Barbour, est aussi butée que le credo de la Société de la Terre Plate. »41

Comme nous pouvons le voir ci-dessus, ce célèbre physicien souligne que toute idée que nous ayons du temps absolu est fausse. La recherche effectuée en physique moderne vient le confirmer d’ailleurs. Le temps n’est pas absolu ; c’est une perception variable et subjective dépendant des évènements.

François Jacob, penseur, lauréat du Nobel et professeur en génétique de renom, écrivit dans son livre Le jeu des possibles ceci à propos de la possibilité d’un retour en arrière dans le temps :

« Les films en retour rapide nous permet d’imaginer un monde où le temps s’écoulerait en arrière. Un monde dans lequel le lait se sépare du café et sort de la tasse pour retourner dans le pot à lait ; un monde où les rayons lumineux sont émis depuis les murs pour être collectés dans un piège (centre de gravité) au lieu de jaillir de la source lumineuse ; un monde où la pierre revient dans la paume d’un homme par la coopération étonnante d’innombrables gouttes d’eau permettant à la pierre de sortir de l’eau. Pourtant, dans un tel monde où le temps présente ces caractéristiques contraires, les processus de notre cerveau et la manière qu’a notre mémoire de compiler l’information fonctionneraient également dans le sens inverse. La même chose vaut pour le passé et le futur et le monde nous apparaîtra tel qu’il apparaît actuellement. »42

Parce que notre cerveau fonctionne en arrangeant les événements en séquence, nous ne croyons pas que le monde fonctionne comme il décrit ci-dessus. Nous sommes persuadés que le temps fonctionne toujours en avant. Or, cette décision provient de notre cerveau. En cela, elle est tout à fait relative. Si l’information dans notre cerveau était arrangée comme un film projeté en mode retour, nous assimilerions le temps à un film projeté dans le sens inverse. Dans cette situation, le passé deviendrait le futur et le futur serait le passé. Notre mode de vie serait totalement opposé à ce que nous vivons actuellement.

En fait, nous ne pouvons pas savoir comment le temps fonctionne, s’il y a fonctionnement. Cela démontre que le temps n’est pas une réalité absolue, mais seulement une sorte de perception.

Albert Einstein, le grand physicien du 20ème siècle, démontra que le temps est une perception dans sa « Théorie générale de la relativité ». Dans son livre, L’univers et Dr. Einstein (The universe and Dr. Einstein), Lincoln Barnett dit :

« Avec l’espace absolu, Einstein renonça au concept du temps absolu – d’un flux de temps constant, invariable, inexorable, universel, s’écoulant de l’infini passé vers l’infini futur. Une grande partie de l’obscurité ayant entouré la théorie de l’évolution provient de la réticence humaine à reconnaître que le sens du temps, comme l’odorat, est une forme de perception. Tout comme l’espace est simplement un ordre possible des objets matériels, le temps est simplement un ordre possible d’évènements. La subjectivité du temps est mieux expliqué avec les propres mots d’Einstein. « Les expériences d’un individu nous semblent arrangées en une série d’évènements ; dans cette série, les seuls évènements dont nous nous rappelons semblent être ordonnés selon le critère du ‘plus ancien’ ou du ‘plus récent’. Il existe par conséquent, pour l’individu, un temps Moi, ou un temps subjectif. Ce n’est pas mesurable en soi. Je peux, en effet, associer des nombres avec des évènements, de telle sorte qu’un nombre supérieur est associé avec l’événement ultérieur plutôt que l’événement antérieur. »43

Grâce aux explications d’Einstein, nous pouvons comprendre que l’idée selon laquelle le temps avance est une réponse totalement conditionnée.

Barnett citait encore Einstein dans son livre :

L’espace et le temps sont des formes d’intuition, qui ne peuvent plus être séparés de la conscience que nos notions de couleur, de forme, ou de taille.44

D’après « La théorie générale de la relativité », le temps n’est pas absolu. En dehors des séries d’évènements nous servant à le mesurer, le temps n’a pas d’existence indépendante.

Nos rêves peuvent nous aider à comprendre la relativité du temps. Dans notre sommeil, nous vivons des situations qui semblent s’étaler sur des jours alors qu’en fait, notre rêve dure à peine quelques minutes voire quelques secondes.

Prenons un exemple concret pour illustrer ce concept. Imaginons une pièce spécialement conçue avec une fenêtre. Nous y passons un certain temps. Dans cette pièce, il y a une horloge grâce à laquelle nous pouvons suivre le passage du temps. Par la fenêtre, nous pouvons assister au lever et au coucher du soleil à des intervalles réguliers. Après quelques jours, nous sommes interrogés sur la durée de notre séjour dans la pièce. Notre réponse sera calculée à partir de l’information accumulée grâce à l’horloge et au soleil. Nous répondons donc que nous sommes là depuis trois jours. Mais si l’individu qui nous a demandé de passer du temps dans la pièce nous annonce que notre séjour dure depuis deux jours, que le soleil que nous suivions par la fenêtre était artificiel, et que l’horloge fonctionnait en mode accéléré, alors nos calculs n’ont pas de sens.

Cet exemple démontre que notre science de la vitesse du passage du temps dépend des références qui changent selon la personne qui le perçoit.

Voici un autre exemple. Pour celui qui attend la fin d’une opération subie par son frère, une heure peut sembler durer une éternité. Mais si cette même personne exerce une activité agréable, elle ne comprend pas qu’une heure de temps passe si vite.

Einstein établit ce fait scientifiquement dans sa « Théorie générale de la relativité ». La vitesse du passage du temps varie selon la vitesse d’un corps et sa distance avec le centre de gravité. Si la vitesse augmente, le temps se réduit, se contracte, ralentit et semble proche du point d’inertie.

Expliquons maintenant avec une expérience imaginée par Einstein. Prenons deux frères jumeaux. L’un reste dans ce monde et l’autre entreprend un voyage spatial durant lequel il se déplace pratiquement à la vitesse de la lumière. Lorsqu’il revient de l’espace, il découvrira que son frère jumeau est bien plus vieux que lui. La raison étant que le temps passait beaucoup plus lentement pour le frère dans l’espace. On peut imaginer le même exemple avec un père se rendant dans l’espace à bord d’une fusée voyageant à près de 99% de la vitesse du temps et le fils restant sur terre. D’après Einstein, si le père avait 27 ans et le fils trois ans au départ, trente ans après lorsque le père revient sur terre, le fils aurait 33 ans et le père seulement 30 ans.45

La relativité du temps n’est pas relatif à l’accélération ou au ralentissement de l’horloge. Il provient du fait que tout système matériel, jusqu’aux particules du niveau subatomique, fonctionne à des rythmes différents en terme de vitesse. Dans un contexte où le temps est ralenti, le rythme cardiaque, la vitesse de division cellulaire et l’activité cérébrale seraient également ralentis. Dans cette situation, l’individu continuerait à mener sa vie comme avant, car il est inconscient du ralentissement du temps.

Le concept de la relativité du temps est révélé dans le Coran

Le temps n’est pas une réalité absolue. Les progrès de la science moderne ont définitivement prouvé qu’il s’agit d’une perception relative. Allah révélait miraculeusement dans le Coran, il y a 1400 ans, ce que la science a découvert au 20ème siècle.

Certains versets indiquent, en l’occurrence, que la vie est courte. La vie humaine d’environ 60 ans est aussi courte qu’une heure.

Le jour où Il vous appellera, vous Lui répondrez en Le glorifiant. Vous penserez cependant que vous n’êtes restés que peu de temps ! (Sourate al-Isra, 52)

Et le jour où Il les rassemblera, ce sera comme s’ils n’étaient restés qu’une heure du jour et ils se reconnaîtront mutuellement… (Sourate Yunus, 45)

Dans d’autres versets, il apparaît que le temps est beaucoup plus court que les hommes ne l’imaginent.

Il dira : « Combien d’années êtes-vous restés sur terre ? » Ils diront : « Nous y avons demeuré un jour, ou une partie d’un jour. Interroge donc ceux qui comptent. » Il dira : « Vous n’y avez demeuré que peu, si seulement vous saviez. » (Sourate al-Muminun, 112-114)

Dans d’autres versets, il est question des différentes vitesses du temps selon les dimensions. Par exemple, pour Allah un jour équivaut à mille années. (Sourate Al-Hajj, 47) D’autres versets y font référence:

Les anges ainsi que l’esprit montent vers Lui en un jour dont la durée est de cinquante mille ans. (Sourate al-Ma’arij, 4)

Du ciel à la terre, Il administre l’affaire, laquelle ensuite monte vers Lui en un jour équivalant à mille ans de votre calcul. (Sourate as-Sajda, 5)

Par le style employé dans le Coran, on comprend aisément que le temps est une perception. Allah cite un nombre de croyants (les compagnons de la caverne) qu’Il plongea dans un sommeil profond pendant 300 ans. Plus tard, lorsqu’Il les réveilla, ces compagnons croyaient être restés endormis pendant un court instant. Ils ne pouvaient pas imaginer la durée de leur sommeil :

Alors, Nous avons assourdi leurs oreilles, dans la caverne pendant de nombreuses années. Ensuite, Nous les avons ressuscités, afin de savoir lequel des deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour. (Sourate al-Kahf, 11-12)

Et c’est ainsi que Nous les ressuscitâmes, afin qu’ils s’interrogent entre eux. L’un parmi eux dit : « Combien de temps avez-vous demeuré là ? » Ils dirent : « Nous avons demeuré un jour ou une partie d’un jour. » D’autres dirent : « Votre Seigneur sait mieux combien de temps vous y avez demeuré… » (Sourate al-Kahf, 19)

La situation dont il est question dans le verset suivant prouve que le temps est une perception psychologique :

Ou comme celui qui passait par un village désert et dévasté : « Comment Allah va-t-Il redonner la vie à celui-ci après sa mort ? » dit-il. Allah donc le fit mourir et le garda ainsi pendant cent ans. Puis Il le ressuscita en disant : « Combien de temps as-tu demeuré ainsi ? » « Je suis resté un jour, dit l’autre, ou une partie de la journée. » Allah dit : « Non ! Tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture et ta boisson : rien ne s’est gâté; mais regarde ton âne… Et pour faire de toi un signe pour les gens. Regarde ces ossements, comment Nous les assemblons et les revêtons de chair. » Et devant l’évidence, il dit : « Je sais qu’Allah est omnipotent. » (Sourate al-Baqarah, 259)

Ces versets témoignent de la nature relative et non absolue du temps. Cela signifie que le temps varie selon les perceptions du percepteur. Il ne s’agit donc pas d’une existence concrète existant par soi-même en dehors du percepteur.

La relativité du temps explique la réalité du destin

Le temps n’est pas un concept concret, mais un concept qui varie selon les perceptions. Ainsi un laps de temps qui correspond pour nous à des millions d’années se résume à un instant pour Allah. Une durée de 50.000 ans pour nous équivaut à un seul jour pour Gabriel et les autres anges.

Ce point est essentiel pour la compréhension de l’idée de destin. Le destin est l’ensemble des événements passés, présents, futurs créés par Allah en un « seul moment ». Cela signifie par conséquent, que chaque événement, depuis la création de l’univers jusqu’au jour dernier, a déjà eu lieu et s’est déjà achevé aux yeux d’Allah. Nombreux sont ceux qui ne parviennent pas à saisir la notion de destin. Ils ne comprennent pas comment Allah peut déjà avoir connaissance des situations qui ne se sont pas encore produites ni comme le passé et le futur ont déjà eu lieu selon Allah. De notre point de vue, les événements qui ne se sont pas produits sont des évènements à venir, parce que nous vivons en rapport avec le temps créé par Allah. Nous ne pouvons donc rien savoir sans l’information dans nos mémoires. En nous faisant habiter ce monde d’épreuves, Allah ne nous a pas accordé la mémoire de ce que nous qualifions de « futur ». Par conséquent, nous n’avons aucune emprise sur l’avenir. Or Allah n’est lié ni par le temps ni par l’espace. Il est Celui Qui a déjà créé toutes ces choses à partir du néant. Aussi le passé, le présent et le futur reviennent au même pour Allah. De Son point de vue, tout s’est déjà produit. Il n’a nul besoin d’attendre pour connaître le résultat d’une action. Le début et la fin d’un événement sont connus de Lui en un seul instant. Par exemple, Allah savait donc déjà quelle fin attendait Pharaon avant même de Lui avoir envoyé Moïse, avant même que Moïse ne soit né et avant même que l’Egypte ne devienne un royaume. Tous ces évènements y compris la mort de Pharaon correspondaient à un instant unique aux yeux d’Allah. En outre, selon Allah, les souvenirs du passé n’existent pas. Le passé et le futur sont toujours présents au même moment pour Lui.

Nous pouvons comparer notre vie à une bande vidéo où il n’est pas possible d’accélérer le film. Allah, pour Sa part, voit le film en entier d’un seul coup en un instant, car Il en est le Créateur et c’est donc Lui qui en a déterminé tous les détails. Tout comme nous sommes capable de voir le début, le milieu et la fin d’une règle à mesure, Allah cerne en un moment, du début à la fin, le temps auquel nous sommes soumis. En revanche, les humains sont amenés à connaître les événements seulement quand le temps, pour eux, pour connaître le destin qui leur est réservé par Allah est bel et bien venu. C’est ainsi que chaque individu rencontre son destin. Les vies de quiconque a déjà été créé et sera créé, dans ce monde et le suivant, sont présentes auprès d’Allah dans tous leurs détails. Les destinées de tous les éléments vivants – les planètes, les végétaux et les choses – ainsi que celles des milliards d’êtres humains sont consignées dans la mémoire éternelle d’Allah. Elles resteront écrites sans jamais être perdues ou diminuées. La réalité du destin est l’une des manifestations de la grandeur éternelle d’Allah, de Sa puissance et de Son pouvoir, d’où Son attribut de Protecteur (Al-Hafiz).

Le concept du passé provient de l’information dans notre mémoire

En raison des suggestions que nous recevons, nous nous imaginons vivre dans des divisions séparées de temps : le passé, le présent et le futur. Cependant, le concept du « passé » découle de ce que contient notre mémoire. Par exemple, notre premier jour à l’école est un morceau d’informations dans notre mémoire et fait donc partie de ce que nous qualifions de « passé ». C’est pourquoi les événements futurs ne sont pas dans notre mémoire. Ce que nous ne savons pas fait donc partie du futur. Tout comme nous avons vécu le passé, nous avons vécu le futur, seulement ces événements n’ont pas été envoyés vers notre mémoire. Alors nous n’en avons pas la connaissance.

Si Allah avait placé les événements futurs dans notre mémoire, alors le futur deviendrait le passé pour nous. Par exemple, un trentenaire dispose de trente années de souvenirs dans sa mémoire, c’est pourquoi il a un passé de trente ans. Si sa mémoire était informée des événements entre l’âge de trente ans et de soixante-dix ans, alors pour ce trentenaire, ses trente ans déjà écoulés et les futurs quarante années suivantes deviendraient le passé. La présence du passé et du futur dans la mémoire signifie qu’il s’agit d’un vécu.

Allah nous a permis de percevoir les événements selon un ordre défini, du passé vers le futur. Aussi ne nous a-t-Il pas informé du futur en nous en instillant l’information dans notre mémoire. Le futur ne fait pas partie de notre mémoire, mais tous les êtres humains, passés et à venir, sont dans la mémoire éternelle d’Allah. Pour donner une image, c’est comme si la vie humaine était un film terminé. Celui qui ne peut pas appuyer sur le bouton avance rapide voit sa vie défiler au gré des événements successifs qui la jalonnent. Il s’imagine à tort que ce qu’il n’a pas encore vu appartient au futur.

Le passé et le futur sont les nouvelles de l’invisible

Dans des versets, Allah révèle qu’Il est le Seul à connaître ce qui est secret, invisible et inconnu :

Dis : « O Allah, Créateur des cieux et de la terre, Connaisseur de tout ce que le monde ignore comme de ce qu’il perçoit, c’est Toi qui jugeras entre Tes serviteurs ce sur quoi ils divergeaient. » (Sourate az-Zumar, 46)

Dis : « La mort que vous fuyez va certes vous rencontrer. Ensuite vous serez ramenés à Celui Qui connaît parfaitement le monde invisible et le monde visible et qui vous informera alors de ce que vous faisiez. » (Sourate al-Jumu’a, 8)

Dieu dit: « O Adam, informe-les de ces noms. » Puis quand celui-ci les eut informés de ces noms, Allah dit : « Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez ? » (Sourate al-Baqarah, 33)

Généralement, le terme « secret » fait référence uniquement à l’inconnu du passé. Or le passé et le futur sont tout deux secrets. Ceux qui vivaient dans le passé et ceux qui vivront à l’avenir sont sous le regard d’Allah. Il accorde néanmoins une partie de Sa science à la mémoire des hommes. Ainsi, lorsqu’Allah accorda la connaissance du passé dans certains versets, Il rappela au Prophète Mohammed (pbsl) qu’il s’agissait d’informations de l’invisible :

Voilà quelques nouvelles de l’Inconnaissable que Nous te révélons. Tu ne les savais pas, ni toi ni ton peuple, avant cela. Sois patient. La fin heureuse se sera aux pieux. (Sourate Hud, 49)

Ce sont là des récits inconnus que Nous te révélons. Et tu n’étais pas auprès d’eux quand ils se mirent d’accord pour comploter. (Sourate Yussuf, 102)

Allah accorda au Prophète Mohammed des informations à propos de ce qui ne s’était pas encore produits et qui en cela, constituaient des nouvelles de l’invisible à propos du futur. La prise de La Mecque (Sourate al-Fath, 27) et la victoire des Grecs sur les païens (Sourate ar-Rum, 3-4) avaient été révélées au Prophète Mohammed avant leur occurrence. La description des signes du jour du jugement et de la fin des temps (faisant partie de l’invisible) par le Prophète Mohammed montre qu’Allah les lui apprit.

Allah explique dans le Coran que les nouvelles de l’invisible sont transmises aux prophètes et à quelques pieux croyants. Par exemple, Joseph fut informé que le piège organisé par ses frères n’allait aboutir à rien. (Sourate Yussuf, 15) La mère de Moïse apprit que son fils allait échapper à la cruauté de Pharaon pour devenir prophète. (Sourate al-Qasas, 7)

Finalement, tout ce que nous appelons passé et futur fait partie de la science de l’invisible caché auprès d’Allah. Il accorde une partie de cette connaissance à ceux qu’Il choisit, au moment où Il le décide. Les événements qui deviennent visibles et observables sont assimilés par les êtres humains comme étant des événements passés.

L’importance de la soumission au destin

Le fait que le passé et le futur aient déjà été créés par Allah et que tout s’est déjà produit aux yeux d’Allah, démontre une importante vérité. Tout le monde est complètement soumis à son destin. L’homme ne peut modifier ni son passé, ni son futur parce que comme le passé, le futur a déjà eu lieu. Tout dans le futur est déjà déterminé : le lieu et l’endroit des événements, ce qu’il mangera, à qui il parlera, ce qu’il discutera, combien d’argent il gagnera, quelle maladie il attrapera, le moment, le lieu et la manière dont il mourra. Toutes ces informations sont déjà connues d’Allah, car elles sont dans Sa mémoire. Mais elles ne sont pas encore dans celle de l’être humain.

Ceux qui s’inquiètent et se tourmentent à propos de futur, se torturent inutilement, puisque le futur est déjà écrit. Quoiqu’ils fassent, ils ne peuvent pas changer les choses.

Attention, à ce stade, il faut éviter une erreur de compréhension de la notion de destinée. Certains pensent que ce que leur réserve leur destin aura lieu de toutes façons et qu’il n’y a rien qu’ils puissent faire. Certes tout est déjà déterminé par le destin. Avant qu’un événement ne se produise, il existe déjà pour Allah et est inscrit, en détails, dans l’Ecriture Mère (Lawh Mahfuz). Or Allah accorde à chacun le sentiment qu’il peut changer les choses et opérer ses propres décisions. Si une personne souhaite boire de l’eau, elle ne va pas dire : « Si c’est mon destin, je boirai de l’eau. » Et attendre sans faire le moindre mouvement. Elle va se lever, prendre un verre, le remplir d’eau et boire. En réalité, elle va voir une quantité d’eau prédéterminée dans un verre prédéterminé. Elle a néanmoins l’impression qu’elle agit de sa propre volonté. C’est précisément ce qui se produit à chaque geste tout au long de sa vie. Celui qui se soumet à Allah et au destin d’Allah sait que tout ce qu’il entreprend est selon la volonté d’Allah bien qu’il ait le sentiment d’autonomie. En revanche, celui qui ne se soumet pas à Allah et au destin conçu par Allah suppose à tort que ce qu’il fait est le fruit de son intelligence et de son pouvoir.

Lorsque le croyant apprend qu’il a contracté une maladie, il sait que la maladie fait partie de sa destinée et il s’en remet à Allah. Il considère que puisqu’Allah l’a intégré à sa destinée, cela lui apportera certainement un bien. Il ne reste pas pour autant sans agir, s’imaginant que si son destin veut qu’il aille mieux, il ira mieux. Au contraire, il prend toutes les précautions possibles : il se rend chez son médecin, il soigne son régime et prend ses médicaments. Il n’oublie pas néanmoins que l’efficacité du médecin et du traitement ainsi que l’issue de la maladie font tous partie de sa destinée. Il sait que toute ceci fait partie de la mémoire d’Allah et existait déjà avant sa naissance. Dans le Coran, Allah révèle que les évènements jalonnant la vie des hommes sont déjà consignés dans un livre :

Nul malheur n’atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l’ayons créé. Cela est certes facile à Allah, afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni n’exultiez pour ce qu’Il vous a donné. Et Allah n’aime point tout présomptueux plein de gloriole. (Sourate al-Hadid, 22-23)

C’est pourquoi quiconque a foi en le destin ne sera pas ennuyé ni désespéré par ce qui lui arrive. Au contraire, il fait preuve de confiance et de soumission à Allah. Allah a déterminé en avance tout ce que vit la personne. Il nous a par ailleurs enjoint de ne pas nous désoler pour ce qu’il advient et de nous montrer satisfaits des bienfaits qu’il nous accorde. Les difficultés, tout comme la richesse et le succès, sont déterminés par Allah. Ces éléments du destin prédéterminé par notre Seigneur visent à éprouver les êtres humains. Comme l’indique un verset : « … Le commandement d’Allah est un décret inéluctable. » (Sourate al-Ahzab, 38)

 Dans un autre verset, Allah dit : « Nous avons créé toute chose avec mesure. » (Sourate al-Qamar, 49) Les êtres humains ainsi que tous les êtres animés et inanimés, le soleil, la lune, les montagnes et les arbres, ont leur destin déterminé par Allah. Ainsi un vase ancien se brise au moment arrêté par son destin. Alors même qu’il était en phase de fabrication, étaient déjà convenu les propriétaires de ce vase centenaire, sa localisation et des autres objets environnants. La conception de ce vase et ses couleurs était déjà déterminées en avance par son destin. Allah savait l’heure, le jour, la minute, la manière de sa disparition. Tout ce qui avait trait à ce vase existait déjà aux yeux d’Allah en un seul instant. En revanche l’individu qui brisa le vase n’avait pas idée de son geste jusqu’à l’instant où il brisa précisément le vase. C’est pourquoi Allah invite les hommes à ne pas s’attrister sur les choses qui ont pu leur échapper. Ce qui leur a échappé fait en fait partie de leur destin et ils ne peuvent rien y changer. Les hommes doivent tirer les leçons de leur destin, voire l’objectif et les bénéfices de ce qui leur arrive. Ils doivent systématiquement s’incliner devant l’infinie miséricorde, compassion et justice de notre Seigneur, Qui créa leur destin et protège Ses serviteurs.

Ceux qui négligent cette vérité sont torturés par l’angoisse et la crainte. Ils s’inquiètent pour l’avenir de leurs enfants. A quelle école iront-ils ? Quelle profession exerceront-ils ? Seront-ils en bonne santé ? Quel sera leur avenir ? Ces questions les tourmentent alors que chaque instant de la vie de l’homme est prédéterminé par Allah, qu’il s’agisse de la formation de sa première cellule, du jour où il apprend à lire et à écrire, de son premier examen, de son premier emploi, de l’endroit et la manière dont il mourra. Tous ces éléments sont dissimulés dans la mémoire d’Allah. Ainsi à ce moment précis, quelqu’un est au stade fœtal, à l’école primaire ou à l’université. Tous font partie de la mémoire d’Allah en un seul instant, en même temps que celui qui célèbre son trente-cinquième anniversaire, celui qui entame son premier jour de travail, celui qui voit les anges après sa mort, lorsqu’il est enseveli et lorsqu’il rendra ses comptes à Allah le jour du jugement.

Par conséquent, quelle est l’utilité de s’inquiéter et d’entretenir des craintes à propos d’une vie où chaque seconde a été vécue et est présente dans la mémoire d’Allah. Quoique nous fassions, tout le monde vivra la vie décidée par Allah.

L’individu pourvu de conscience et d’intelligence comprend alors qu’il doit se soumettre humblement à Allah et au destin qu’Il lui a associé. En réalité, tout le monde est déjà soumis à Allah. Qu’on le veuille ou non, on vit soumis au destin créé par Allah. Quiconque renie son destin est un négateur, parce qu’il est destiné à être un négateur.

Ceux qui se soumettent volontiers à Allah peuvent espérer l’agrément d’Allah, Sa miséricorde et entrer enfin au paradis. Leur vie sera empreinte de bien-être, de sécurité, de bonheur aussi bien dans ce monde que dans le suivant. En se soumettant à Allah, l’individu sait, en effet, que rien n’égale le destin qu’Allah lui réserve. Il n’a donc rien à craindre. Cet individu fera néanmoins de son mieux, car il sait que ces efforts sont partie intégrante de sa destinée. Quoiqu’il fasse, il sait qu’il n’a pas la possibilité de modifier ce qui est écrit.

Le croyant se soumettra au destin arrêté par Allah. Confronté aux événements, il s’efforcera de comprendre le sens et l’objectif de ce qui lui arrive, de prendre des précautions et d’améliorer les choses. Il sera, par ailleurs, conforté par le fait que tout découle de son destin et qu’Allah a déterminé la meilleure chose. Allah mentionne, par exemple, les mesures prises par Jacob pour la sécurité de ses enfants. Afin de sensibiliser ses fils contre la malice humaine, Jacob leur conseilla de pénétrer dans la ville par des portes différentes tout en leur rappelant que cela n’aurait aucune influence sur ce qui était défini dans leur destin :

Et il dit : « O mes fils, n’entrez pas par une seule porte, mais entrez par des portes séparées. Je ne peux cependant vous être d’aucune utilité contre les desseins d’Allah. La décision n’appartient qu’à Allah : en Lui je place ma confiance. Et que ceux qui placent en Lui leur confiance la place en Lui seul. » (Sourate Yussuf, 67)

Les hommes peuvent tout tenter, mais ils ne seront jamais à même de changer leur destinée, comme le souligne le verset suivant :

 Puis Il fit descendre sur vous, après l’angoisse, la tranquillité, un sommeil qui enveloppa une partie d’entre vous, tandis qu’une autre partie était soucieuse pour elle-même et avait des pensées sur Allah non conformes à la vérité, des pensées dignes de l’époque de l’ignorance. Ils disaient : « Est-ce que nous avons une part dans cette affaire ? » Dis : « L’affaire toute entière est à Allah. » Ce qu’ils ne te révèlent pas, ils le cachent en eux-mêmes : « Si nous avions eu un choix quelconque dans cette affaire, disent-ils, Nous n’aurions pas été tués ici. » Dis : « Eussiez-vous été dans vos maisons, ceux pour qui la mort était décrétée seraient sortis pour l’endroit où la mort les attendait. Ceci afin qu’Allah éprouve ce que vous avez dans vos poitrines, et qu’Il purifie ce que vous avez dans vos cœurs. Et Allah sait ce qu’il y a dans les cœurs ». (Sourate al-Imran, 154)

D’après ce verset, nul ne peut échapper à sa mort si la mort est écrite dans son destin. Les moyens et les méthodes employés pour fuir la mort sont même déterminés par le destin. Allah rappelle aux êtres humains que les éléments du destin visent à les éprouver et à purifier leurs cœurs. Dans le Coran, il est dit que la mort de chaque individu est arrêtée par Allah tout comme la conception d’un enfant se fait avec la permission d’Allah.

Et Allah vous a créés de terre, puis d’une goutte de sperme, Il vous a ensuite établis en couples. Nulle femelle ne porte ni ne met bas sans qu’Il le sache. Et aucune existence n’est prolongée ou abrégée sans que cela soit consigné dans un livre. Cela est vraiment facile pour Allah. (Sourate al-Fatir, 11)

Les versets suivants expliquent que chaque acte est consigné par écrit et que ce que les habitants du paradis vivent a déjà été vécu. La vie au paradis fait pour nous partie de l’avenir. Mais dans la mémoire d’Allah, des hommes vivent déjà au paradis, conversant et festoyant à loisir. Avant notre naissance, le futur de l’humanité de ce monde et du suivant est déjà connu d’Allah en un instant et est conservé dans la mémoire divine.

Et tout ce qu’ils ont fait est mentionné dans les registres. Tout fait, petit et grand, est consigné. Les pieux seront dans des jardins et parmi des ruisseaux, dans un séjour de vérité, auprès d’un Souverain omnipotent. (Sourate al-Qamar, 52-55)

Grâce au Coran, on comprend que le temps, aux yeux d’Allah, est un instant unique et que pour Lui il n’y a ni passé ni futur. Certains événements relevant du futur pour nous sont décrits dans le Coran comme ils existaient depuis longtemps, parce que le passé et le futur furent créés par Allah en un seul instant. Par conséquent, une chose supposée se produire dans le futur s’est en fait déjà produite, mais puisque nous ne pouvons pas le comprendre, nous l’assimilons au futur. Prenons l’exemple de ces versets relatant les comptes que devront rendre à Allah les êtres humains:

Et on soufflera dans la Trompe, et voilà que ceux qui seront dans les cieux et ceux qui seront sur la terre seront foudroyés, sauf ceux qu’Allah voudra [épargner]. Puis on y soufflera, et les voilà debout à regarder. Et la terre resplendira de la lumière de son Seigneur; le Livre sera déposé, et on fera venir les prophètes et les témoins; on décidera parmi eux en toute équité et ils ne seront point lésés; et chaque âme sera pleinement rétribuée pour ce qu’elle aura œuvré. Il connaît mieux ce qu’ils font. Et les impies seront dirigés par groupes vers l’enfer. Puis quand ils y parviendront, ses portes s’ouvriront et ses gardiens leur diront : « Des messagers parmi vous ne vous sont-ils pas venus, vous récitant les versets de votre Seigneur et vous avertissant de la rencontre de votre jour que voici ? » « Oui, nous l’avons été ! » répondront les damnés. Mais l’arrêt de damnation des infidèles aura été déjà publié ; aussi s’entendront-ils dire : « Entrez par les portes de l’enfer, pour y demeurer éternellement. » Qu’il est mauvais le lieu de séjour des orgueilleux ! Et ceux qui avaient craint leur Seigneur seront conduits par groupes au paradis. Puis, quand ils y parviendront et que ses portes s’ouvriront, ses gardiens leur diront : « Salut à vous ! Vous avez été bons : entrez donc, pour y demeurer éternellement. » (Sourate az-Zumar, 68-73)

Suivent d’autres exemples :

Alors chaque âme viendra accompagnée d’un conducteur et d’un témoin. (Sourate Qaf, 21)

Et le ciel se fendra et sera fragile, ce jour-là. (Sourate al-Haqqah, 16)

 Et les rétribuera pour ce qu’ils auront enduré, en leur donnant le paradis et des vêtements de soie, ils y seront accoudés sur des divans, n’y voyant ni soleil ni froid glacial. (Sourate al-Insan, 12-13)

L’enfer sera pleinement visible à celui qui regardera… (Sourate an-Nazi’at, 36)

Aujourd’hui, donc, ce sont ceux qui ont cru qui rient des infidèles (Sourate al-Mutaffifin, 34)

 Et les criminels verront le feu. Ils seront alors convaincus qu’ils y tomberont et n’en trouveront pas d’échappatoire. (Sourate al-Kahf, 53)

Dans les versets précédents, les événements ayant lieu après la mort sont décrits comme s’ils étaient déjà achevés. Parce qu’Allah n’est pas limité par la dimension temporelle comme nous le sommes. Allah a voulu ces évènements dans l’intemporalité, les êtres humains les ont accomplis, vécus et amenés à leur terme. Les versets ci-dessous révèlent que chaque occurrence, petite ou grande, est connue d’Allah et inscrite dans un registre.

Tu ne te trouveras dans aucune situation, tu ne réciteras aucun passage du Coran, tu n’accompliras aucun acte sans que Nous soyons témoin au moment où tu l’entreprendras. Il n’échappe à ton Seigneur ni le poids d’un atome sur terre ou dans le ciel, ni un poids plus petit ou plus grand qui ne soit déjà inscrit dans un livre évident. (Sourate Yunus, 61)

 

L’ÉTERNITÉ EST DISSIMULÉE DANS LA MÉMOIRE D’ALLAH

Ceux qui ne comprennent pas tout à fait que la matière est en réalité un ensemble de perceptions formées dans le cerveau, tombent dans l’erreur et aboutissent aux mauvaises conclusions. Ainsi, pour certains, le fait que la matière est une illusion signifie que la matière n’existe pas. Pour d’autres, la matière existe en tant qu’illusion uniquement lorsqu’on la regarde ; sinon, elle n’existe pas. Aucune de ces idées n’est juste.

Tout d’abord, dire que la matière n’existe pas ou que les hommes, les arbres ou les oiseaux n’existent pas est complètement incorrect. Tous ces êtres existent grâce à la création d’Allah. Depuis le début de ce livre nous tentons d’expliquer qu’Allah créa toutes ces choses sous forme d’images ou de perception. Autrement dit, une fois qu’Allah les a créées, Il ne leur a pas donné une existence indépendante concrète. Chaque chose continue à être créée à chaque instant.

Que nous les voyons ou non, toutes ces choses sont éternelles dans la mémoire d’Allah. Toutes les choses qui ont existé avant nous et qui existeront après nous ont déjà été créées par Allah en un instant unique. Nous avons expliqué dans le chapitre précédent que le temps est une illusion. Allah créa le temps, mais Il n’est pas limité par le temps. Par conséquent, les choses qui existeront pour nous à l’avenir ont été créées en un moment auprès d’Allah et existent actuellement. En revanche, il ne nous est pas possible de les voir, car nous sommes limité par le temps.

Ce que nous verrons dans le futur est présent à tout moment dans la mémoire d’Allah, donc de la même manière, les éléments du passé ne cessent pas d’exister et restent dans la mémoire divine. Par exemple, lorsque vous étiez un fœtus dans l’utérus de votre mère, le jour où vous avez appris à lire et à écrire, le jour où vous avez conduit une voiture pour la première fois, le jour où une vieille dame vous a souris lorsque vous lui avez cédé votre siège dans le bus, tout ce que vous avez vécu dans le passé, ainsi que tout ce que vous allez vivre dans le futur sont en ce moment dans la mémoire d’Allah et le resteront pour l’éternité.

Imaginons que vous tapez du pied dans une pierre alors que vous marchez. L’instant où vous tapez du pied dans la pierre était déjà déterminé et arrêté dans votre destin avant que vous ne soyez nés. Le fait que cette pierre se soit détachée progressivement d’une roche plus grosse existait déjà dans la mémoire d’Allah. Il en est de même pour le papillon mort que vous voyez dans la poubelle ou de la feuille qui tombe de l’arbre pour atterrir sur votre tête. Etaient prédéterminés dans son destin l’époque du papillon où il était encore une chenille, où il quitta son cocon, où il étira ses ailes pour la première fois et où il finit par tomber dans la poubelle. Aux yeux d’Allah, le papillon vivant et le papillon mort continuent à exister et continueront à exister éternellement.

Tout est enregistré dans l’Ecriture Mère

Allah créa donc en un instant tous les événements et toutes les créatures que nous considérons passés ou futurs. Allah nous apprend dans le Coran que les destinées de chaque être humain et des autres créatures sont conservées dans l’Ecriture Mère :

Il est auprès de Nous, dans l’Ecriture Mère, sublime et rempli de sagesse. (Sourate az-Zukhruf, 4)

… Nous avons un Livre où tout est conservé. (Sourate Qaf, 4)

Et il n’y a rien de caché, dans le ciel et la terre, qui ne soit dans un Livre explicite. (Sourate an-Naml, 75)

Dans d’autres versets, Allah souligne que tout ce qui se produit dans le ciel et sur terre est enregistré dans ce livre:

Ceux qui ne croient pas disent : « L’heure ne nous viendra pas. » Dis : « Par mon Seigneur ! Très certainement, elle vous viendra. » Il est le Connaisseur de l’inconnaissable. Rien ne Lui échappe fût-il du poids d’un atome dans les cieux, comme sur la terre. Et rien n’existe de plus petit ni de plus grand, qui ne soit inscrit dans un Livre explicite. (Sourate Saba, 3)

Ces versets indiquent, que puisque l’univers fut créé, tout ce qu’il contient d’animé ou d’inanimé, tous les événements qui ont lieu sont la création d’Allah et font donc partie de Sa connaissance. En d’autres termes, toutes ces choses sont dans la mémoire d’Allah. L’Ecriture Mère est la manifestation de l’attribut d’Allah Al-Hafiz (le protecteur).

Le passé et le futur sont en réalité vécus dans le présent

Dans la mesure où le temps n’existe pas pour Allah, tout se produit en un seul instant, c’est-à-dire au présent. Tous les événements que nous jugeons être passés ou futurs appartiennent au présent selon Allah. De Son point de vue, tout est beaucoup plus claire et vital que ce que nous pouvons percevoir. En ce moment précis, Jonas est jeté à la mer suite à un tirage au sort ; Joseph est jeté dans un puits par ses frères ; il est emprisonné et quitte la prison. Marie parle à Gabriel ; Jésus est né. Noé plante le premier clou de son arche et quitte l’arche avec sa famille à l’endroit arrêté par Allah. La mère de Moise met son panier à la fleuve, Moise reçoit sa première révélation d’Allah à travers le buisson, il divise la mer et les croyants la traversent. En ce moment précis, Pharaon et son armée sont engloutis par la mer et Moïse converse avec Khidr, Khidr répare le mur des orphelins. On demande à Dhu’l-Qarnayn de construire une barrière comme protection, Dhu’l-Qarnayn érige ce rempart qui ne sera pas ébréché avant le jour du jugement. Abraham est en train de mettre en garde son père, brise les idoles des païens, et le feu dans lequel il est jeté lui procure de la fraîcheur. Mohammed (pbsl) reçoit en ce moment la révélation de Gabriel et il voyage de Masjid Al-Haram (Mosquée sacrée de Mecque) vers Masjid Al-Aqsa (Mosquée sacrée à Jérusalem). En ce moment un tremblement de terre détruit le peuple de ‘Ad. Les habitants du paradis sont sur leurs trônes et s’entretiennent mutuellement. Les habitants de l’enfer sont consignés aux flammes subissant une souffrance profonde contre laquelle il n’y a ni remède ni recours.

Allah voit et entend tout cela avec une clarté de loin supérieure à ce que nous pouvons imaginer. Allah peut entendre des sons à des fréquences imperceptibles pour nous et Il peut voir ce que nous ne pouvons pas. Tous les événements et les sons que nous pouvons ou non percevoir sont tous présents auprès d’Allah et ressentis à chaque instant dans toute leur vivacité. Aucun d’entre eux n’est perdu. La mémoire d’Allah les préserve avec tous leurs détails.

Ceci est valable pour toutes les situations qui jalonnent notre vie. En cet instant précis, les fondations de la maison dont vous avez héritée de votre grand-père sont en train d’être bâties. Vous êtes maintenant en train de manger le repas que vous mangerez « en réalité » dans dix ans.

Pas un moment, pas un événement, pas une chose existante n’a jamais cessé d’exister. C’est comme quand nous regardons un film qui a été enregistré sur une bande et qui est composé de plusieurs cadres. Le fait que nous ne voyons pas ces cadres ne signifie pas qu’ils n’existent pas. C’est la même chose avec ce que nous appelons le passé et le futur.

Il est essentiel de bien comprendre ce point : aucune de ces images ne ressemble à un souvenir ou un rêve. Toutes sont vivantes comme si elles étaient vécues à ce moment précis. Parce qu’Allah ne nous donne pas ces perceptions, nous les assimilons au passé. Allah peut nous montrer ces images à tout instant. En nous accordant les perceptions liées aux événements, Il peut nous les faire vivre.

Grâce aux exemples cités, on comprend que pour Allah, le passé et le futur sont les mêmes. C’est pour cette raison que rien n’est caché d’Allah :

[Luqman s’adresse à son fils :] « O mon enfant, fût-ce le poids d’un grain de moutarde, au fond d’un rocher, ou dans les cieux ou dans la terre, Allah le fera venir. Allah est infiniment doux et parfaitement connaisseur ». (Sourate Luqman, 16)

Aux habitants du paradis qui le désirent, Allah peut leur montrer le passé tel qu’il s’est produit

Si un serviteur d’Allah au paradis le souhaite, Allah peut lui montrer des choses de la vie terrestre telles qu’elles se sont produites. S’il demande à Allah de lui montrer son chien avant sa mort, sa maison avant l’incendie qui la ravagea, le Titanic avant qu’il ne coule, Allah en est tout à fait capable. Le serviteur verra le Titanic en mer et les passagers discutant des mêmes sujets avec les mêmes mots qu’à l’époque. Même les grandes civilisations anciennes à l’apogée de leur splendeur et de leur opulence seront visibles. Le passionné de la civilisation Inca pourra visionner n’importe quelle période de cette civilisation à tout instant. Dans la mesure où chaque événement continue à être vécu éternellement avec la même vivacité dans la mémoire d’Allah, celui qui souhaite visionner un événement le retrouvera à l’identique.

Allah promet, dans un verset, que les gens du paradis auront tout ce qu’ils désirent :

…Vous y aurez ce que vos âmes désireront et ce que vous réclamerez. (Sourate Fussilat, 31)

Par conséquent, si les habitants du paradis souhaitent voir des images et des évènements terrestres, Allah satisfera leur demande. C’est la grande rétribution réservée aux fidèles serviteurs d’Allah.

L’importance de la question pour les êtres humains

Ce sujet est essentiel pour les êtres humains parce que tout ce qui nous arrive au cours d’une journée, même les situations les plus triviales que nous oublions avant le soir même, notre manière d’agir, nos attitudes et chaque pensée qui traverse notre esprit ne tombent pas dans les oubliettes, mais sont conservées auprès d’Allah.

L’individu qui, par exemple, colporte des commérages sur son ami oublie rapidement. Cela n’a pas d’importance selon lui. Or cet instant d’égarement restera toujours auprès d’Allah. Quant à celui qui nourrit des sentiments négatifs envers les musulmans, ces sentiments, le moment où ils naquirent, l’expression de son visage et les phrases auxquelles il eut recours existeront à jamais aux yeux d’Allah. De même, le sacrifice de la personne qui choisit de nourrir son ami alors qu’elle-même souffre de la faim sera conservé éternellement auprès d’Allah avec toutes les circonstances du moment, l’attitude et les pensées de cet instant. Celui qui se montre patient face aux difficultés au nom d’Allah et qui conserve un discours doux et courtois envers celui qui l’ennuie est assuré de ne pas voir son haut comportement perdu, mais conservé pour l’éternité. Le jour du jugement, Allah interrogera alors l’homme sur toutes les actions, bonnes ou mauvaises, qu’il aura commises. Il devra ainsi faire face à ses actes sans qu’aucun ne soit omis ou altéré. Certains seront surpris par la précision du livre qui leur sera remis :

Et on déposera le livre de chacun. Alors tu verras les criminels, effrayés à cause de ce qu’il y a dedans, dire : « Malheur à nous, qu’a donc ce livre à n’omettre de mentionner ni pêché véniel ni pêché capital ? » Et ils trouveront devant eux tout ce qu’ils ont œuvré. Et ton Seigneur ne fait du tort à personne. (Sourate al-Kahf, 49)

C’est pourquoi, quiconque est conscient de cette réalité ne doit jamais oublier que chaque acte et chaque pensée sont consignés dans la mémoire d’Allah où ils continueront à exister et qu’il doit faire preuve de prudence et de crainte en ce qui concerne le jour du jugement.

 

RÉPONSES  AUX OBJECTIONS SUR LA RÉALITÉ  DE LA MATIÈRE

En dépit de la clarté du sujet de la matière et de sa simplicité, certains évitent de reconnaître qu’il s’agit de la seule conclusion possible et prétendent n’y rien comprendre.

Nombreuses personnes parmi ceux qui ont compris le problème ont exprimé leur émotion extraordinaire en apprenant « le secret derrière la matière » et à quel point cela a transformé leur vie et leur manière de penser. Beaucoup cherchent à creuser la question davantage pour mieux la comprendre. Vous trouverez certains de leurs commentaires dans le chapitre « Le grand émoi de ceux qui découvrent le secret de la matière ».

En revanche, d’autres s’entêtent à nier cette extraordinaire vérité en mettant en avant des objections. Pour être convaincants, ils doivent démontrer scientifiquement que les images et les sons ne sont pas formés dans le cerveau. Pourtant qu’ils soient scientifiques, professeurs en neurologie, spécialistes du cerveau, psychologues, psychiatres ou professeurs en biologie, aucune de leurs objections ne peuvent réfuter que les perceptions sont formées dans notre cerveau. Il s’agit d’un fait établi scientifiquement.

Malgré cela, certains tentent de se débarrasser de la question en jouant sur les mots ou en adoptant un ton scientifique exagéré. Ils essaient d’éviter la vérité à chaque fois qu’une affirmation commence par « Puisque les images se forment dans notre cerveau… » Un exemple clair est la réponse des scientifiques à la question de savoir si les images se forment dans notre cerveau.

L’un de ces scientifiques répond : « Non, les images ne se forment pas dans le cerveau. Les signaux entrant forment une représentation de l’expérience visuelle. »

Examinons la méthode de ce scientifique qui s’emploie à ignorer la vérité. A la question qui lui est posée, il commence par répondre avec un « non » définitif. Il continue ensuite en disant que les signaux forment une image représentative qui nous permet de voir ce que nous voyons. Donc en réalité, il répond à la question par l’affirmative. Bien sûr que l’image dans le cerveau est « représentative ». Notre cerveau ne pourra jamais contenir une table réelle, le soleil ou le ciel. L’image que nous percevons est une représentation, ou une copie. En disant que « nous voyons le monde », nous percevons en réalité « ce monde représentatif » ou cette « copie » ou ce « monde imaginaire ». Ces expressions font référence à la même chose. Un scientifique répond à la question de savoir si nous voyons dans notre cerveau un monde représentatif : « Absolument pas. Ce que nous voyons dans notre cerveau est une copie du monde. » Autrement dit, il rejette dans un premier la question qui lui est posée, puis il propose une explication assez confuse pour confirmer que nous pouvons voir dans notre cerveau. Cette méthode tortueuse est utilisée par quelques scientifiques qui craignent qu’en acceptant cette vérité ils ne soient forcés d’abandonner la matière, qui est selon eux la seule chose qui existe.

Les autres sont incapables de réfuter que les images se forment dans notre cerveau. Mais en raison de leur hésitation, ils offrent une réponse flottante : « Oui, je vois le monde entier dans mon cerveau. Le cerveau traite simplement les signaux entrants et lance l’activité neuronale. C’est ainsi que nous pouvons voir et entendre. » Le thème réel de la discussion se rapporte à l’endroit où l’image se forme, une fois que le cerveau a effectué tout son traitement. La réponse fournie par ce scientifique n’est pas une réponse, mais une brève explication de l’étape qui précède la formation d’une image. Le cerveau traite les signaux, mais il ne les renvoie pas vers les yeux ou les oreilles. C’est pourquoi ce ne sont pas les yeux qui voient ni les oreilles qui entendent. Que fait donc le cerveau après avoir traité les signaux entrants ? Où est stockée l’information traitée ? Où se transforment en images ou en sons ? Qui perçoit ces données sous la forme d’images ou de sons ? Lorsque ces scientifiques sont interrogés, ils tentent d’éviter la vérité en donnant de longues explications alambiquées. En réalité, il est tout à fait surprenant qu’un débat soit animé autour d’une vérité aussi évidente.

Ces façons de contourner la question sont assez faibles et invalides. Jusqu’à ce que celui qui s’oppose à cette réalité décrite ici présente des preuves scientifiques qui réfutent le fait que les perceptions sont formées dans nos cerveaux, ses propos n’auront aucune valeur. Les images et tous nos sens se forment dans notre cerveau. C’est un fait. Pourtant, certains parviennent à intégrer ce concept, mais continuent à nier qu’Allah est Celui Qui façonne ces images. Voilà ce qu’ils disent : « Je ne veux même pas y penser » ou « J’ai du mal à imaginer que je ne pourrais jamais voir la véritable matière » ou « Ma vie n’a plus de sens ». Il est tout à fait déconcertant pour ces individus d’imaginer que rien n’existe en dehors d’Allah. Mais ils ne peuvent pas prouver que le processus de vision passe par leurs yeux ni que les originaux de ce qu’ils voient existent quelque part en dehors d’eux-mêmes. Même les matérialistes les plus déterminés reconnaissent que les images sont perçues dans le cerveau.

Ce chapitre répondra principalement aux objections émises contre cette vérité. Vous verrez que les réponses sont relativement évidentes si elles sont examinées de façon honnête et dénuée de préjugés.

Objection : « Lorsque vous voyez un bus se dirigeant vers vous, vous l’évitez. Cela signifie que le bus existe. Pourquoi l’évitez-vous s’il existe dans votre cerveau ? »

Réponse : Cette question traduit une erreur de compréhension de la portée du terme « perception ». Selon eux, la notion est limitée à la vue alors qu’en réalité, toutes les sensations du toucher, de la solidité, de la douleur, de la chaleur, de l’humidité ou de la fraîcheur se forment dans le cerveau, tout comme les images visuelles se forment. Un individu qui sent le métal froid de la porte du bus lorsqu’il descend, éprouve cette sensation de froid dans son cerveau. La sensation du toucher naît dans une région particulière du cerveau grâce à des signaux nerveux transmis par la peau en contact. Ce n’est pas la peau qui donne la sensation, comme cela fut démontré scientifiquement. Quant au bus qui heurte quelqu’un, lorsque la sensation du toucher est plus violente et plus douloureuse, ils s’imaginent que ce point ne s’applique plus. La violence du coup ou de la douleur est pourtant bien perçue par le cerveau.

Pour mieux comprendre, prenons le cas des rêves. Imaginons qu’un individu rêve qu’il se fait heurter par un bus, il ouvre plus tard les yeux dans un hôpital, il subit une opération, il entend les médecins parler, il ressent l’angoisse de sa famille auprès de lui, il souffre d’une douleur terrible. Dans son rêve, il perçoit les images, les sons, le toucher, la douleur, la lumière, les couleurs très clairement et distinctement. Ils lui semblent tout aussi naturels et crédibles que dans la vie réelle. Il est loin de s’imaginer que tout cela fait partie d’un rêve. Pourtant tout ce qu’il voit est une illusion : le bus, l’hôpital, le corps qu’il croit être le sien. Bien que ces éléments ne correspondent à rien de concret, il les ressent comme s’ils étaient réels.

Sont aussi peu valables ces objections de la part de matérialistes : « Vous comprenez que la matière existe bien lorsque quelqu’un vous rentre dedans », « Vous prenez vos jambes à votre cou lorsque vous êtes pourchassés par un chien sauvage », « Lorsqu’un bus vous heurte, vous comprenez alors si ça se passe dans votre cerveau ou non », « Dans ce cas-là, allez sur l’autoroute en sens inverse. » Un coup violent, une forte gifle ou la douleur causée par les dents d’un chien n’indiquent nullement qu’on a affaire à la matière même. Comme nous l’avons vu plus haut, ces mêmes situations peuvent être vécues en rêve, sans pour autant avoir d’équivalents physiques. Par ailleurs, la violence d’une sensation n’ôte rien au fait que la sensation s’opère dans le cerveau. Il s’agit d’un fait scientifique prouvé.

Beaucoup estiment qu’un bus roulant à toute vitesse ou un accident montrent particulièrement l’existence physique de la matière en raison du réalisme des sensations ressenties. Les images qui les entourent, l’autoroute par exemple, la perfection des couleurs, des formes et des ombres, la vivacité des sons, des odeurs et des sensations du toucher ainsi que la teneur logique de l’image en trompent plus d’un. Ce réalisme fait croire aux individus que ces perceptions sont réelles, palpables. Pourtant aussi parfaites et complètes sont les perceptions dans l’esprit, elles n’en demeurent pas moins uniquement des sensations. Si quelqu’un est heurté par une voiture alors qu’il marche le long d’une route ou se retrouve pris au piège d’une maison effondrée suite à un séisme, ou se retrouve prisonnier des flammes dans un incendie, ou trébuche et dégringole les escaliers, il ne fait que ressentir ces situations dans son esprit, sans faire face à l’aspect concret et réel de ce qui se produit.

Lorsque quelqu’un passe sous un bus, le bus dans son esprit passe sur le corps dans son esprit. La mort ou les blessures qui en résultent ne modifient pas la réalité. Quand les sensations cessent avec la mort, Allah remplace les images que cet individu visionnait dans son cerveau par des images relevant de l’au-delà. C’est pourquoi ceux qui refusent de reconnaître cette vérité maintenant finiront bien par en saisir pleinement le sens au moment de leur mort.

Objection : « Il est vrai que je perçois tous les objets dans mon esprit, mais je perçois ce qui existe réellement à l’extérieur. »

Réponse : Le fait que nous percevions le monde entier dans notre cerveau a clairement été établi par la science. Toute personne équilibrée ne peut prétendre le contraire. Pourtant, certains ne comprennent pas une chose : si nous percevons les choses dans notre cerveau, alors comment pouvons-nous être sur de l’existence des choses en dehors de notre cerveau. Ce doute est, il faut le reconnaître, valide : nous ne pourrons jamais être sûr de l’existence d’homologues physiques de ce que perçoit notre cerveau, pour la simple raison que nous n’aurons jamais l’occasion de sortir de notre esprit et de voir ce qui se trouve en dehors. Il est donc impossible d’affirmer catégoriquement que les images dans notre cerveau correspondent à des éléments du monde extérieur. Personne, pas un individu lambda, ni un neurologue, ni un chirurgien, ni un philosophe, ne sera jamais capable de s’extérioriser de son cerveau pour voir ce qu’il y a à l’extérieur.

Tout ce qu’une personne sait de sa vie découle des perceptions de son cerveau nées de signaux électriques. Autrement dit, nous vivons constamment dans les mondes apparaissant dans notre cerveau. Les oiseaux que nous voyons dans le ciel, la voiture qui disparaît de notre vue au bout de la rue, les objets qui ornent notre salon, les livres dans nos mains, nos amis, nos relations et tout le reste demeurent des copies reproduites par notre cerveau. Personne ne peut sortir en dehors de cette vie vie qui se forme dans son cerveau. Ni la science ni la technologie ne peuvent nous assister dans cette voie. En effet, les inventions du scientifique restent des images au sein de son esprit. Ce qu’il réussit à créer pour voir le monde extérieur est cantonné à son cerveau.

En dépit de la limpidité de cette vérité, certains imaginent encore que les images correspondent à des réalités physiques du monde extérieur. Ils croient en « la matière » (bien qu’ils ne l’aient jamais vue), mais ignorent que le terme de matière fait référence aux illusions. Personne ne peut déterminer à quoi ressemble la matière parce que personne n’a jamais été en contact direct avec un élément original. Depuis le premier homme jusqu’à aujourd’hui, aucun être humain na pu entendre l’original d’un son, ni voir l’original d’un objet, ni d’apprécier l’odeur originale d’une rose.

Quiconque avance qu’un monde physique existe en dehors de nos perceptions aura besoin d’une paire d’yeux pour voir ce monde-là. Ce monde extérieur se transformera en un signal électrique qui passera à travers ses yeux et qui donnera naissance à une image dans son cerveau. Par conséquent, cet individu sera toujours en présence d’une image du monde dans son cerveau. Si les nerfs menant au cerveau sont sectionnés, l’image du monde dont il défend l’existence « extérieure » disparaîtra soudainement. Ceci étant, quel est l’intérêt d’insister sur quelque chose dont nous pouvons pas voir l’original, et dont l’utilité serait inexistante si cela s’avérait vrai ?

Objection : « La matière existe en dehors de mon cerveau. La douleur d’une coupure de couteau et le sang qui coule ne sont pas des images. Qui plus est, mon ami présent a assisté à la scène. »

Réponse : Nous nous sommes déjà penchés sur ce type d’objection dans le point précédent. Etant donné l’importance du sujet, il ne peut être que bénéfique de revenir sur la réponse.

Ceux qui défendent un tel point de vue ignorent que la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et tous les sens se concrétisent dans le cerveau. C’est pourquoi ils avancent : « Je vois peut-être ce couteau dans mon esprit, mais le tranchant de sa lame est un fait. Regardez la blessure qu’il a fait sur ma main. » Or, la douleur et le flux du sang chaud restent des perceptions formées dans le cerveau. La présence de l’ami lors de l’incident ne change rien, parce que son ami est également formé dans le même centre de la vision que le couteau, la douleur, le sang… Cet ami peut même parfois apparaître dans ses rêves. Dans ces cas-là, l’existence de l’ami ne prouve pas l’existence physique de ce qu’il voit dans son rêve.

Même si quelqu’un intervenait au moment où il se coupe la main dans son rêve en lui disant « Ce que vous voyez ne sont que des perceptions, le couteau n’est pas réel, le sang qui coule et la douleur ne sont pas réels. Ils se définissent comme des événements dont vous êtes le témoin dans votre esprit », l’homme en question ne le croirait pas. Il répondrait même : « Je suis un matérialiste. Je ne crois pas à ce que vous me disiez. A chaque chose que nous voyons correspond une réalité physique. Regardez, vous ne voyez pas le sang ? »

Dans le monde de perceptions dans lequel nous vivons, ce type d’individus entendent le discours : « Ces choses sont des perceptions et vous ne pourrez jamais atteindre les sources originales de ces perceptions, ni ne pourrez savoir si ces originaux existent ou non. » Malgré tout, ils persistent dans leur refus de la vérité.

N’oublions pas toutefois que personne après avoir subi une blessure à la main ne s’exclame : « Ce n’est qu’une image ! » et reste assise à ne rien faire. Allah créa des effets rattachés aux images que nous percevons. Donc celui qui se blesse à la main nettoie sa plaie, la panse ou se rend chez le médecin. Toutes ces interventions apparaissent une fois de plus comme des images dans le cerveau.

Objection : « Est-ce que le discours assimilant la matière à une illusion dans notre cerveau est compatible avec l’Islam ? »

Réponse : Certains musulmans suggèrent que le fait de voir la matière comme une illusion n’est pas compatible avec l’Islam, tout en s’appuyant sur les savants religieux du passé ayant également rejeté ce point. Ce n’est pourtant pas le cas. Au contraire, ce que nous avançons ici est en conformité totale avec le Coran. De nombreux versets impliquant que la matière est une illusion contribuent considérablement à la compréhension de sujets révélés dans le Coran, tels que le paradis, l’enfer, l’éternité, l’infini, la résurrection et l’au-delà.

Ne nions tout de même pas qu’il est possible de vivre dans la foi complète sans être conscient de cette question. Il est possible d’avoir la foi dans son corps, de n’entretenir aucun doute à propos de ce qu’Allah a révélé dans le Coran. En revanche, il faut souligner que la compréhension de ce sujet permet au croyant d’approfondir sa foi. Des savants musulmans s’étaient penchés sur ce point de vue justement. Les seuls facteurs les ayant empêcher de propager à grande échelle ce qu’ils savaient sont ;

1) le fait que le niveau de la science de leur époque ne permettait pas de clarifier totalement la question,

2) l’existence de tendances qui auraient pu mener à un malentendu sur le sujet.

Imam Rabbani fut le savant musulman le plus important ayant expliqué la vraie nature de la matière. Il inspirait le respect du monde musulman pendant des centaines d’années et est considéré comme « le plus grand réformateur du 10ème siècle selon le calendrier musulman. » Dans son livre Lettres, Imam Rabbani apporte sa vision détaillée sur cette même question. Dans l’une de ses lettres, Imam Rabbani dit qu’Allah créa l’univers entier sur le plan de la perception :

J’ai utilisé la phrase suivante plus haut : « La création d’Allah est à la sphère des sens et des perceptions. » Cela signifie que « La création d’Allah est à une sphère telle qu’à cette sphère, il n’y a ni permanence ni existence d’objets en dehors des sens et des perceptions. »46

Imam Rabbani tâche de souligner que le monde que nous voyons, c’est-à-dire tout ce qui existe, a été créé sur le plan de la perception. Tout ce qui existe en dehors de ce plan de la perception est l’Etre d’Allah. En réalité, la notion d' »extérieur » est hypothétique, parce qu’une perception n’a pas de corps et n’occupe pas d’espace. Imam Rabbani explique que les choses (en d’autres termes la matière) n’ont pas d’existence au niveau extérieur :

Rien à part Allah n’existe à l’extérieur… Peut-être toute la création d’Allah Tout-Puissant trouve de la constance dans la sphère de la perception… Tout comme la matière n’a pas d’existence dans le monde extérieur, son apparence à l’extérieur est sous une forme incolore… Si elle a effectivement une apparence fixée, ce n’est, une fois encore, que sur le plan perceptif. Sa permanence provient uniquement du talent artistique d’Allah sur ce plan. En résumé, elle n’a de la permanence et de l’apparence uniquement à un niveau. Elle n’a pas d’existence sur un plan et une apparence sur un autre… Elle ne contient aucun signe de l’extérieur qui permettrait de l’y voir…47

Par conséquent, comme l’expose clairement Imam Rabbani, en se référant à la science ou en faisant usage des pouvoirs de la raison, on aboutit à la conclusion que nous ne pourrons jamais savoir s’il y a un homologue physique réel correspondant à ce que nous percevons. Tout ce que nous pouvons voir est l’image présentée dans notre cerveau, grâce à Allah, le Seigneur de l’univers.

Le grand savant musulman Moheïddine Ibn ‘Arabi croit également que le seul à disposer d’une existence définitive est Allah, Qui créa l’univers entier uniquement sur le plan perceptif. Ce savant est connu sous le nom « Le plus grand maître » (Cheikh al-Akbar, en arabe) en raison de la profondeur de sa science. Dans son ouvrage, L’essence de la sagesse (Fusûs Al-Hikam), il révèle que l’univers n’est qu’une existence de l’ombre composée de ce qu’Allah nous a rendu manifeste :

Je dis que vous devez savoir qu’en dehors d’Allah, tout ce qui existe ou tout ce qui est dans l’univers, a la même relation à Allah qu’une ombre et un homme. Ceci étant, tout à part Allah n’est que Son ombre… Il ne fait pas de doute que l’ombre existe dans la perception.48

Moheïddine Ibn ‘Arabi offre une réponse claire à ceux qui estiment avoir une existence indépendante d’Allah :

Comme je vous l’ai expliqué, le monde est un concept. Il n’a pas d’existence réelle. C’est ce qu’illusion signifie. Vous pensez que le monde est quelque chose qui existe intrinsèquement : que son existence dépend de lui-même et qu’il existe indépendamment d’Allah. Cependant, ce n’est pas le cas. Ne voyez-vous pas que l’ombre dérive de son propriétaire et puisqu’elle est connectée à lui, il lui est vraisemblablement impossible de se séparer de son propriétaire… Ceci étant, vous devez savoir que vous n’êtes qu’un rêve. Tout ce que vous percevez et tout ce que vous prétendez être « séparé du Seigneur » ou « ne pas vous correspondre » n’est qu’un rêve aussi. Tout ce qui existe, existe au sein d’un rêve. Allah est Le Seul à posséder une existence véritable dans son essence même.49

L’homme est une chose qui possède l’âme qu’Allah lui a insufflé, une manifestation d’Allah. Allah est tout ce qui existe réellement, tandis que l’homme est un rêve. C’est là une vérité des plus importantes et nous commettrions une grave erreur en croyant le contraire.

Mawlana Jami s’est également intéressé à cette vérité étonnante à laquelle il aboutit au moyen des signes du Coran et de son propre raisonnement : tout ce qui existe dans l’univers n’est qu’une perception. Comme s’il s’agissait de la réflexion dans un miroir ou d’une ombre.

De grands savants musulmans ont parfaitement clarifié cette vérité, aussi n’est-il pas crédible de prétendre qu’elle contredit le Coran et la Sunnah ou qu’elle est rejetée par le monde musulman. Qui plus est, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un fait prouvé par la science, que personne ne peut nier : tout ce que nous voyons nous le voyons dans notre cerveau. Encore récemment, cet élément était inconnu par la science, c’est pourquoi certains savants islamiques n’y ont pas fait référence. Par ailleurs, certains ont tenté de se débarrasser des règles de la religion en décrivant le fait que la matière soit une illusion de manière pervertie. A cause des opinions distordues et malhonnêtes, certains savants musulmans ont lancé des mises en garde contre ces dangers. Toutefois il faut noter que ces commentaires étaient déviants par rapport à la vérité et n’étaient donc pas comparables à ce que nous avons vu jusqu’ici.

Justement Imam Rabbani fait allusion aux philosophes qui ont opéré une scission par rapport à la vérité. Il rappelle que ce qu’il avance est très différent de leurs opinions déviantes. Il ajoute dans ses Lettres :

Lorsque je qualifie le monde d' »imaginaire », je n’entends pas par là qu’il est fait et façonné par l’imagination… Bien sûr, cela signifie qu’Allah a créé le monde sur le plan perceptif… une chose imaginaire n’a ni apparence véritable ni corps… Cela peut être comparé à un cercle créé par la description rapide de cercles d’un point. Il a également une apparence, mais pas de corps…

D’autre part, le groupe de philosophes composé de lunatiques fait référence à autre chose. Ils veulent dire que le monde est l’œuvre de l’imagination et qu’il est façonné par l’imagination. Il y a une grande différence entre les deux. »50

Comme l’indique Imam Rabbani, les sophistes de la Grèce antique disait que « la matière est une perception que nous créons nous-mêmes. » Cette opinion est rationnellement et scientifiquement bancale et s’écarte de la religion. Répétons-le une fois encore, la vérité est que la matière est une perception créée par Allah.

Confondre ce point de vue faux émis par des philosophes avec l’explication fournie par les savants musulmans constitue une grave erreur.

Objection : « Si tout est une illusion, comment pouvons-nous expliquer certains attributs d’Allah. »

Réponse : Certains croyants pensent qu’en acceptant la véritable nature de la matière, un rideau descend sur certains noms d’Allah (Allah est bien au-dessus de ce qu’ils Lui imputent.) et que si la matière est simplement une illusion, la manifestation de certains de ces noms ne peut pas être expliquée. Cette erreur découle de la réflexion superficielle et de l’échec à comprendre pleinement la nature du sujet.

Tout d’abord, aucune force, ni aucune idée ne peut couvrir d’un rideau un des noms d’Allah. Aucune preuve scientifique ne peut empêcher la manifestation d’aucun de Ses noms. C’est Allah qui créa ces vérités. Allah n’est pas limité par les choses ni par les lois qu’Il édicte. C’est pourquoi, aucune puissance ni manifestation ne peut ternir l’une de ces manifestations. Le simple fait de penser une telle chose traduit l’incapacité à apprécier le pouvoir infini d’Allah.

Par ailleurs, le fait que la matière ne soit qu’une perception se formant dans l’esprit prouve que, contrairement à ce que ces individus peuvent penser, la manifestation des noms d’Allah se produit à tout instant et en tout lieu. Car, comme un film, cette image qui se forme sur le plan perceptif ne peut pas naître d’elle-même : elle a besoin d’un support et donc d’un créateur pour la faire vivre.

La nature permanente et intacte de l’image est la preuve parlante de la continuité de la création d’Allah. En fait, un verset dit que la terre et le ciel (donc l’univers) ne sont pas fixes et invariables. Ils existent uniquement en vertu de la création divine et cesserons d’exister quand la création cessera :

Allah retient les cieux et la terre pour qu’ils ne s’affaissent pas. Et s’ils s’affaissaient, nul autre après Lui ne pourra les retenir. Il est indulgent et pardonneur. (Sourate Fatir, 41)

Dans la sourate An-Naml, verset 64, Allah révèle qu’Il « commence la création, puis la refait ». Dans un autre verset, Il attire notre attention sur le fait qu’à tout instant des hommes sont créés :

Est-ce qu’ils assignent comme associés ce qui ne crée rien et qui eux-mêmes sont créés ? (Sourate al-Araf, 191)

Autrement dit, l’aspect permanent et intact des images que nous voyons n’est pas à attribuer à leur existence fixe et matérielle, mais à la création d’Allah à tout instant. Donc la manifestation de la création continue d’Allah est palpable tout le temps, dans tout ce qu’une personne voit ou ressent.

Cette vérité contribue à rendre plus claire la manifestation des attributs d’Allah dans l’univers. Prenons l’exemple d’un individu qui sait que dans un jardin tous les fruits, toutes les fleurs et tous les arbres sont en réalité des images qui lui sont présentées dans son esprit se rappellera qu’Allah est le Fournisseur (Al-Razzaq), Celui Qui lui accorde d’innombrables beautés et bienfaits et Qui lui montrent ces images. Quant à l’individu qui dispose d’une maison agréable tout en étant conscient de la véritable nature des meubles, des antiquités, de l’or et de l’argent, il ne cherchera jamais à se vanter de son patrimoine. Tout comme le Prophète Salomon, il identifie Allah, le Donateur (Al-Wahhab) comme étant Celui Qui lui dévoile la beauté de ces biens et Qui l’enrichit. Ou lorsque quelqu’un parvient à convaincre quelqu’un d’autre de l’existence et de l’unicité d’Allah, qu’Il est le seul Etre absolu, ainsi que l’existence de l’enfer et du paradis, il témoigne de la manifestation de l’attribut d’Allah en tant que Guide (Al-Hadi) vers le droit chemin.

Nous devons nous rappeler qu’il est un fait scientifique que chacun puisse voir des images, entendre des sons, ressentent des états physiques dans leur cerveau. Nous ne pourrons jamais savoir, au moyen de nos perceptions, ce qu’il y a en dehors de notre cerveau ni si les objets ont un quelconque homologue réel. Nous pouvons être surs cependant qu’une force existe grâce à laquelle nous voyons ces images et entendons ces sons, les créant dans un rapport de cause à effet. Cette Force est Allah. S’il n’avait pas créé ces images pour nous, il n’y aurait pas de vie dans ce monde. De cette manière, la création d’Allah et la manifestation de Ses attributs se poursuivent perpétuellement. Ainsi Allah continue à créer pour quiconque le lit, ce livre et les mots qu’il contient, ainsi que les couleurs des images.

C’est bien là l’illustration de l’attribut divin de Créateur (Al-Khaliq) et de la force de Sa création. A chaque instant Allah montre à des milliards d’individus sur terre des milliards d’images distinctes. Chacune d’entre elles est créée sans la moindre pause, en parfaite harmonie et dans le détail le plus fin. Chacun voit les images sans la moindre erreur de détail. Il suffit de penser à ce miracle pour saisir la portée infinie de la puissance d’Allah et l’idée qu’Il soit le seul Souverain de l’univers.

En affirmant que la matière fut créée sur le plan de la perception, Imam Rabbani explique que les noms d’Allah se manifestent également sur le plan de la perception :

…Allah le Glorieux attribua une apparence parmi toutes les apparences pour les noms parmi tous les noms dans la sphère de la non-existence de Sa puissance parfaite. Il la créa dans la sphère des sensations et des perceptions. Au moment choisi par Lui et de la manière choisie par Lui… La constance de ce monde n’est pas sur le plan extérieur, mais celui des sensations et des perceptions… Même à l’extérieur, il n’y a rien de permanent et d’existant autre que l’Etre et les attributs d’Allah tout-puissant…51

Celui qui saisit la portée de cette vérité ne peut s’enfler de fierté à cause de son succès, de sa richesse, des ses biens ou de ses titres. Puisqu’à chaque instant, en tout lieu, il sait qu’il y a la manifestation du nom d’Allah et qu’il perçoit une image causée par Allah, il ne peut jamais oublier à quel point il est impuissant et nécessiteux face à Allah.

Il croit en la vérité établie dans le verset comme étant « Haqq al-Yaqin » ou une vérité établie :

O hommes, vous êtes les indigents ayant besoin d’Allah, et c’est Allah, Lui Qui se dispense de tout et Il est le Digne de louange. (Sourate Fatir, 15)

Objection : « Il s’agit d’une philosophie ancienne mise en avant autrefois par les idéalistes. »

Réponse :Parce que certains sont très mal à l’aise vis-à-vis de la véritable explication de la matière, ils essaient de comparer aux philosophies antérieures la vérité selon laquelle la matière est une illusion perçue dans notre cerveau. Les progrès de la science révèlent néanmoins que ce fait est scientifique et non pas une simple spéculation philosophique. En somme, les efforts de ces individus sont vains.

Par ailleurs, l’appui d’une idée par des penseurs d’une autre époque ne réfute pas ni ne réduit la valeur de cette vérité. Le fait que la matière est une perception est compris et défendu par des individus du passé et du présent.

En outre, les idées des idéalistes passées ne furent pas réfutées par les matérialistes ultérieurs. Par conséquent dire que cette idée a déjà été exprimée dans le passé ne prouve rien.

L’idée selon laquelle nous percevons le monde dans notre cerveau n’est pas une spéculation philosophique

Les véritables faits à propos de la matière ne sont pas une découverte même s’il est vrai que dans le passé ils étaient discutés sous forme de spéculations philosophiques. Les faits ont, depuis, été prouvés sur une base scientifique.

De nombreux penseurs, des savants religieux et des scientifiques de toutes les époques ont étudié le sujet et expliqué que la matière est réellement un ensemble de perceptions. Ainsi les philosophes de la Grèce antique comme ceux de l’Ecole Eléatique, Pythagore ou Platon et son allégorie de la caverne se sont penchés sur la question. Les documents dont nous avons hérité montrent que les religions divines telles que le judaïsme et le christianisme et les religions superstitieuses telles que le zoroastrisme, le bouddhisme, le taoïsme, s’intéressent au sujet. Les grands savants musulmans tels que Imam Rabbani, Moheïddine Ibn ‘Arabi et Mawlana Jami ont également réfléchi à l’essence de la matière. Cependant, ce sont les idées du philosophe irlandais Berkeley qui requiert une explication plus détaillée.

Berkeley disait que la matière était la totalité des perceptions. Il fut l’objet d’attaques violentes de la part des matérialistes de l’époque qui croyaient que la matière jouissait d’une existence physique et qui tentèrent de le réduire au silence au moyen d’insultes et de calomnies. Bertrand Russell faisait partie des matérialistes les plus respectés. Il fut néanmoins incapable de réfuter la théorie de Berkeley. Dans son livre Les problèmes de la philosophie (The problems of philosophy), il décrivit la situation en ces termes :

Berkeley a le mérite d’avoir montré que l’existence de la matière est capable d’être niée sans absurdité, et que si des choses existent indépendamment de nous, elles ne peuvent pas être les objets immédiats de nos sensations. 52

Cependant, en raison du manque de faits scientifiques à cette période, ni Berkeley ni d’autres penseurs n’ont eu l’occasion d’étayer leurs points de vue avec des preuves empiriques. Par conséquent, on ne pouvait pas comprendre complètement la matière ou en débattre largement, d’autant moins que leurs opposants leur infligeaient une lourde pression. Etant donné les conditions, certains évaluèrent la vérité de façon incorrecte ou s’en rapprochèrent sans parvenir à en tirer les conclusions justes. D’autres motivés par d’autres choses cherchèrent à tirer la matière vers une direction tout à fait erronée.

L’essence de la matière est un fait scientifique

A notre époque, la perception de la matière dans l’esprit ne relève plus de la spéculation philosophique, car elle est devenue un fait défendu par des données scientifiques. Les progrès de la science ont permis de connaître le fonctionnement des organes sensoriels de l’être humain.

Ces faits scientifiques sont si clairs qu’ils ont trouvé leur place dans les livres de physiologie ou dans les manuels de biologie des lycées. A mesure que nous progressons, les sciences de la physique, de la physique quantique, de la psychologie, de la neurologie, de la biologie et de la médecine contribuent aux détails factuels de ce processus.

Le physicien théorique Dr. Fred Alan Wolf dont les recherches ont suscité un intérêt considérable et dont huit livres ont été récompensés, explique que la physique quantique en particulier a permis de révéler que le monde que nous voyons est en réalité une illusion :

Il y a quelque chose au-delà de tout matérialisme, au-delà du monde physique d’où toute la réalité, l’ensemble de l’existence, émane. Ceci devrait écraser le dualisme traditionnel – et j’adopte ce point de vue non pas en tant que mystique, mais en tant que physicien quantique. Je pense que notre compréhension tout à fait moderne du monde physique suggère qu’il peut y avoir un domaine ineffable, un royaume mythique, un royaume « imaginaire » d’où apparaît le monde physique. Un peu comme ce que Werner Heisenberg [physicien allemand et pionnier de la mécanique quantique] suggéra lorsqu’il introduisit la notion de conscience dans la physique – lorsqu’il dit que l’observateur créé l’observé par le simple acte d’observation… Je vois la réalité différemment. La réalité selon moi est plus comme un rêve – je vois une réalité du rêve. J’envisage un rêveur, ou un grand esprit, dont nous sommes tous une partie… Et je pense qu’en utilisant ce modèle nous pouvant aboutir à des vraies percées scientifiques, plutôt que de tenter de tout réduire au niveau le plus simple.53

Ce scientifique, un exemple parmi d’autres, comprit du fait que le monde matériel est en réalité une illusion grâce aux découvertes scientifiques. Ceux qui rejettent cette vérité scientifique évidente sont motivés par des raisons idéologiques et non scientifiques. Car ils savent qu’au cas où ils acceptent cette vérité, cela finira par nuire au matérialisme auquel ils sont attachés obstinément. En fait, le Dr. Wolf souligne que cette réalité exclura toute possibilité de matérialisme.

Quand nous considérons les résultats scientifiques obtenus, il n’y a pas de sens à vouloir traiter le fait que nous percevons le monde extérieur dans notre cerveau en tant que spéculation philosophique. Il ne s’agit pas de spéculation philosophique, mais d’un fait scientifique établie par les progrès de la science. Ce point englobe chaque individu et personne ne peut le nier. Quiconque, religieux ou non, sait que le rejet n’a pas sens.

Objection : « Comment peut-on aimer quelqu’un qu’on sait être une illusion ? Si nous acceptons que tout est une illusion formée dans notre cerveau, comment pouvons-nous aimer nos mères, pères, amis et prophètes ? »

Réponse : Celui qui pose cette question ne sait pas ou n’a pas compris qu’il est lui-même une illusion, alors qu’il semble reconnaître que ses amis, sa famille sont des illusions. Il juge donc être un absolu. Or, comme tous les autres, il est une illusion. Le corps qu’il voit et qu’il touche, à l’image de celui de ceux qu’il aime, est une image formée dans son cerveau.

Par ailleurs, le fait que ses amis ou sa famille aient des perceptions dans leur esprit ne les empêchent pas d’être aimés. Attribuer son amour à ses amis ou à sa famille pour leurs existences corporelles ou matérielles dénote la nature fausse de cet amour. Le véritable amour consiste à aimer quelqu’un pour les traits manifestés en lui par Allah. Ainsi, bien que nous n’ayons jamais vu le Prophète Mohammed (pbsl), nous éprouvons un profond amour pour lui parce que nous savons que de nombreux attributs d’Allah : le Soutien (Al-Wali), le Souverain Seigneur (Al-Malik), le Généreux (Al-Karim), le Gérant (Al-Wakil), le Guide (Al-Hadi), se manifestent en lui. La seule source de cet amour pour le Prophète Mohammed est l’amour et l’affection que nous éprouvons pour notre véritable Seigneur, Allah.

Les musulmans aiment les êtres humains et les autres choses en raison de leur amour d’Allah et parce qu’ils sont une manifestation de Lui. Le musulman aime la jeune gazelle du fait de la compassion et de l’amour d’Allah manifestés en elle, du fait des qualités agréables instillées en elle, et du fait du sentiment de compassion qu’elle suscite. Il n’aime pas l’animal lui-même ou une autre créature, en tant que créature indépendante.

Le musulman n’éprouve pas d’amour indépendant ni de liens pour une personne ou une chose. L’origine de tout son amour est l’amour d’Allah. Dans le verset du Coran: « …en dehors d’Allah vous n’avez ni protecteur ni secoureur » (Sourate al-Baqarah, 107) Allah souligne que l’homme n’a pas d’autre ami que Lui. Un autre verset pose la question « Allah ne suffit-Il pas à Son serviteur ? »(Sourate az-Zumar, 36) Donc ceux que nous aimons ne peuvent pas être nos amis ou nos parents indépendamment d’Allah. C’est pourquoi le fait que notre famille ou nos amis soient des perceptions dans notre esprit renforce simplement cette vérité. Quand nous aimons notre mère, nous aimons en réalité les qualités d’Allah qu’Il manifeste en elle, le Miséricordieux (Ar-Rahim), le Compatissant (Al-Rauf) et le Protecteur (Al-Asim). Quand nous témoignons de l’amour pour notre frère croyant, nous aimons réellement la moralité agréable manifestée en lui par Allah. Nous souhaitons que son caractère et sa nature soient agréés d’Allah. Ils nous sont alors agréables. Nous pouvons voir qu’il aime et craint Allah, aussi tirons du plaisir de cette image fidèle créée par Allah. C’est la raison pour laquelle, lorsque nous aimons quelqu’un, qu’il aie ou non une existence physique séparée, nous aimons en réalité Allah et notre amour et affection pour cette image sont en réalité de l’amour et de l’affection pour leur véritable source, Allah.

Par conséquent, ceux qui éprouvent de l’amour indépendamment d’Allah, comme s’ils avaient une existence distincte d’Allah, commettent une grave erreur. D’après le Coran, l’amour et la dévotion ne doivent être ressentis que pour Allah et Ses manifestations. Allah dit de ceux qui s’octroient une existence indépendante :

Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or les croyants sont les plus ardents en l’amour d’Allah. Quand les injustes verront le châtiment, ils sauront que la force tout entière est à Allah et qu’Allah est dur en châtiment !… (Sourate al-Baqarah, 165)

Comme l’indique ce verset, associer les hommes ou les choses à une force extérieure à l’existence d’Allah revient à les considérer comme des égaux ou des partenaires d’Allah. Cependant, rien dans ce qui existe n’a le pouvoir d’entreprendre quoi que ce soit si ce n’est Allah. Dans plusieurs versets du Coran, les hommes sont mis en garde contre l’attribution de pouvoirs à autre qu’Allah :

Ceux que vous invoquez en dehors d’Allah sont des serviteurs comme vous. Invoquez-les donc et qu’ils vous répondent, si vous êtes véridiques. Ont-ils des jambes pour marcher ? Ont-ils de mains pour frapper ? Ont-ils des yeux pour observer ? Ont-ils des oreilles pour entendre? Dis : « Invoquez vos associés, puis, rusez contre moi, et ne me donnez pas de répit. Certes mon Maître, c’est Allah Qui a fait descendre le Livre. C’est Lui Qui se charge des vertueux. Et ceux que vous invoquez en dehors de Lui ne sont capables ni de vous secourir, ni de se secourir eux-mêmes. » Et si tu les appelles vers le droit chemin, ils n’entendent pas. Tu les vois qui te regardent, mais ils ne voient pas. (Sourate al-Araf, 194-198)

 Le secours ne peut provenir de personne d’autre en dehors d’Allah. Ni ses parents, ni ses enfants, ni ses amis, dont il suppose l’existence toute sa vie durant ne peuvent aider un individu. Le soutien des amis et de la famille n’est possible qu’avec la volonté et la permission d’Allah. Il n’est même pas possible de marcher, de voir ou de ressentir, ou de survivre, si cela ne relève pas de la volonté d’Allah.

Nous ne devons pas non plus oublier que les choses et les hommes dont certains clament l’existence physique en dehors du monde extérieur, seront retirés à ceux qui défendent un tel point de vue dans l’au-delà. Comme Allah le révèle dans le Coran, chacun sera appelé à rendre des comptes tout seul. L’homme est seul en réalité avec Allah dans ce monde, il sera également seul après la mort pour se justifier de ses actes. Allah affirme dans un verset :

Et vous voici venus à Nous, seuls, tout comme Nous vous avions créés la première fois, abandonnant derrière vos dos tout ce que Nous vous avions accordé. Nous ne vous voyons point accompagnés des intercesseurs que vous prétendiez être des associés. Il y a certainement eu rupture entre vous : ils vous ont abandonnés, ceux que vous prétendiez (être vos intercesseurs). (Sourate al-Anam, 94)

Lorsqu’on regarde un ami, par exemple, tout le monde voit l’image d’un ami qu’Allah crée dans son esprit. Si les nerfs dans le cerveau venaient à être sectionnés, l’image de l’ami disparaîtrait. Seul Allah est le Vivant et l’Eternel. Comment donc, dans ce cas, peut-on s’attacher à une chose, dont on ne pourra jamais atteindre l’original, et qui existe uniquement dans l’esprit ? N’oublions pas que seul Allah doit attirer notre amour et notre soumission.

Objection : « Un individu souhaite que ses êtres chers soient aussi réels et permanents que lui. »

Réponse : D’aucuns opposés à cette question disent : « Une personne veut que ses amis soient aussi réels et permanents qu’elle. Comment peut-il en être autrement ? »

Ce type de déclarations démontre que ces individus n’ont pas compris ce que nous avons expliqué à propos de la nature réelle de la matière ou qu’ils n’y ont pas suffisamment réfléchi. Ceux qui avancent de tels propos ne sont pas « réels et permanents » comme ils croient l’être, alors ils n’ont nulle raison d’attendre de leurs amis d’être réels et permanents. En s’intéressant de près à ce sujet, l’individu comprendra que son propre corps n’est qu’une image diffusée par Allah en son âme.

Quand on sent son corps, la souffrance en se blessant, les besoins physiques élémentaires, on peut effectivement avoir la sensation que le corps a une véritable existence physique. Or le corps n’est qu’une perception, tout comme le reste. Personne ne pourra jamais savoir s’il possède un homologue physique en dehors de sa perception. La douleur qu’on ressent lorsqu’on se blesse le doigt fait également partie des perceptions. De même pour le sentiment de satiété éprouvé après un bon repas. Les signaux artificiels externes au corps humain peuvent également produire les mêmes sensations. Toutefois, personne ne peut être sur de l’existence physique de son propre corps. C’est l’âme accordée à l’homme par Allah qui ressent la douleur ou comprend l’alignement de mots sur une page. C’est pourquoi l’individu lui-même est une manifestation d’Allah. Ces personnes ne sont ni réelles ni permanentes, contrairement à ce qu’elles pensaient.

Objection : « Conclure que l’univers est un ensemble de perceptions revient à abandonner l’étude du fonctionnement de l’univers, autrement dit de la science. »

Réponse : Ce type d’objections est généralement mis en avant par les matérialistes et utilisé pour montrer que ce sujet s’oppose à la science et tend à la réfuter, ce qui est clairement faux.

Allah nous montre les images que nous vivons en nous-mêmes comme si elles étaient unies par un réseau de relations de cause à effet, toutes reliées par des règles. Les images du jour et de la nuit qui naissent dans notre cerveau sont liées au soleil et aux mouvements de la terre. Lorsque l’image du soleil est au zénith, nous savons qu’il est midi et lorsqu’elle décline, nous assistons à la tombée de la nuit. En créant les perceptions ayant trait à l’univers, Allah les créa avec une relation de cause à effet. Nous ne connaissons pas le jour une fois que le soleil est couché. La science est l’observation et l’étude de cette relation de cause à effet créé par Allah dans notre esprit.

Prenons maintenant un autre exemple. Dans l’illusion de notre esprit, chaque fois que nous lâchons un stylo, il tombe à terre. Suite à l’étude de la relation de cause à effet gouvernant ce genre d’occurrences, nous découvrons « la loi de la gravité ». Allah nous présente des images en les reliant à des causes et des règles particulières. La création de ces causes et de ces règles est à attribuer au fait que la vie fut créée comme lieu d’épreuves. La science est le résultat de la recherche consacrée à l’ordre au sein duquel fonctionnent les lois et l’ensemble de perceptions constituant l’univers. C’est pourquoi il est essentiel d’étudier la science, les règles qui semblent gouverner les images extraordinaires créées par Allah.

En conclusion, rien ne justifie l’idée matérialiste selon laquelle le fait d’accepter que la matière est une perception équivaut au rejet de la science. Au contraire, ceux qui sont conscients de la véritable nature de la matière voient dans la science un moyen crucial de comprendre l’ensemble d’images et de secrets relégués en eux.

Cette conception de la science et celle des matérialistes sont relativement différentes. Les lois de la nature découvertes par l’observation de la totalité des images en question sont les lois d’Allah, Qui est l’Auteur de cet ensemble. Du point de vue des matérialistes, qui pensent que la matière a une existence réelle, les lois de la nature découlent de la matière même et sont à l’origine de leurs créations. Face à la vérité, cette perspective s’écroule totalement.

Nous ne devons pas non plus oublier qu’Allah possède le pouvoir de créer toutes ces perceptions sans le besoin d’une cause ou d’une loi. Allah créa ainsi la rose sans avoir besoin de graines, Il créa la pluie sans avoir besoin des nuages, Il créa l’ombre, le jour et la nuit sans avoir besoin du soleil. Allah nous fait ce rappel :

N’as-tu pas vu comment ton Seigneur étend l’ombre ? S’Il avait voulu, certes, Il l’aurait faite immobile. Puis Nous lui fîmes du soleil son indice, puis Nous la saisissons vers Nous avec facilité. Et c’est Lui Qui vous fit de la nuit un vêtement, du sommeil un repos et Qui fit du jour un retour à la vie active. (Sourate al-Furqane, 45-47)

Allah souligne qu’Il créa d’abord l’ombre, puis le soleil pour en faire sa cause. Les rêves sont un exemple qui peuvent nous aider à mieux comprendre cette création. Bien que n’ayant pas d’équivalents matériels, nos rêves nous permettent de percevoir la lumière et la chaleur du soleil. De ce point de vue, les rêves démontrent que les perceptions liées au soleil peuvent tout à fait être créées par notre esprit sans pour autant exister concrètement.

Au cours de cette épreuve, Allah a néanmoins associé à chaque chose une explication. Le jour est à rattacher au soleil, la pluie aux nuages. Ces éléments sont des images créées par Allah de façon individuelle dans notre esprit. En créant la cause avant l’effet, Allah nous pousse à réfléchir au fonctionnement des choses selon des règles spécifiques et nous permet donc d’entreprendre des recherches scientifiques.

Objection : « N’y a-t-il pas une contradiction entre le fait de décrire d’une part l’être d’Allah avec les preuves de Son existence dans la nature et de dire d’autre par que le monde physique (mis en avant comme preuve de son existence) n’existe pas ?

Réponse : Affirmer que le monde physique correspond à un ensemble de perception ne signifie pas que rien n’existe. Toutefois, dire de la matière qu’elle est un ensemble de perceptions ou d’images perçues dans notre cerveau ne revient pas à dire que la matière n’existe pas. Il y a un univers physique, mais il renvoie uniquement à une totalité de perceptions. Tout comme nos rêves, il existe sur le plan perceptif.

L’existence de la matière sur le plan perceptif est une preuve irrévocable de l’existence d’Allah. Dans la mesure où rien de ce qui existe sur le plan perceptif ne peut se créer soi-même, il doit y avoir un Créateur pour animer ces êtres. Donc le fait que l’univers physique ne soit qu’une image est une preuve concrète de l’existence et de l’unicité d’Allah. C’est pourquoi, il n’y a pas de contradiction entre la matière en tant qu’image et les êtres vivants prouvant l’existence d’Allah. Au contraire, l’un est la conséquence logique de l’autre.

Allah créa tout ce qui existe, mais sous la forme d’images. L’examen des propriétés de ces objets-images démontre la supériorité de la création d’Allah, de Son art et Son infinie science. Dire que la matière est un ensemble de perceptions et étudier les propriétés de ces perceptions pour y déceler la grandeur et la puissance d’Allah n’est certainement pas contradictoire.

Certains s’imaginent qu’Allah existe uniquement aussi longtemps que des êtres pensent à Lui (Allah est bien au-dessus de ce qu’ils Lui imputent.) et expriment, par conséquent, un certain nombre d’objections. Or, si Allah le souhaitait Il pourrait éliminer toutes ces images créées par Lui et détruire tout ce qui existe, sans qu’Il ne cesse d’exister, parce qu’Il est infini et intemporel. Plusieurs versets attirent l’attention sur la capacité d’Allah à détruire ce qu’Il souhaite au moment voulu :

S’il voulait, il vous ferait disparaître, ò gens, et en ferait venir d’autres. Car Allah en est très capable. (Sourate an-Nisa’, 133)

O hommes, vous êtes les indigents ayant besoin d’Allah, et c’est Allah, Lui Qui se dispense de tout et Il est le Digne de louange. S’Il voulait, Il vous ferait disparaître, et ferait surgir une nouvelle création. Cela n’est point difficile pour Allah. (Sourate Fatir, 15-17)

Il faut bien souligner que même si Allah détruisait tout ce qui existe, seule Sa propre existence continuerait à compter. Allah existait avant tout le reste et Il continuera à exister même si tout disparaît, comme le révèle ce verset :

Tout ce qui est sur elle doit disparaître, seule subsistera la face de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse. (Sourate ar-Rahman, 26-27)

Objection : « Si nous acceptons cette explication, il ne peut donc pas y avoir de notions de licite et d’illicite. »

Réponse : Il s’agit là d’une idée totalement irréaliste. Le fait que le monde physique se forme dans notre esprit ne nous épargne pas du secret des épreuves. Que la matière existe en tant que perception ou qu’elle existe en dehors de notre esprit n’influe en rien sur ce qu’Allah a interdit ou rendu licite. Allah a notamment interdit la consommation de la viande de porc. Prendre pour prétexte que le porc est seulement une image de l’esprit pour s’autoriser à manger cette viande est une attitude hypocrite et stupide. De même, se permettre de mentir parce que les hommes ne sont que des images ne dénote pas une crainte d’Allah ni la compréhension de la réalité. Les limites, les commandements et les interdictions édictées par Allah doivent être respectées. Notre discussion ne lève aucune interdiction. Il reste de notre devoir de distribuer des aumônes par exemple. Le fait que les aumônes distribuées existent dans l’esprit des destinataires de l’aumône ne nous exempte pas de cette obligation. Allah fit du monde entier un ensemble de perceptions au sein desquelles nous restons responsables d’appliquer la révélation du Coran.

Dans le passé, cette vérité fut déformée de sorte à éliminer les notions de licite et d’illicite. Ce système de croyances distordu a certainement servi à la satisfaction des intérêts personnels de ses inventeurs. Il n’en demeure pas moins que leur conclusion était incorrecte.

En somme, quiconque juge la situation de façon honnête verra clairement que, dans le but de nous éprouver, l’existence de la matière n’est pas nécessaire. Allah créa ces épreuves à l’intérieur d’un monde d’images. Rien ne suggère que la matière doit exister pour que l’individu puisse distinguer le bien du mal, le licite de l’illicite. C’est l’âme qui importe avant tout, car c’est elle qui sera châtiée ou rétribuée dans l’au-delà. C’est pourquoi, le fait que la matière soit une perception dans notre esprit ne doit pas nous empêcher d’agir dans le licite et d’éviter l’illicite tout en obéissant à nos devoirs religieux.

Ceux qui prétendent ne pas être responsables des images, diront lorsqu’ils seront envoyés en enfer qu’ils ne se croyaient pas responsables. Ils comprendront alors que l’enfer est une image, tout comme le monde en est une, mais il sera alors trop tard, car ils subiront les tourments de l’enfer à jamais.

Objection : « Tout le monde dit que les feuilles de l’arbre sont vertes. Puisque tout le monde décrit l’arbre de la même manière, cela signifie qu’il n’existe pas seulement dans mon esprit. »

Réponse : Ce que les autres autour de nous considèrent vert, nous aussi le considérons vert. Cependant, la couleur qu’ils appellent le vert est-elle le même vert que nous voyons dans notre cerveau ou font-ils référence à ce que nous voyons en bleu et le qualifient-ils de vert ? Il n’y aucun moyen de le savoir. Comme nous l’avons déjà vu, il n’y a pas de couleurs en dehors de notre esprit. Il s’agit d’ondes de lumières de longueur différentes et que notre cerveau les traite en couleurs. Les couleurs se forment ainsi en nous sans que personne n’ait un jour la possibilité de voir la couleur que nous percevons dans notre esprit.

C’est là un sujet qui a été repris par de nombreux philosophes et scientifiques, et ces derniers s’accordent à dire que : « Nous pourrons jamais dire si quelqu’un d’autre voit la rose que nous voyons du même rouge que nous, ou si ce que nous considérons comme étant bleu n’est pas rouge. » Cela s’applique aux perceptions et pas seulement aux couleurs. Daniel Dennett, par exemple, exprima ses pensées et son intérêt pour cette question :

Locke en discuta dans son Essai concernant l’entendement humain (1690) et nombre de mes étudiants me disent qu’étant enfants, ils buttèrent sur la même idée et étaient fascinés. L’idée semble être transparente et saine :

« Il y a les manières dont les choses paraissent à mes yeux, sonnent à mes oreilles, sentent, etc. Ceci est évident. Je me demande pourtant si les choses m’apparaissent la même manière que chez les autres. »

Les philosophes ont composé de nombreuses variations sur ce thème, mais la version classique est la version interpersonnelle : Comment sais-je que vous et moi voyons la même couleur subjective lorsque nous regardons quelque chose ? Puisque nous avons tous deux appris les mots désignant les couleurs avec des objets publics de couleur, notre comportement verbal concordera même si nous vivons des couleurs subjectives totalement différentes – même si le rouge qui m’apparaît s’assimile à du vert chez vous, par exemple. »54

Drew Westen, professeur en psychologie à l’Université d’Harvard, dit que du point de vue scientifique, nous ne pourrons jamais savoir si quelqu’un perçoit une rose de la même manière que nous:

Si la perception est un processus constructif, créatif, dans quelle mesure, les gens perçoivent-ils le monde de la même manière ? Le rouge apparaît-il à l’un tel qu’il l’est pour l’autre ? Si un individu aime l’ail et l’autre le déteste, les deux aiment-ils et détestent-ils le même goût, ou l’ail a-t-il un goût différent pour chacun d’eux ? La nature constructive soulève la tout autant intrigante question de savoir si, ou dans quelle mesure, les gens voient le monde tel qu’il est réellement. Platon arguait que ce nous percevons est légèrement plus que des ombres sur les parois d’une caverne, projeté par le mouvement d’une réalité invisible sous la lumière faible. Que signifie de dire qu’une tasse de café est chaude ? Que l’herbe est verte ? L’individu incapable de percevoir la couleur verte, dont le système visuel n’a pas la capacité de discriminer certaines longueurs d’ondes de la lumière, ne verra pas l’herbe verte. Est-ce que le vert est alors un attribut de l’objet (l’herbe), du percepteur ou d’une certaine interaction entre l’observateur et l’observé ? Ce sont des questions philosophiques au cœur de la sensation et de la perception.55

Partager les mêmes définitions ou donner les mêmes noms aux couleurs ne garantit pas que nous voyions les mêmes choses. Comparer les perceptions entre les individus est absolument impossible parce que chacun voit un monde distinct dans son cerveau qui lui appartient à lui seul.

Objection : « Je suis dans un jardin avec deux amis. Nous trois voyons exactement les mêmes choses. Si ce que chacun d’entre nous voit dans son esprit est identique, alors cela signifie que des originaux doivent exister en dehors de nos esprits. »

Réponse : De voir les mêmes choses ne confirme pas l’existence d’un homologue physique de ce qui est perçu. Et ce parce que vous voyez également vos compagnons dans votre esprit. Supposons par exemple que vous et vos amis, vous vous promenez dans un verger. Les pommes, les abricots, les fleurs colorées, le gazouillis des oiseaux, la chaude brise et les odeurs des fruits et des fleurs se forment dans votre esprit. Il en est de même pour vos amis et les choses dont vous parlez. En d’autres termes, Pour reprendre le tout, vos amis marchent dans un jardin que vous voyez dans votre esprit, et non dans le monde extérieur. Par conséquent, le fait que vos amis voient les mêmes choses que vous ne signifie pas l’existence de contreparties physiques dans tout ce que vous voyez.

Au cours d’un match de foot, des milliers de personnes présentes dans le stade voient le but et réagissent en même temps. Cela ne prouve pas pour autant l’existence physique du stade, des joueurs, de l’arbitre, ni des milliers de spectateurs dans les tribunes. Les joueurs, les fans, les encouragements et tout ce que vous voyez apparaissent dans votre cerveau. Le joueur qui marque un but et les supporteurs qui se réjouissent sont en vous. Vous encouragez et vous applaudissez avec la foule qui est dans votre cerveau. Même si ceux qui vous entourent confirment ce que vous percevez dans votre cerveau, cela n’indique en rien que ce que vous voyez à une contrepartie physique dans le monde extérieur. Peu importe leur nombre, les individus qui sont à vos côtés sont en réalité dans votre cerveau.

Objection : « Nous percevons le monde extérieur tel qu’il est réellement, puisque notre comportement concorde avec cette réalité. Ainsi lorsque nous sommes au bord d’un ravin, nous nous arrêtons au lieu de continuer à marcher dans le vide. »

Réponse : Cette objection traduit la confusion de son auteur. Cette objection découle du postulat suivant : « Il existe un monde physique en dehors. Cependant, tout le monde voit le monde différemment dans son esprit. » Cet individu s’imagine qu’il désapprouve ce postulat en disant : « Il existe une réalité matérielle en dehors. Nous la voyons telle qu’elle est. Personne ne la voit différemment. La preuve en est que nous voyons le ravin tel qu’il et cessons par conséquent d’avancer. »

Or, le point discuté ici est très différent de ce que suppose cet individu. Un cas dit : « Il existe un monde extérieur, mais nous voyons ce monde différemment de ce qu’il est réellement. » Et l’autre dit : « Nous percevons tout ce que nous vivons dans notre esprit, sans que nous puissions jamais entrer en contact direct avec une sorte quelconque d’entité indépendante originale. C’est pour cette raison que nous ne pourrons jamais savoir si ces originaux existent dans le monde extérieur ou pas. »

Ne pas se jeter dans le vide une fois arrivé au bord d’une falaise ne sous-entend pas que nous voyons le monde extérieur tel qu’il est réellement. Lorsque nous marchons droit et nous nous arrêtons au bord d’un ravin, nous marchons sur un chemin dessiné dans notre cerveau et voyons le bord de la falaise dans notre cerveau. Même si nous chutons du bord de la falaise, notre perception reste cantonnée à notre cerveau. C’est précisément le même phénomène qui se produit quand une voiture heurte quelqu’un ou quand un chien nous mord. La douleur des blessures ou des os brisés suite à la chute se ressent dans notre cerveau.

Objection : « Il ne fait pas de doute qu’Allah nous montre ces images afin de nous éprouver. Mais pourquoi Allah, le créateur de toutes les actions, nous soumet-Il à une telle épreuve ? »

Réponse :Allah n’a naturellement pas besoin de tester les hommes pour voir de quoi ils sont capables, puisque c’est Lui qui crée tous les événements, les dates et les lieux. Allah n’a pas de contraintes de temps ou d’espace. Ce qui constitue pour nous le passé et le futur s’est déjà produit en un instant à Ses yeux. Allah nous soumet néanmoins à ces tests afin que les hommes puissent témoigner de leur propre comportement et comprendre pourquoi ils termineront soit au paradis soit en enfer. Le croyant qui sait qu’Allah est son Ami infiniment juste, compatissant et affectueux, acceptera cette création de Sa part.

Allah nous montre des choses qui se sont déjà produites auprès de Lui. Il donne aux hommes le sentiment qu’ils sont autonomes, qu’ils disposent d’un libre-arbitre. Dans ce cadre-là, Il annonce à travers le Coran que nous sommes responsables de tout ce qu’Il révèle. Cette responsabilité consiste à obéir à tous les commandements de notre Seigneur. Nous pouvons en apprendre davantage seulement s’Il l’autorise. Par Sa volonté, Allah peut ainsi révéler ce secret et cette sagesse soit dans ce monde, soit dans l’au-delà. Ou S’il souhait, jamais :

Et, de Sa science, ils n’embrassent que ce qu’Il veut. (Sourate al-Baqarah, 255)

Peu importe les situations, Allah est notre Seigneur et Protecteur. Il est donc de notre devoir de placer notre confiance en Lui, Auteur de tant de bienfaits et de se montrer satisfait de tout ce qu’Il crée.

Dans le passé, certains ont compris la vérité à propos de l’essence de la matière, mais ont produit des idées déviantes parce que leur foi en Allah et leur entendement du Coran étaient faibles. Ils ont ainsi énoncé que dans la mesure où tout n’était qu’illusion, le culte religieux était inutile. Certes tout n’est qu’une image présentée par Allah. Il est vrai par ailleurs qu’Allah nous oblige à obéir au Coran. Notre devoir est d’appliquer Ses commandements, que notre vie soit faite d’images ou non.

Dans le Coran, Allah souligne le manque d’informations fournies à propos de l’âme. Allah fit de cette image une épreuve dans un but donné :

Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants. (Sourate al-Baqarah, 155)

Certes vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes; et certes vous entendrez de la part de ceux à qui le Livre a été donné avant vous, et de la part des associateurs, beaucoup de propos désagréables. Mais si vous êtes endurants et pieux… voilà bien la meilleure résolution à prendre. (Sourate al-Imran, 186)

Cette épreuve dénote une grande sagesse. Nous sommes éprouvés afin de déterminer si nous irons au paradis ou en enfer pour l’éternité. La sagesse vient de la capacité des hommes à témoigner de leurs faits et gestes au cours de leur vie et à comprendre pourquoi la teneur morale de leur mode de vie les guidera en enfer ou au paradis le jour du jugement. Mais Allah est plus savant. Tout ce que nous pouvons faire est de prier qu’Il nous révèle Sa science.

Objection : « D’après ce que nous avons vu jusqu’à présent, notre perception se poursuivra même après la mort. Durera-t-elle éternellement ? Le paradis et l’enfer sont-ils également un ensemble de perceptions ? »

Réponse : Allah créa les hommes de sorte qu’ils ne peuvent percevoir le monde qu’au moyen d’images présentées à leur âme. En d’autres termes, nous pouvons seulement voir les images qui nous présentées dans nos cerveaux et ne pouvons aucunement voir ni toucher ce qu’il y a à l’extérieur. Cependant, après la mort Allah créera l’individu sous une forme différente. Cette création sera également sous forme d’image, c’est-à-dire que nous verrons une image du paradis toujours dans notre cerveau, bien que nous ne puissions jamais savoir comment cette nouvelle création sera.

Néanmoins, le fait que le paradis et l’enfer soient ressentis comme des perceptions n’affecte en rien la jouissance tirée de l’un, ni la souffrance infligée dans l’autre. Tout comme nous éprouvons de la douleur lorsque nous nous brûlons la main, nous ressentirons pleinement la réalité des perceptions dans l’au-delà. Les impressions de douleurs, par exemple, ont été créées de manière à les rendre tout à fait réalistes, comme les autres perceptions. La violence d’une douleur peut même provoquer la perte de connaissance. Certaines images rendent certaines personnes mal à l’aise, même s’il ne s’agit que de perceptions dans le cerveau. Qu’une odeur, un son ou une vision désagréable soient perçus dans l’esprit n’ôte rien à l’inconfort qu’ils provoquent chez l’individu. Par conséquent, même si l’enfer sera présenté à l’âme comme une perception, cela n’allège en rien les tourments qui y seront affligés. Allah crée la vie dans ce monde de façon si claire et convaincante que les hommes la prennent pour une « réalité définitive », aussi a-t-Il le pouvoir d’en faire autant dans l’au-delà. Allah révèle dans plusieurs versets que les châtiments de l’enfer seront extrêmement pénibles :

Mon châtiment est certes le châtiment douloureux. (Sourate al-Hijr, 50)

Nous ferons certes goûter à ceux qui ne croient pas un dur châtiment, et les rétribuerons certes d’une punition pire que leurs méfaits. Ainsi, la rétribution des ennemis d’Allah sera le feu où ils auront une demeure éternelle, comme punition pour avoir nié Nos versets. (Sourate Fussilat, 27-28)

Il en va de même pour le paradis. Tout ce qu’une personne apprécie et tout ce qui lui procure du plaisir se définit par une perception formée dans le cerveau. Une discussion plaisante avec son meilleur ami est une réalité qui se produit dans le cerveau. Admirer le paysage d’une magnifique coulée d’eau ou écouter le bruit de l’eau qui coule font partie des visions et des sons inscrits dans notre esprit. Cela ne nous empêche pas pourtant d’apprécier ce que nous voyons ou entendons. C’est pourquoi Allah révèle dans le Coran que le paradis représente la réussite suprême où tout ce que désire l’âme sera exaucé :

Mais quant à ceux qui craignent leur Seigneur, ils auront des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement, un lieu d’accueil de la part d’Allah. Et ce qu’il y a auprès d’Allah est meilleur, pour les pieux. (Sourate al-Imran, 198)

Leur Seigneur leur annonce de Sa part, miséricorde et agrément et des jardins où il y aura pour eux un délice permanent, où ils demeureront éternellement. Certes il y a auprès d’Allah une énorme récompense (Sourate at-Tawbah, 21-22)

Quant à celui dont la balance sera lourde, il sera dans une vie agréable. (Sourate al-Qari’a, 6-7)

En outre, de savoir qu’Allah est Celui Qui lui autorise à voir ces agréables images augmentera son plaisir. Si un individu cueille dans un arbre une pomme d’une forme agréable et d’une odeur prometteuse et se rappelle d’attribuer cette odeur et cette forme à Allah, il tirera davantage de plaisir dans cette image que les autres. Allah préparera des images différentes du paradis pour chaque croyant, car chacun y obtiendra tout ce à quoi son âme aspire le plus. Dans ce monde et dans l’au-delà, le seul Ami, Protecteur et Créateur de l’homme est Allah. Tous les prophètes, apôtres, pieux croyants, houris et autres qu’il verra à ses côtés au paradis sont des êtres qui constituent la manifestation la plus claire de l’amitié, de l’amour et de la proximité d’Allah.

Il est assez évident qu’Allah nous permet de recevoir la totalité de ces perceptions tout au long de notre vie. La personne honnête qui s’en rend compte ne doute pas de Sa justice, ni de Sa parfaite création. Allah fit également de l’enfer et du paradis des perceptions, sans altérer la promesse qu’Il fait dans le Coran. Si le paradis offre aux hommes les plus grandes joies et les plus grands plaisirs, l’enfer infligera les plus terribles souffrances à ceux qui le méritent pour l’éternité.

Ce sont ceux-là dont Nous acceptons le meilleur de ce qu’ils œuvrent et passons sur leurs méfaits. Ils seront parmi les gens du paradis, selon la promesse véridique qui leur était faite. (Sourate al-Ahqaf, 16)

Comme l’indiquent ces versets, le paradis existe en cet instant précis auprès d’Allah. Il créa le paradis et l’enfer et les deux existent à Ses yeux.

Objection : « Ne pourrons-nous jamais expérimenter l’existence absolue ? De savoir que je n’existe que dans un monde de perceptions me gène. »

Réponse : Seul Allah existe dans l’absolu. Tout le reste est une manifestation d’Allah. Les hommes supposent généralement qu’ils existent physiquement et qu’Allah s’infiltre en eux, un peu comme des ondes radio. (Allah est bien au-dessus de ce qu’ils Lui imputent.) La vérité est tout à fait l’opposé. Seul Allah existe. Nous ne devons pas nous laisser tromper par le fait que nous ne pouvons pas voir directement Son être. Où qu’on se tourne, tout ce qu’on voit est la manifestation d’Allah.

Par ailleurs, au lieu de gêner, ce fait devrait contribuer au bonheur de quiconque croit en Allah. Qu’Allah soit tout ce qui existe et que nous, Ses serviteurs, soyons des illusions représente un grand honneur. Cet état de fait devrait être source de réjouissance et multiplier la crainte que nous éprouvons pour notre Seigneur ainsi que notre soumission à Son infini pouvoir.

Conscients de cette réalité, les hommes se libéreront naturellement de leurs désirs terrestres et pourront adorer Allah sans Lui attribuer de partenaires. Il suffit de dire : « Autre chose doit exister en dehors d’Allah » pour Lui attribuer un égal et pour laisser entendre qu’il y a un autre pouvoir en dehors d’Allah. Or, ce ne peut être le cas pour un véritable croyant. Ce dernier ne craint rien ni personne si ce n’est Allah. S’il se trouve en présence d’une force ou d’un pouvoir, il sait que ceux-ci appartiennent à Allah. Ainsi quand le médecin soigne sa maladie, il loue Allah parce qu’Il est Celui Qui permit le rétablissement. Il sait donc que le médecin n’est qu’un intermédiaire.

Il ne faut jamais oublier qu’Allah crée toujours ce qu’il y a de plus beau et de meilleur. Dans un verset, il est dit :

Retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée. (Sourate al-Fajr, 28)

Le croyant se rapproche d’Allah en se montrant toujours satisfait de chaque situation qu’Il crée. La lecture du Coran se fait en s’imprégnant de cette vérité afin d’en apprécier toute la sagesse.

Il est vrai cependant que ceux qui ne croient pas en Allah, qui sont pris dans le piège de leurs passions terrestres, qui n’ont aucun espoir quant à l’au-delà, et qui défendent des points de vue matérialistes se sentent terriblement mal à l’aise dans cette situation. Quelle déception et quel choc d’apprendre que tout ce qu’ils désirent, que tous les individus auxquels ils attribuent une existence absolue ne sont en réalité que des illusions. Une fois qu’ils auront compris la vérité, ils verront donc qu’ils ont passé leur vie à courir après des illusions et qu’ils se sont épuisés en vain. Ils comprendront que leur énergie fut gaspillée dans la négation de la vérité. Quels ne seront pas alors leur regret et leur humiliation !

Ils souffriront d’une profonde déception dans l’au-delà pour avoir imaginé que toutes ces illusions étaient réelles.

Ce sont ceux-là qui ont causé la perte de leurs propres âmes. Et leurs inventions se sont éloignées d’eux. Ce sont eux, infailliblement, qui dans l’au-delà seront les plus grands perdants. (Sourate Hud, 21-22)

Or le fait que tout est une illusion, qu’Allah est tout ce qui existe véritablement devrait susciter une grande joie chez quiconque accepte Allah comme sont seul Ami et Protecteur et L’aime de façon authentique.

Objection : « Le néant correspond-t-il à fin de ce monde ? Les hommes peuvent-ils survivre au néant ? »

Réponse : L’une des choses qui empêchent les hommes de réfléchir à ce sujet est leur crainte de se retrouver dans le néant complet. En réfléchissant à ce que cela implique, ils se rendent compte que ce qu’ils pensent toucher n’est rien en réalité. Cependant, rien, en dehors de la volonté d’Allah, ne peut faire disparaître les épreuves créées par Allah dans ce monde. Elles continueront à nous être imposées jusqu’au moment de notre mort.

Notre vie est jalonnée d’épreuves et de situations : nous ressentons la solidité de la table, nous voyons notre sang couler, nous rencontrons la douleur, la souffrance, la crainte, la maladie. Le monde de perceptions dans lequel nous vivons ne nous préserve pas des causes à l’origine de ces perceptions. Même lorsque nous mourrons, ce ne sera pas le néant. Comme Allah le révèle dans le Coran, nous entamerons une nouvelle vie dans une dimension différente et dans des conditions autres. Il n’y a aucune raison de croire que nous finirons dans le néant. Puisqu’Allah créa les êtres humains dans cet environnement pour les mettre à l’épreuve, Il continuera à leur fournir des perceptions. C’est ce qu’Il révèle précisément dans le Coran. Au terme de nos perceptions dans ce monde, les perceptions dans l’au-delà prendront le relais, sans que nous n’ayons le sentiment d’être dans le néant.

 Objection : « Celui qui comprend que tout est une illusion continue-t-il à être testé dans ce monde ? »

Réponse : Voilà un sujet très important. Certains suggèrent en effet que l’épreuve cessera quand cette vérité est enfin comprise. Il s’agit là d’une idée malhonnête. Comme nous l’avons déjà souligné à plusieurs reprises auparavant, les épreuves se succèderont tout au long de la vie.

Certes Allah nous fait vivre dans ce monde de perceptions, mais Il relie néanmoins le monde à toutes ses causes et effets. Ainsi, quand nous avons faim, nous mangeons. Nous ne disons pas : « Il s’agit d’une illusion, peu importe. » Si nous ne mangeons pas, nous nous affaiblissons et finissons par mourir d’inanition. Allah peut lever ces causes et ses effets dés qu’Il le souhaite, pour n’importe qui, par n’importe quel moyen. Nous ne pouvons jamais savoir quand et pourquoi Il en décide ainsi. Toujours est-il que la vérité est là : Allah nous enjoint d’obéir au Coran entier et de vivre dans la sphère des causes selon Ses commandements. Allah invite ainsi les hommes à agir dans le bien et à éviter le mal. Il ordonne de protéger la femme et l’enfant sans défense de la cruauté et des souffrances. Allah demande dans le Coran : « Pourquoi ne combattez-vous pas en leur nom ? » Le rejet de ces responsabilités placées sur nos épaules par Allah serait injuste et malhonnête.

Celui qui sait qu’Allah lui montre tout ce qui se produit se sentira redevable pour chaque image qu’il voit. Contrairement à beaucoup de personnes, il essaiera toujours de défendre le bien et d’empêcher le mal. En aucun cas, il ne laissera cette responsabilité à d’autres à travers des excuses du type : « J’ai fait tout ce que j’ai pu, passons à autre chose. » Celui qui est conscient de la véritable situation dira plutôt : « Si Allah me montre cette image, alors Il s’attend à ce que je trouve une solution. C’est ma responsabilité. »

En conclusion, le comportement que nous adoptons doit s’accorder avec les responsabilités définies dans le Coran. Connaître la véritable nature de la matière et parvenir à percevoir le monde sous cet angle renforcera nos efforts vers l’agrément d’Allah et augmentera notre détermination.

Objection : « Est-il vrai qu’Allah est partout ? Sa souveraineté ne repose-t-elle pas dans les cieux ? »

Réponse : La majorité des individus croient en l’existence de leur propre personne, de la matière et du monde qui les entoure. Ils pensent à Allah comme à une illusion qui cerne mystérieusement cette matière existante. (Allah est bien au-dessus de ce qu’ils Lui imputent.) Ou puisqu’ils ne peuvent pas voir Allah avec leurs propres yeux, qu’ils avancent qu’Allah doit être quelque part au-delà de notre regard, dans l’espace ou loin dans le ciel. C’est une énorme erreur.

Allah est partout et pas seulement dans les cieux. Etant le seul être à réellement exister, Allah s’infiltre dans tout l’univers, tous les hommes, tous les endroits. Où que nous nous tournions, la face d’Allah est là. Il est faux selon le Coran de dire que la souveraineté d’Allah repose uniquement dans les cieux, parce qu’Il est partout. Comme nous l’avons vu dans les sections précédentes, dans plusieurs versets du Coran Allah nous rappelle qu’Il est partout, plus proche de nous que notre propre corps et que nous pouvons voir Sa face partout :

…Son Trône déborde les cieux et la terre… (Sourate al-Baqarah, 255)

Mon Seigneur embrasse tout ce que vous œuvrez. (Sourate Hud, 92)

Ces versets soulignent bien qu’Allah ne se limite pas aux cieux. Il est partout. La vérité est transmise par le sens du Coran.

L’explication derrière la matière permettra aux individus de mieux comprendre ces versets. Ceux qui comprennent que la matière n’a pas d’existence absolue comprendront également qu’Allah est partout, qu’Il voit et entend tout à chaque instant, qu’Il est le témoin de tout, qu’Il est plus proche d’eux que leur propre corps et qu’Il entend toute prière qui Lui est adressée.

 Conclusion : L’enfer est la demeure de la dispute

Dans le Coran, Allah attire l’attention à la nature ergoteuse de l’être humain :

Et assurément, Nous avons déployé pour les gens, dans ce Coran, toutes sortes d’exemples. L’homme, cependant, est de tous les êtres le plus grand disputeur. (Sourate al-Kahf, 54)

La plupart des hommes prétendent ne pas comprendre les vérités les plus simples, aussi claires soient-elles, d’autant moins s’ils estiment que ces vérités se heurtent à leurs intérêts personnels. Ils entrent dans des détails inutiles, posent des questions vides ne pouvant jamais conduire à des conclusions définitives et démontrent ainsi une nature ergoteuse. En raison de ce trait de caractère, les hommes au cours de l’histoire ont polémiqué avec tous les prophètes et messagers choisis d’Allah et mis en avant des arguments irréalistes pour s’opposer à la vérité évidente qui leur était présentée. Cette opposition n’était pas motivée par un désir authentique d’apprendre la vérité, mais plutôt par la volonté de soulever des obstacles et ainsi finir par ignorer les faits.

Nous devons néanmoins exclure du lot les individus enquêtant dans le but unique d’apprendre la vérité, de mieux la comprendre et la méditer. Il est, en effet, totalement rationnel de poser des questions sur ce sujet et de s’en référer à ceux pourvus de connaissance en la matière, d’autant plus que la découverte pour la première fois de cette vérité contribue à transformer radicalement la vision du monde. Il est évident que ceux qui posent ces questions dans le but de comprendre sont différents de ceux qui cherchent uniquement à polémiquer. Ces derniers refusent effectivement la vérité et s’adonnent au scepticisme et à la négation.

Allah décrit l’état d’esprit de ce type d’individus :

En disant : « Nos divinités ne sont-elles pas meilleures que Lui ? » Il est clair qu’ils n’ont songé à cette comparaison que pour susciter des controverses, en tant que peuple chicanier. (Sourate az-Zukhruf, 58)

L’un des exemples les plus parlants de l’entêtement des hommes est de Pharaon cité dans le Coran. En dépit de l’explication claire du Prophète Moïse (psl), Pharaon souleva une question dénuée de rapport avec les propos du Prophète :

« Qu’en est-il donc des générations anciennes ? » dit Pharaon. (Sourate Ta-Ha, 51)

Il semble que Pharaon ne posa cette question que dans le but de créer une dispute. Il n’avait aucun désir sincère d’en connaître la réponse. Dans son esprit faible, il s’imaginait que le Prophète Moïse n’allait pas lui répondre. Or, le Prophète comprit immédiatement ce dont il était question et lui apporta cette réponse:

Moïse dit : « La connaissance de leur sort est auprès de mon Seigneur, dans un livre. Mon Seigneur [ne commet] ni erreur ni oubli. » (Sourate Ta-Ha, 52)

Naturellement, la nature ergoteuse et négatrice ne se limite pas à Pharaon et aux autres hauts personnages de l’histoire. Beaucoup sont aujourd’hui prêts à lancer une polémique sur des sujets qui heurtent leurs intérêts, en particulier la religion. Ils se refusent à comprendre que le sujet est évident s’il est traité avec une dose d’honnêteté. Leurs attitudes et leurs questions dénotent précisément le contraire. Les thèmes du destin ou de la nature de la matière en particulier, font partie des sujets que beaucoup préfèrent ignorer. Aussi les questions posées dans ce sens sont motivées par la volonté de se convaincre qu’il ne s’agit pas de la vérité au lieu d’un désir sincère de s’enquérir de la vérité. Qu’est-ce qui transparaît par exemple de ce genre de question : « Si tout n’est qu’images, alors quel est le but d’accomplir les devoirs religieux ? » Ils suggèrent que le fait d’avoir été créé en tant qu’image devrait empêcher l’homme de prier ou le fait que la nourriture n’est qu’une image n’empêche en rien la consommation d’aliments illicites. Leurs intentions se cantonnent au lancer d’objections sans prendre en compte la matière. Leur seule motivation est de refuser la vérité.

En revanche, les croyants reconnaissent immédiatement la vérité lorsqu’ils la voient et s’y conforment. Ils disent : « Nous avons entendu et obéis » comme dans le Coran. En présence de disputeurs, ils fournissent des réponses claires sans tomber dans leur polémique. Allah révéla d’ailleurs la teneur des réponses fournies par les croyants :

Dis : « Discutez-vous avec nous au sujet d’Allah, alors qu’Il est notre Seigneur et le vôtre ? A nous nos actions et à vous les vôtres ! C’est à Lui que nous sommes dévoués. » (Sourate al-Baqarah, 139)

Ceux qui arguent contre les véritables croyants, qui refusent de comprendre qu’Allah est tout ce qui existe réellement et qu’eux-mêmes ils appartiennent à Allah, rejetant ainsi des vérités évidentes et remettant en question l’existence du paradis, de l’enfer, de la compassion d’Allah et Sa justice par des questions illogiques doivent néanmoins comprendre une chose : ils continueront à disputer pour l’éternité en enfer. Les versets du Coran décrivent l’enfer comme un lieu de conflits éternels :

Ils diront, tout en s’y querellant : « Par Allah ! Nous étions certes dans un égarement évident. » (Sourate ash-Shu’ara, 96-97)

Et quand ils se disputeront dans le feu, les faibles diront à ceux qui s’enflaient d’orgueil : « Nous vous avions suivis : pourriez-vous nous préserver d’une partie du feu ? » Et ceux qui s’enflaient d’orgueil diront : « En vérité, nous y voilà tous. » Allah a déjà rendu Son jugement entre les serviteurs. (Sourate Ghafir, 47-48)

Les négateurs continueront à se disputer même au cœur des flammes de l’enfer. Un autre verset fait référence à ceux qui cherchent à provoquer les croyants en ces termes:

Ils dirent : « Seigneur, celui qui nous a préparé cela, ajoute-lui un double châtiment dans le feu. » Et ils dirent : « Pourquoi ne voyons-nous pas des gens que nous comptions parmi les malfaiteurs ? Est-ce que nous les avons raillés ou échappent-ils à nos regards ? » Telles sont en vérité les querelles des gens du feu. (Sourate Sad, 61-64)

Ces âmes en enfer continueront à se disputer en ces lieux sombres et étroits, sous les gourdins de fer et l’eau bouillante qui sera déversée sur eux, quand leur peau fondra à la chaleur des flammes. Ces débats inutiles se poursuivront à jamais et ils n’auront de cesse de se demander pourquoi ils subissent ces tourments. Ils continueront à se brouiller avec Allah et les croyants:

Voici deux clans adverses qui disputaient au sujet de leur Seigneur. A ceux qui ne croient pas, on taillera des vêtements de feu, tandis que sur leurs têtes on versera de l’eau bouillante qui fera fondre ce qui est dans leurs ventres de même que leurs peaux. Et il y aura pour eux des maillets de fer. Toutes les fois qu’ils voudront en sortir, en détresse, on les y remettra : « Goûtez au châtiment de la fournaise. » (Sourate al-Hajj, 19-22)

Cependant, ils ne seront jamais capables d’aboutir à une quelconque décision de ces débats. Ceux qui arguaient à propos de cette vérité dans ce monde et l’ignorèrent continueront même dans les souffrances de l’enfer, dans une profonde tristesse éternelle.

La poursuite de cette polémique entre les compagnons de l’enfer indique que même le fait de voir les feux de l’enfer ne les amènera pas à comprendre la vérité. Ils n’auront de cesse de nier :

Et ils jurent par Allah de toute la force de leurs serments, que s’il leur venait un miracle, ils y croiraient. Dis : « En vérité, les miracles ne dépendent que d’Allah. » Mais qu’est-ce qui vous fait penser que quand cela arrivera, ils n’y croiront pas ? (Sourate al-Anam, 109)

C’est pourquoi nous ne devons pas être surpris si certains refusent d’accepter la vérité à propos de ce que nous avons discuté ici, aussi claire et évident soit-elle. Leur entêtement face à la vérité est une révélation d’Allah.

CONCLUSION : LA VERITE EST INEVITABLE

Un nombre croissant d’individus vient d’accepter cette vérité, ce qui pousse ces gens à remanier leurs idées fondamentales et à avoir foi en Allah. Reconnaître cette vérité leur permet d’aimer et d’obéir aux éléments moraux révélés dans le Coran, tout en les substituant de sentiments négatifs tels que la concurrence, la haine ou l’animosité par des sentiments d’amour, de compassion et d’humilité, plus en accord avec la véritable nature de la matière. Ceux qui se demandent pourquoi il leur a fallu aussi longtemps pour comprendre cette vérité pourtant si évidente font partie de la majorité.

Il est très important que quiconque a conscience de cette vérité la transmette aux autres autour de lui, afin de mettre à leur portée des questions aussi complexes que la destinée, le temps, la mort, la résurrection, le paradis et l’enfer. Cette responsabilité permettra aux autres de comprendre le Coran mieux et plus rapidement, étant un moyen d’accéder plus vite au droit chemin.

Allah a annoncé la bonne nouvelle selon une fois que rien ne Lui est associé, qu’Il est le Seul à être adoré, qu’Il est reconnu comme l’unique divinité et unique pouvoir, alors la moralité du Coran règnera sur terre :

Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Qu’ils M’adorent donc sans rien M’associer, et ceux qui renieront leur foi seront de véritables scélérats ! (Sourate an-Nur, 55)

Pour que la morale coranique prenne le dessus, il faut avant tout que les hommes croient qu’il n’y a pas une autre puissance que celle d’Allah. Les sujets discutés dans ce livre doivent être étudiés en profondeur afin d’éliminer les idées polythéistes comme croire que la matière a une existence absolue en dehors d’Allah, qu’Il peut s’infiltrer dans la matière de façon illusoire, percevoir Allah comme une entité aussi abstraite que l’intelligence, s’imaginer que les êtres humains ont du pouvoir en dehors d’Allah, que les hommes peuvent changer leur destinée s’ils le souhaitent ou que le temps et l’espace sont absolus. Ceux qui s’interrogent sur les raisons de l’importance du thème de la matière et de notre choix à intégrer le sujet dans tous nos livres dans la mesure du possible devraient méditer davantage sur ces questions.

Allah est le seul Etre qui existe de façon absolue. Il voit et entend ce que nous lisons ou pensons de ce livre, ainsi que les secrets de notre cœur. Allah nous entoure par toutes les directions. Allah existe dans l’absolu. Le fait que nous, Ses serviteurs, soyons abstraits est une source de joie et de beauté pour tous ceux qui aiment Allah et savent qu’ils sont Ses serviteurs. Il n’est pas bon pour les musulmans d’essayer d’éviter cette vérité. Les musulmans doivent embrasser cette vérité de tout leur cœur et ne pas se diminuer aux yeux d’Allah en l’ignorant. Allah émet d’ailleurs une mise en garde à l’intention de Ses croyants serviteurs dans le Coran :

Et ne mêlez pas le faux à la vérité. Ne cachez pas sciemment la vérité. (Sourate al-Baqarah, 42)

Nous ne devons pas oublier que la révélation de cette vérité permettra de renverser le matérialisme et contribuera au règne sur terre de la spiritualité et d’une agréable moralité. Les membres des cercles matérialistes qui finissent par comprendre cela sont très gênés par la révélation de cette vérité, aussi recourent-ils à des méthodes ridicules et désespérées pour empêcher sa propagation. Ils savent que cela remettrait totalement en cause la base de leur philosophie. La vérité à propos de la matière est désormais dévoilée de façon claire et ouverte. Cette vérité confinée jusqu’à présent à la sphère de la spéculation philosophique en raison de l’absence de preuves scientifiques est désormais validée par la science. Frederick Vester a compris la dimension véritable de la matière :

Les déclarations de certains penseurs selon lesquelles « l’homme est une image, tout ce qui est vécu est temporaire et trompeur et cet univers est une ombre » semblent être prouvées par la science aujourd’hui.56

Toutes les manipulations matérialistes sont vaines. Désormais cette connaissance peut être communiquée à travers le monde en un clin d’œil. Cette vérité qu’ils ont tenté de cacher aux yeux du monde pendant des centaines d’années est maintenant lue, apprise et expliquée partout, de la Guyane à l’Angleterre, de l’Amérique à l’Indonésie, de Singapour à la Suède et même dans les foyers du matérialisme, en Russie, en Chine, à Cuba et en Albanie. Le matérialisme se désagrège de façon spectaculaire, parce qu’aujourd’hui on se rend compte que nous ne pourrons jamais approcher l’original de la matière. Nous ne pouvons pas savoir non plus si elle existe en dehors de notre esprit. Il est tout à fait illogique d’ériger une philosophie sur une chose que personne ne peut atteindre. Si nous ne pourrons jamais avoir de lien direct avec la matière, alors il ne peut exister de matérialisme.

La nature réelle de la matière, qui rend plus accessible de nombreux signes et sujets dans les versets du Coran, démolit totalement les convictions superstitieuses et anti-religieuses qui font le matérialisme. Il s’agit là d’un aboutissement majeur. Allah affirme dans le Coran :

Bien au contraire, Nous lançons contre le faux la vérité qui le subjugue, et le voilà qui disparaît. Et malheur à vous pour ce que vous attribuez. (Sourate al-Anbiya, 18)

Comme le souligne ce verset, quand la vérité vient remplacer le mensonge, la matière, qui correspond au cerveau du matérialisme, une idéologie fausse, disparaît également. Aucun matérialiste n’a la moindre chance d’empêcher ou de transformer cette conclusion.

LE GRAND EMOI DE CEUX QUI DÉCOUVRENT LA VERITE DE LA MATIERE

Les lettres qui suivent proviennent des personnes qui ont lu « Le secret au-delà de la matière » publié auparavant dans d’autres livres. Ces extraits contiennent uniquement leurs sentiments après avoir appris la vérité.

Quiconque lit ce livre comprendra que la matière n’a pas de signification dans le vrai sens et qu’elle n’est qu’une illusion. Le fait que la matière soit une illusion est si énorme qu’il semble presque impossible de le décrire. Par exemple : pouvez-vous imaginer ce que ressent celui qui meurt puis revient à la vie ? Ou l’ineffable excitation de celui qui vole dans les airs, traverse les murs, est à plusieurs endroits à la fois ? Pourtant cette matière n’est même pas comparable à ces états miraculeux. Le mot extraordinaire est faible en comparaison. Même de dire que c’est extraordinairement étrange et excitant ne suffit pas. Cette manifestation du sens profond et sublime de l’art d’Allah est incomparable. Pourtant je ne comprends pas que quelque chose d’aussi facile à comprendre soit resté caché de l’entendement humain depuis autant d’années. Comment l’humanité n’a-t-elle pas compris ? Ou alors ceux qui avaient compris prirent peur et choisirent de ne le dire à personne ? Je l’ai lu une fois et j’ai immédiatement compris. Tout est parfaitement évident… K. H. G. Francfort

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Nous devons immédiatement partager la vérité avec tout le monde, bien qu’elle représente un choc pour l’entendement humain. Qu’attendons-nous ? N’est-ce pas parfaitement clair ? Nous devons immédiatement mettre en œuvre tous les moyens pour apprendre au monde cette nouvelle. Cette vérité rapprochera les hommes vers Allah. Selon moi, il s’agit d’une vérité qui secouera les fondements même du monde. Je ne trouve pas d’autres mots. Mes respects et puisse Allah vous garder. F. E. Ankara. Turquie

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J’ai pris connaissance du chapitre « Le secret au-delà de la matière » à la fin de Le mensonge de l’évolution. Il y a une chose que je n’ai pas comprise. C’est assez étrange. Qu’est-ce que cette chose, ce moi, en moi ? Quel grand secret est-ce là. Je me demande quand les gens finiront par comprendre. C’est parfaitement clair et il n’y a rien de difficile. Pourquoi nous a-t-il fallu aussi longtemps pour comprendre ? Quand la population entière comprendra, je pense que la science connaîtra de nombreuses révolutions. Je ne sais pas comment qualifier cette situation. J’étais bouleversé, stupéfié. Je remercie Allah, l’admirable. Je comprends maintenant tout et beaucoup mieux. En revanche, il m’est assez difficile d’expliquer aux autres. Certains ne comprennent toujours pas. Ils disent qu’ils sont là devant moi. Pourtant en disant cela, je suis une image dans leur cerveau. Cette personne pense que je suis à l’extérieur. Je me demande comment mieux expliquer mon étonnement. J’attends l’exploration de ce sujet dans votre nouveau livre. Si les exemples sont tirés de la vie quotidienne, ce sera plus simple de présenter les choses aux autres. S. K. Mugla, Turquie

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Cher M. Yahya, j’ai lu « Le secret au-delà de la matière » dans vos livres à plusieurs reprises. Mon opinion est que la matière est définitivement une illusion. Il est miraculeux que la vie soit comme un rêve. Cela m’affecte de la manière la plus extraordinaire. Cependant, l’impression de l’existence de la matière que j’ai, et les sentiments qu’elle inspire en moi sont si convaincants que je vis généralement comme si la matière existait réellement. Pourtant quand je réfléchis dessus un instant, je sais clairement que la matière est juste une illusion. Mais elle est tellement crédible. Je ris de moi-même. Parfois, des choses m’ennuient tellement que je hausse la voix. Je me sens embarrassé lorsque je me rappelle dans mon cerveau l’image de celui/celle contre qui j’ai haussé la voix. Quelle étonnante création nous avons. L’idée que la matière existe est si puissante que personne n’est pas sensibilisé à la question ne s’en douterait jamais. Je regarde parfois le Bosphore. Je me demande combien de temps il faudra pour se rendre sur la côte opposée. J’observe la distance. Ensuite, je réfléchis. Même l’endroit que je crois être le plus loin est en moi, dans mon cerveau, à l’intérieur, comme une image en quelques sortes. L’homme est une créature extraordinaire. Allah l’a créé avec une science si splendide que je ne sais pas exactement comment la décrire ni comment en parler. Laissez-moi dire en tous les cas une chose : je souhaite que vous et votre œuvre trouverez la faveur d’Allah pour nous avoir divulgué un savoir si immense. E. M. Istanbul, Turquie

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J’ai lu votre récit du secret derrière la matière à la fin du Mensonge de l’évolution avec un grand intérêt et une profonde émotion. Dans un premier temps, j’ai compris la théorie, mais ne l’ai pas mise en application. Ensuite, tout s’est soudainement mis en place tandis que je réfléchissais à la question. Je fus emporté par une excitation bouleversante. Je me suis dit : « Mon Allah, c’est une chose étonnante ! » Pareille chose ne m’avait jamais traversé l’esprit. Ils disaient que la vie était comme un rêve. Je pensais qu’il s’agissait simplement d’une métaphore. De tels individus ne l’entendaient pas au sens strict du terme, mais comme un semblant. Qui sait ce qu’ils feraient s’ils savaient que c’était vrai ? C’est une situation extraordinaire. Pourtant tous les lecteurs restent relativement calmes. Je me demande s’ils ont tout à fait compris. Comment peuvent-ils garder leur calme face à une telle découverte ? Je comprends maintenant la mort, l’au-delà, la résurrection, la vie au paradis et tout tellement mieux. Dans le Coran, Allah dit : « Il Nous est aisé de vous créer à nouveau. » Tout se clarifie dans mon esprit. Tout ceux avec qui je discute de ce sujet ont du mal à comprendre. Comment puis-je le leur expliquer simplement et clairement ? D’autres à qui j’ai décrit ma découverte se sont véritablement emballés. Je me demande si j’ai tort d’expliquer de façon aussi directe ? Ne vaudrait-il pas mieux de d’abord expliquer l’amour d’Allah, de rappeler Sa compassion et Sa miséricorde, Sa volonté de faire accéder les hommes à ce qu’il y a de meilleur, de la meilleure façon qui soit ? Qu’en pensez-vous ? S. U. Edirne, Turquie

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Depuis mon enfance, je pensais que la matière était perçue authentiquement et qu’elle existait clairement. Pourtant, depuis l’école primaire, on m’a toujours dit que les sens se forment à l’intérieur du cerveau. Il s’agissait d’un fait que je connaissais très bien. Je l’ai expliqué clairement si souvent pendant les examens de biologie, mais je n’avais encore jamais vu le véritable visage de la matière. Je disais que les images se formaient dans le cerveau, mais que la matière existait loin, en dehors de moi. Elle était là-bas et je la voyais. Ma pensée était confuse :je pensais que l’image que je vois se forme là où se trouvent mes yeux et aussi dans mon cerveau, et que la matière existait de façon absolue, juste là devant moi. En réalité, je n’y avaispas réfléchi trop profondément. Or la matière apparaît en un seul endroit. J’associe cet endroit et la matière. C’est comme si je suis devant un fin rideau, mais celui qui observe n’est pas clair, le néant ou une âme. Pourtant, il y a un pouvoir qui perçoit tout, un néant qui n’occupe aucune place, pourtant une conscience qui perçoit les cinq sens. Comptez-vous écrire un ouvrage plus détaillé sur le sujet ? Par ailleurs, vos livres ne sont pas disponibles dans la province où je vis ? Puis-je en informer les éditeurs ? Avec mes vœux respectueux pour votre succès. Y. C. Kayseri, Turquie

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J’ai expliqué ce sujet à un certain nombre de mes amis. Bien qu’ils soient diplômés d’université, ils sont incapables de concevoir cette vérité. « Cesse donc de dire n’importe quoi ! », me disent-ils. « OK, l’image se forme peut-être dans le cerveau. Mais tu es là juste en face de moi » disent-ils en mettant leurs mains sur mes épaules. Je leur décris comment cette conversation et leur geste se produisent dans le cerveau. Je leur dis même que si les nerfs connectés au cerveau étaient sectionnés, ils seraient incapables de les voir ou les toucher. Ils ne comprennent toujours pas. Cet échec à comprendre s’assimile à « l’émergence d’une vérité métaphysique diagnostique « , parce qu’ils sont incapables de saisir ce concept. Pourtant quand je l’ai expliqué à mon neveu, un élève d’école primaire et il l’a tout de suite compris. Je me demande si leur entendement a délibérément été empêché. Ou s’ils n’ont pas d’identité personnelle. Est-ce possible ? Le Coran parle de ceux dont les yeux et les oreilles sont scellées. Est-il possible que ces personnes n’aient pas la conscience de voir et d’entendre ? Pourriez-vous revenir sur ces questions dans la prochaine édition de votre livre ? Je vous remercie d’avance. E.A. Istanbul, Turquie

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Cher Harun Yahya, j’apprécie particulièrement lire tout ce qui a un trait à la philosophie, aussi j’ai lu Le secret au-delà de la matière avec un grand plaisir. Il a déjà été expliqué à plusieurs reprises dans le passé que la matière est une illusion. Pourtant les hommes n’ont probablement pas eu le temps de considérer les perceptions qui les persuadent que la matière existe, car sinon ils auraient saisi cette vérité évidente. Cependant, aujourd’hui ils ont davantage d’occasions de voir cette vérité. Les études et les recherches portant sur la structure de l’œil, les nerfs véhiculant les images vers l’œil, le centre de vision dans le cerveau et d’autres questions similaires ont rendu cette vérité plus accessible à l’entendement. Par ailleurs, le développement de la physique, des films en trois dimensions, la télévision et la vidéo fournissent des exemples plus probants. Selon moi, ce sujet est amené à prédominer dans le monde au cours de ce siècle. Comme vous le savez, la physique quantique est déjà en train de clamer cette vérité haute et forte. J’imagine que ce serait plus facile si les hommes n’avaient pas tendance à se retirer dans une crainte enfantine de la vérité, et si la douleur de l’anéantissement de l’amour porté à ce monde pouvait être surmontée. Je ne pense que fuir la vérité, enfouir sa tête dans le sable et ignorer les faits soient des attitudes compatibles avec l’honneur humain. Il y a beaucoup d’autres choses que j’aimerais encore dire, mais je ne souhaite pas prendre votre temps. Avec mes meilleurs souhaits, T. E. Richmond.

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Pourquoi la télévision, la radio et les journaux ne nous disent-ils pas que la matière est une illusion ? Cette vérité établie devrait être évaluée par des scientifiques renommés sur les plateaux de télévisions lors d’émissions ou de débats. Je me demande ce que certains trouveraient à y objecter. J’ai entendu des récits de personnes n’ayant pas réussi à comprendre ce concept, et cela m’étonne. Comment un adulte peut-il ne pas comprendre quelque chose d’aussi évident ? Ces quelques individus peuvent se détourner, mais c’est la nation dans son ensemble qui prendra la décision finale. Non seulement la nation apprendra, mais elle verra aussi la logique ou plutôt l’illogisme de ceux qui ne saisissent pas cette vérité. Mon opinion est que le thème est essentiel en Islam. J’espère que cette importance s’accentuera avec le temps… K.I. Samsun, Turquie

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Votre description de la matière m’a profondément affecté. Elle va au-delà des pouvoirs de la raison humaine. il ne s’agit pas d’une chose qui se comprend absolument. C’est étrange d’imaginer que même cette lettre que je vous écris est une image. Une image rencontre une image et elles communiquent. C’est véritablement une situation étonnante. Selon moi, quiconque fait l’effort de lire sur ce sujet comprendra… W. B. F. Angleterre

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Ma perception de la vie a changé depuis que j’ai lu le chapitre, dans votre livre, à propos du secret au-delà de la matière. L’autre jour, par exemple, je me suis mis en colère contre quelqu’un et j’étais sur le point de hausser ma voix d’un ton. Ensuite je me suis rendu compte que tout était limité à mon cerveau. Je me suis alors immédiatement calmé et ma colère s’est dissipée. Cela me paraît comme une vieille femme qui se mettrait en colère contre le méchant dans un film turc. Ces vérités, qui impliquent un changement majeur, doivent être transmises de façon plus large à d’autres communautés et vous devez donc nous fournir un nouveau livre. Si vous décidiez de sortir un nouveau, pourriez-vous m’en informer ? M. V. Aydin, Turquie

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J’ai lu Le secret au-delà de la matière. Est-ce que tout se produit réellement dans mon cerveau? Mon cerveau n’est-il pas lui aussi une image ? C’est ce que je ne parviens pas à comprendre. Les écoles et la télévision devraient enseigner à tout le monde cette découverte. Je voudrais rentrer dans les détails de la matière. Que suggérez-vous ? Je vous serais très reconnaissant de m’aider. K. B. Antalya, Turquie

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Je suis ophtalmologue. L’autre jour, un patient m’a demandé comment on peut voir. Les premières questions étaient techniques, mais ensuite il commença à poser des questions qui titillèrent ma réflexion, du type qui voit les images qui sont le cerveau. J’étais profondément ébranlé. Je crois à l’existence d’Allah et de l’âme, pourtant l’idée d’expliquer l’existence de l’âme de façon si scientifique et claire ne m’a jamais traversé l’esprit, bien que cela corresponde à mon domaine d’expertise. J’ai lu ce que vous avez écrit à propos de la matière sur votre site internet. Existe-t-il d’autres sources ? Ou pouvez-vous nous recommander d’autres livres ? Même s’il s’agirait d’une source étrangère, ce n’est pas un problème. J’estime qu’il s’agit d’un sujet très important, qui vaut la peine d’être étudié et médité. Non seulement ce que j’ai lu permet d’élargir mon horizon, mais en plus cela me pousse à remettre en question beaucoup de choses dans la vie. C’est important. F. N. G. Eskisehir, Turquie

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Hier, j’ai visionné le CD de Le secret au-delà de la matière. J’ai essayé de mieux comprendre et je pense avoir réussi. Pourtant en ce moment, j’éprouve un grand vide, et j’ai des questions auxquelles je souhaite trouver des réponses. S’il vous plait aidez-moi. M. H. Izmir, Turquie

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Lorsque j’ai lu « Le secret au-delà de la matière », j’ai pensé que tout s’inscrivait dans un scénario écrit spécialement pour moi. Je veux dire par là que c’était comme si j’étais dans un film du type Truman Show ou Matrix. Je me sentais comme si je vivais dans une machine spécialement conçue pour moi. Je me suis retrouvé dans une série d’états lorsque j’ai regardé les choses sous cet angle. Vous vous êtes penchés sur la matière de façon plus profonde que quiconque auparavant. E. H. Toronto

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Je viens juste de visionner une partie de la vidéo Le secret au-delà de la matière. Le sujet a été très bien expliqué, bien que je pense qu’il nous faille plus d’exemples lorsqu’on explique la question aux autres. Les exemples du documentaire sont suffisants, mais quelques-uns en plus tirés de la vie quotidienne en particulier, permettraient de faciliter la compréhension et l’explication, si vous considériez la possibilité d’une version ultérieure. Beaucoup de personnes sont incapables de commenter le sujet comme il le faudrait et mettent par conséquent des idées fausses en avant. Afin de mettre un terme à cela, je pense qu’il serait utile que vous ajoutiez aux exemples existants d’autres exemples encore plus simples. S. G. Istanbul, Turquie

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Ma perception du monde matériel et de la vie a changé radicalement. La vie, les gens et les personnes qui m’entourent ne sont plus ce qu’ils étaient. Plus j’en apprends sur les faits, plus je souhaite me détourner de certaines choses. J’ai commencé à regarder en moi et à réfléchir davantage. Je me demande si c’est juste. Mais d’une certaine manière, je me sens plus en paix, plus en sécurité et plus heureux. Ce que les autres font et disent me semblent plus superficiels. Je recherche quelqu’un qui m’écoutera et comprendra ce que je vis. J’espère que, comme toujours, vous m’aiderez sur cette question des plus importantes. Je ne veux pas gaspiller ma vie en vain. K. U. Tekirdag, Turquie

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Commentaires de quelques scientifiques et penseurs interrogés à propos de la nature de la matière

Merci beaucoup pour votre courrier et son contenu des plus intéressants. Je ne suis pas scientifique, mais j’ai trouvé vos questions très intéressantes. Je ne peux pas donner de réponses scientifiques à vos questions, mais je dois dire que j’ai beaucoup appris en les lisant. Merci de m’avoir écrit et je partagerai vos questions avec certains amis appartenant à la sphère des sciences pour voir quelles sont leurs réponses. Meilleurs sentiments et une fois encore merci. Kofi Opoku

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Toutes vos questions et observations sont très perspicaces et ciblées ! Il s’agit bien sûr de vieilles questions, mais à ce jour elles n’ont toujours pas été pleinement résolues. En fait, les neurosciences modernes et la psychologie et même la philosophie seraient plus avancées si les chercheurs étaient aussi soucieux de ces questions que vous l’êtes. Malheureusement, votre question 13 est juste (Question 13 : Certaines personnes ont incroyablement peur lorsque nous soulevons ces questions. Quelle en est la raison selon vous ?) La réponse est que quand vous voyez le monde de façon correcte, la manière dont vous le décrivez, est très effrayante. Mais la vérité mérite toujours d’être dévoilée, aussi effrayante soit-elle. Steve Lehar

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Vous soulevez plusieurs questions intéressantes qui posent problèmes aux philosophes depuis des siècles. Nous pourrions certainement vivre dans un monde virtuel à l’intérieur d’un superordinateur sans jamais connaître la différence, comme dans les films Tron et The Matrix ; mais tant que les lois de la nature, qui pourraient faire partie de la programmation, restent stables et que nous ne les remarquons pas, alors cela ne fait pas de différence. Naturellement, certains ont peur des pensées de ce type parce qu’elles menacent leurs confortables visions du monde. Jon Roland (Président et PDG de Vanguard Research Institute)

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Ils dirent: “Gloire à Toi!

Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous as appris.

Certes c’est Toi l’Omniscient, le Sage.”

(Sourate al-Baqarah, 32)

 

 NOTES

1- Rita Carter, Atlas de Cerveau, Neurosciences du comportement : les nouveaux savoirs et leur conséquences, Editions Autrement, Collection Atlas/Monde, 1999, Paris, p. 107

2- Gregory, Eye and Brain: The Psychology of Seeing, Oxford University Press Inc., New York, 1990, p. 9

3- Hoimar von Ditfurth, Der Geist Fiel Nicht Vom Himmel, p. 256

4- M. Ali Yaz, Sait Aksoy, Physique 3 (Fizik 3), Editions Surat, Istanbul, 1997, p. 3

5- Daniel C Dennett, Brainchildren, Essays on Designing Minds, The MIT Press, Cambridge, 1998, p. 142

6- Daniel C Dennett, Brainchildren, Essays on Designing Minds, p. 142

7- http://www.hhmi.org/senses/a/a110.htm

8- Georges Politzer, Principes Elémentaires de Philosophie, Editions Sociales, Paris, 1954, p. 40

9- http://www.hhmi.org/senses/a/a110.htm

10- Michael I. Posner, Marcus E. Raichle, Images of Mind, Scientific American Library, New York, 1999, p. 88

11- Bertrand Russell, ABC of Relativity, George Allen and Unwin, Londres, 1964, pp. 161-162

12- George Berkeley, A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge, 1710, Works of George Berkeley, vol. I, Editions A. Fraser, Oxford, 1871 p. 35-36

13- Orhan Hançerlioğlu, Düşünce Tarihi, Remzi Kitabevi, İstanbul : 1987, p. 447

14- George Politzer, Principes Fondamentaux de Philosophie, Editions Sociales, Paris, 1954, pp. 38-39-44

15- Rita Carter, Atlas de Cerveau, Neurosciences du comportement : les nouveaux savoirs et leur conséquences, Editions Autrement, Collection Atlas/Monde, 1999, Paris, p. 113

16- Moheïddine Ibn ‘Arabi, Fusus Al-Hikam, p. 220

17- William Kroger, « Clinical and Experimental Hypnosis »,

http://www.lucidexperience.com/HypnoPapers/512.html

18- Dr. Tahir Özakkaş, Gerçeğin Dirilişine Kapı HIPNOZ, « Üst Ultrastabilite », Se-da Yayınları, vol. 1, 1ère Edition, p. 204-205

19- Dr. Tahir Özakkaş, L’ouverture vers l’éveil à la réalité : l’hypnose, « Üst Ultrastabilite », p. 267

20- Terrence Watts, « Abréaction : Abreaction, The psychological phenomena that hypnotherapists either love or hate », http://www.hypnosense.com/abreaction.htm

21- Poul Thorsen, Die Hypnose in Dienste der Menschheit, Bauer-Verlag, Freiburg-Haslach, 1960, p. 52-53

22- René Sudre, Traité de Parapsychologie, Payot, Paris, 1956, p. 341

23- Dr. Recep Doksat, Hipnotizma, p.106-108

24- Daniel C. Dennett, Consciousness Explained, Little, Brown and Company, New York 1991, p. 26-27

25- R. L. Gregory, Eye and Brain: The Psychology of Seeing, p. 9

26- Ken Wilber, Holographic Paradigm and Other Paradoxes, p. 20

27- Bertrand Russell, ABC of Relativity, George Allen and Unwin, Londres, 1964, pp. 161-162

28- Henri Bergson, Matter and Memory, Zone Books, New York, 1991

29- John Horgan, The Undiscovered Mind: How the Human Brain Defies Replication, Medication, and Explanation, New York: Free Press, 1999, p. 258-259

30- John Horgan, The Undiscovered Mind: How the Human Brain Defies Replication, Medication, and Explanation, p. 258-259

31- John Horgan, The Undiscovered Mind: How the Human Brain Defies Replication, Medication, and Explanation, p.229

32- Hoimar von Ditfurth, Der Geist Fiel Nicht Vom Himmel, p. 13

33- William A. Dembski, Converting Matter into Mind, 1998, http://www.arn.org

34- William A. Dembski, Converting Matter into Mind, 1998, http://www.arn.org

35- Cumhuriyet Bilim Teknik Dergisi, 7 juillet 2001, no. 746, p. 18 ; Der Spiegel, 1/2001

36- Ferid Kam, M. Ali Ayni, Ibni Arabi’de Varlık Düşüncesi, p. 37

37- Materyalist Felsefe Sözlüğü, Istanbul, Sosyal Yayınlar, 4. Edition, p. 326

38- V. I. Lenin, Matérialisme et empiriocriticisme, Progress Publishers, Moscou, 1970, p.334-335

39- Lincoln Barnett, The Universe and Dr. Einstein, William Sloane Associate, New York, 1948, p. 84

40- Tim Folger, « From Here to Eternity », Discover, Décembre 2000, p. 54

41- Tim Folger, « From Here to Eternity », Discover, Décembre 2000, p. 54

42- François Jacob, Le jeu des possibles, University of Washington Press, 1982, p. 111

43- Lincoln Barnett, The Universe and Dr. Einstein, William Sloane Associate, New York, 1948, p. 52-53

44- Lincoln Barnett, The Universe and Dr. Einstein, William Sloane Associate, New York, 1948, p. 17

45- Paul Strathern, The Big Idea: Einstein and Relativity, Arrow Books, 1997, p. 57

46- İmam Rabbani, Letters of Rabbani, vol II, 357. Letter, p. 163

47- İmam Rabbani, Letters of Rabbani, vol II, 470. Letter, p. 1432

48- Moheïddine Ibn ‘Arabi, Fusus Al-Hikam, p. 117-118

49- Moheïddine Ibn ‘Arabi, Fusus Al-Hikam, p. 120-122

50- İmam Rabbani, Letters of Rabbani, vol. II, 480. Letter, p. 543, 545

51- İmam Rabbani, Letters of Rabbani, vol. II, 470. Letter, p. 517-518

52- Bertrand Russell, The Problems of Philosophy, 1912, p. 5

53- Robert Lawrence Kuhn, Closer To Truth, Mc Graw-Hill, New York, 2000, p. 8

54- Daniel Dennett, Consciousness Explained, p. 389

55- Drew Westen, Psychology; Mind, Brain and Culture, John Wiley & Sons, Inc, New York 1996, p. 118

56- Frederick Vester, Denken, Lernen, Vergessen, vga, 1978, p. 6