Franc-Maçonnerie en Terres d’Islam : Aperçu historique

TRAITRE VMON GRAIN DE SEL :

Au sujet de cet article, voir la FETWA ( lien ci-dessous) concernant la franc maçonnerie.

https://blideodz.wordpress.com/2016/04/10/lislam-et-la-franc-maconnerie-fatwa-concernant-lappartenance-au-mouvement-franc-macon/

Franc-Maçonnerie en Terres d’Islam :           Aperçu historique

Le texte que nous vous présentons ici est un extrait de l’ouvrage  « Islam et Franc-Maçonnerie, Traditions ésotériques »,   de Jean-Marc Aractingi et Christian Lochon paru chez Edilivres en 2014.  Jean-Marc Aractingi est Grand Maître Mondial du Grand Orient Arabe Œcuménique (G.O.A.O) et Commandeur de l’Ordre de La Fayette. Cet ouvrage a la vertu d’être très documenté et de venir combler un vide. Il permet de ce fait d’apporter des éléments de réponse à un questionnement : après plusieurs siècles d’incessantes interactions entre l’Orient et l’Occident, qu’il s’agisse de l’empire Ottoman, des croisades ou de la colonisation, quelle forme a pris la rencontre des cultures et quel impact cette rencontre a-t-il eu sur les traditions initiatiques ? Dans cet extrait, l’aventure commence en Turquie, en 1909.

En Turquie

L’année 1909 marque le commencement d’une franc-maçonnerie indépendante en Turquie

En effet, dès que le Sultan Rouge Abdel Hamid fut renversé en 1909, la maçonnerie en a profité pour créer le Grand Orient de l’Empire Ottoman. Ce dernier allait initier les grandes personnalités de l’Etat (Premiers ministres, ministres, hauts fonctionnaires comme Mehmet Talaat Pacha qui fut Grand Maître, Reza Tevfik, premier ministre et Cavit Bey, ministre des finances…).

La Franc-Maçonnerie turque de 1923 à nos jours

En 1923, Ataturk fonde la République de Turquie. Il fut initié dans la loge italienne à Salonique Risorta Veritas. Ses amis les plus proches, dont son médecin personnel, étaient des francs-maçons.

Il donna à la franc-maçonnerie turque une dimension internationale en favorisant la tenue à Istanbul du Congrès de l’Association Maçonnique Internationale avec la participation de maçons éminents tel Arthur Groussier, représentant le Grand Orient de France.

Mais à l’aube de la seconde guerre mondiale, en Turquie à l’instar d’autres pays européens, la franc-maçonnerie fut interdite.

On imposa au Grand Orient de Turquie de proclamer de lui-même qu’il cesserait toute activité maçonnique. Cette mise en sommeil forcée allait durer 13 ans, jusqu’en 1948.

Mais quelques frères maçons continuèrent à se réunir dans la clandestinité sous forme d’une association composée de 5 loges, l’Association des Maçons de Turquie, qui adoptera en 1955 le nom de Grande Loge des Francs-Maçons anciens et Acceptés de Turquie.

A la fin de la seconde guerre mondiale, le Suprême Conseil de Turquie demandera officiellement au gouvernement de l’époque de réautoriser la maçonnerie dans le pays. Ce dernier voulant prendre place dans un monde de liberté accorda son accord sans difficulté.

Le Grand Orient de Turquie changea de nom pour devenir la Grande Loge de Turquie, avec de nombreuses nouvelles loges. Les années 1950-1960 furent l’âge d’or de la franc-maçonnerie turque où plusieurs ministres appartinrent à la Grande Loge.

L’Affaire Demirel  va diviser la Franc-maçonnerie turque

Suleiman Demirel, franc-maçon qui deviendra le Président de la République de 1991 à 1999, voulait tenter sa chance en prenant la direction du puissant Parti de la Justice.

Or ses adversaires politiques découvrirent son appartenance à la franc-maçonnerie, considérée comme un crime de lèse-majesté.

Pour éviter cet obstacle, Démirel a pu obtenir par écrit de la Grande Loge qu’il n’a jamais été reçu franc-maçon.

Cette affaire des « faux documents » divisera les frères. Beaucoup d’entre eux dénonçant le manque de respect des dignitaires de l’Ordre, à l’égard des principes d’honnêteté et de droiture sur lesquels reposent les traditions maçonniques.

Devant l’ampleur du mouvement, le Suprême Conseil se sépare de la Grande Loge des Francs-Maçons Anciens Libres et Acceptés de Turquie et entraîne en 1966 la création d’une nouvelle Obédience la Grande Loge Libérale de Turquie, qui établit des relations avec le Grand Orient de France et de la Grande Loge de France, alors que l’Obédience d’origine obtient en 1970 la reconnaissance de la Grande Loge Unie d’Angleterre et deviendra ainsi « régulière ».

En 1991, une  Grande Loge Féminine est constituée.

Actuellement le paysage maçonnique turc se compose de trois Obédiences avec pour effectifs :

  • La Grande Loge des Maçons Libres et Acceptés : 12000 frères
  • La Grande Loge Libérale de Turquie avec 3500 frères
  • La Grande Loge Féminine de Turquie avec 1200 sœurs.

En Egypte

Une  première loge maçonnique voit le jour à Alexandrie en 1748, mais c’est avec l’expédition de Bonaparte que la franc-maçonnerie égyptienne va se développer. La loge EgypteIsis, qui travaillait au rite de Memphis a eu comme Vénérable le Général Kléber.

En 1830, des francs-maçons italiens résidents à Alexandrie formeront la loge Carbonari, suivi d’une autre loge Ménès, qui a eu comme Vénérable un membre très actif, le frère Samuel Honis, qui introduisit par la suite le rite égyptien en France.

Il avait fondé plusieurs loges à travers l’Égypte (Alexandrie, Port Saïd, Suez, le Caire…). Parmi ces loges on peut retenir la loge Al Ahram ou Les Pyramides à l’Orient d’Alexandrie et qui initia l’Émir Abdelkader ainsi que Salvatore Zola qui deviendra par la suite le Grand Maître du Grand Orient d’Égypte.

En 1867 un Grand Orient d’Égypte au rite de Memphis fut fondé. Il était dirigé par le Marquis de Beauregard.

Le prince Halim Pacha, fils de Mehmet Ali, Vice-Roi d’Egypte, considéré comme le vrai fondateur de l’Égypte moderne et qui succéda à son père à la tête du pays, devint le Grand Maître.

Le 21 Mars 1873, les différentes loges fonctionnant en Égypte s’unissaient à Alexandrie pour former la Grande Loge Nationale d’Égypte et le 5 Mars 1878 son siège fut transféré au Caire, mettant fin à l’état d’anarchie existant dans la maçonnerie égyptienne.

Le Vice-Roi (Khédive) Tawfiq Pacha fut élu Grand Maître en 1881 et un grand nombre de personnalités égyptiennes, tel que Jamal El Dinn el Afghani, le grand érudit islamique et réformateurs, rejoignirent les ateliers maçonniques qui se sont multipliés au point qu’on en comptait plus de 500 travaillant en anglais, français, grec, hébreu et italien, en plus de l’arabe.

Al Afghani et son disciple Mohammed Abdou s’adressèrent à leurs camarades dans les cercles libéraux de l’Égypte comme « Ikhwan al Safa wa khullan al wafd » (sincères frères et fidèles compagnons).

En 1890 Tawfik pacha démissionna de son poste et c’est Idris Bey Raghib qui fut élu Grand Maître. Fils d’un ancien Premier Ministre d’Égypte, Idris Bey était très riche, il avait fondé le parti politique Al Fatah (Jeune Égypte), qui n’a aucun rapport avec le Fatah d’aujourd’hui.

Idris Ragheb a consacré toute sa fortune pour faire avancer la cause de la franc-maçonnerie en Egypte.

La franc-maçonnerie égyptienne fut florissante durant la période où il était Grand Maître.

C’est le Prince Mohammed Ali, fils du Khédige Tawfik qui succèdera à Idriss Ragheb à la tête de la Grande Loge Nationale d’Égypte.

Mais ce dernier contesta cette décision de la Grande Loge et fonda avec d’autres frères une Grande Loge concurrente.

Ce conflit entre deux puissances maçonniques aboutit au retrait de la reconnaissance par les Grandes Loges d’Angleterre et d’Écosse.

Finalement une solution fut trouvée sous l’égide du Grand Orient de France et une nouvelle Grande loge Nationale d’Égypte fut fondée en 1932, avec Abdel Meguid Younis comme Grand Maître.

Dans les années 1930 à 1952, sous le règne de Fouad 1er et du Roi Farouk, la Grande Loge d’Égypte était très active. A sa tête se trouvait le Grand Maître Ahmed Maher Pacha, Premier Ministre. Mohammed Rifaat Bey était Grand Secrétaire, il a œuvré sans cesse pour la cause maçonnique, aussi bien en Égypte que dans d’autres pays arabes, particulièrement la Syrie et le Liban. C’est ainsi que plusieurs loges régionales furent créées pour le 18ème degré, puis ces Loges ont réussi enfin à constituer une Autorité maçonnique indépendante baptisée Grande Loge de Syrie, en référence à la Grande Loge d’Égypte, sous l’égide de laquelle elle travaillait.

Suite au renversement de la monarchie en 1952, puis l’accession au pouvoir de Nasser qui aurait appartenu à la franc-maçonnerie en fondant une Obédience appelée Vallée du Nil et  membre de l’Ordre Ancien Mystique d’Égypte des Shriners, comme son successeur à la tête du pays le Président Sadate, les obédiences françaises et anglaises disparaissent au profit de la Grande Loge d’Égypte.

A cause de l’état de guerre avec Israël, précédant les accords de Camp David, la Grande Loge d’Égypte a exclu tous les maçons de confession juive et il semble qu’elle diffuse une idéologie nationaliste en contradiction avec l’idéal maçonnique : pour cela, l’obédience égyptienne n’est pas reconnue par ses pairs aujourd’hui.

La dissolution de la franc-maçonnerie a été prononcée par Nasser, seules des institutions considérées comme paramaçonniques, comme le Rotary et le Lion’s existent toujours.

Aujourd’hui des témoignages montrent que d’une façon très discrète, la maçonnerie anglo-saxonne se reconstitue en Egypte.

Au Liban

Deux loges se sont disputées la paternité de la franc-maçonnerie libanaise :

LibanLa Première est la Loge Palestine, fondée en 1861 par la Grande Loge d’Écosse qui comptait déjà 75 membres.

Elle fut dirigée jusqu’en 1868 par le Consul Général d’Angleterre à Beyrouth et en Palestine, M. Aldrige. Elle a eu  aussi parmi ses membres des personnalités telles que les deux fils de l’Emir AbdelKader.

La Seconde est la loge Le Liban, fondée en 1862 par le Grand Orient de France. Plusieurs frères musulmans se sont très vite associés à cette loge. Quand le Vénérable Maître Aldrige est rentré chez lui en 1868, plusieurs frères de la Loge Palestine ont rejoint la loge Le Liban, comme le Consul de France qui est devenu le Vénérable de la loge.

De 1891 à 1913 elle a eu comme Vénérable une personnalité libanaise, Georges Sursock, qui était aussi le responsable au Liban des relations spéciales de l’organisation de la Haute Maçonnerie, qui avait pour Souverain Pontife le célèbre Albert Pike.

Ces deux loges étaient en pourparler pour travailler ensemble. On sait que 80 maçons de ces deux loges s’étaient réunis lors d’une séance commune et que tous les discours donnés en loge avaient été successivement traduits en arabe.

En 1891, une tentative pour créer une loge à Beyrouth sous la juridiction égyptienne a échouée. La loge aurait été fermée sur ordre du gouvernement ottoman car suspectée de servir les intérêts britanniques.

A l’origine de cette opération se trouvait un franc-maçon libanais qui s’installa plus tard en Égypte, Chahine Makarios, auteur de plusieurs ouvrages sur la franc-maçonnerie orientale.

En fait la franc-maçonnerie libanaise va être influencée par les franc-maçonneries turque, égyptienne et occidentale et l’une de ses caractéristiques est l’implication d’un grand nombre de ses membres dans le mouvement des idées et des sphères politiques.

Sous l’Empire Ottoman un grand nombre de francs-maçons œuvrèrent pour la diffusion des idées, comme la libération du joug ottoman, l’instauration de la laïcité, une éducation pour tous les citoyens. Ils défendaient également les valeurs de tolérance, de solidarité et de fraternité.

Ainsi Libanais, Français et mêmes Turcs se sont retrouvés en maçonnerie pour mener le même combat, celui de l’éveil des consciences politiques.

C’est ainsi qu’ils jouèrent un rôle important dans l’émergence de divers nationalismes (arabe, panislamique, libanais) ainsi que dans le mouvement d’éveil littéraire et social connut sous le nom de Nahda.

A coté des obédiences européennes, plusieurs obédiences nationales virent le jour entre 1900 et 1930, et près d’une trentaine d’ateliers furent créés.

Ce foisonnement de loges dans les années 1920 est principalement dû à l’encouragement du développement de la franc-maçonnerie libanaise par le Haut Commissaire français, le Général Michel Sarrail. Plusieurs hommes politiques, diplomates, écrivains, philosophes, journalistes, médecins ou avocat ont rejoint ces loges.

La franc-maçonnerie libanaise représentait en ce début du 20ème siècle, avec ses 1500 membres, plus de 1% de la population masculine de plus de 25 ans,  du Liban ! 

(La population libanaise était évaluée à 400.000 habitants dont 190.000 hommes – source : La situation démographique au Liban, Youssef Courbage et Philippe Fargues).

Dans les années allant de 1920 à 1950, on voit apparaître le Grand Orient du Liban (1922).

Sous les auspices du Grand Orient National d’Égypte il va demander son indépendance en 1930. Devenu Obédience Symbolique Indépendante en 1934, il aura comme membres plusieurs personnalités, dont le premier ministre musulman Rachid el Solh.

La Grande Loge Libanaise des Pays Arabes est créée en 1936. Elle a eu parmi ses membres l’Émir Saïd Al Jazaïri, petit-fils de l’Émir Abdelkader. Elle a aussi initié le Roi Hussein de Jordanie.

Dans les années 50, après la création de l’État d’Israël, s’est crée le Grand Orient Arabe connue aussi sous le nom de Christian-Muslim Lodge.

Cette obédience s’est illustrée durant la guerre civile de 1975 en prônant le rapprochement Islamo-Chrétien.

Mixte, elle travaillait au Rite Écossais Ancien et Acceptée. Depuis sa fusion en 2010 avec le Grand Orient Arabe Œcuménique, Obédience Maçonnique Française d’Étude et de Recherche, elle travaille comme cette dernière, au nouveau Rite Judéo-Chrétien et Musulman, le Rite Œcuménique.

De 1975 à 1990, une multitude d’obédiences voient le jour, issues de la guerre civile. On comptait 250 loges pour 2500 maçons !

Aujourd’hui la franc-maçonnerie libanaise est en pleine restructuration (fusions des loges, fermetures des loges sauvages…).

En Syrie

Une première loge voit le jour à Alep en 1738, soit 21 ans après la naissance de la franc-maçonnerie spéculative ! Et c’est dans cette même ville que la Grande Loge d’Écosse en ouvre une, en 1760.

Cette période favorable à la franc-maçonnerie est due au vent de liberté qu’a connu la Syrie sous le mandat du Gouverneur Medhat Pacha. On retrouve d’ailleurs dans les tenues de loges, les consuls britanniques de Beyrouth et Damas, Messieurs Aldrige et Meshaka.

On peut citer aussi que durant la période de 1878 jusqu’au début de la première guerre mondiale il existait à Damas une loge très active la loge Lumières de Damas, que fréquentait plusieurs personnalités de la ville.

Au début de la première guerre mondiale, les loges maçonniques furent obligées de suspendre leurs travaux.

Durant le mandat français, le Grand Orient de France et la Grande Loge de France vont profiter de la présence française pour se développer d’une manière remarquable.

En 1922 fut fondée la Loge de Syrie, sous l’égide du Grand Orient de France. Plusieurs personnalités syriennes et françaises en faisaient partie. Parmi eux, on peut citer le Président Ata el Ayoubi, futur Grand Maître de la Grande Loge de Syrie, le Premier Ministre Lutfi Haffar et le Juge Hanna Malek qui deviendra plus tard le Grand Maître de la Grande Loge de Syrie, succédant ainsi au Président Ayoubi.

Très active, cette loge a financé – entre autres – un hôpital.

Une autre loge joua aussi un rôle très important dans le paysage maçonnique de l’époque, mais cette fois-ci sous l’égide de la Grande Loge de France : c’est la loge Qaysun, à l’Orient de Damas. Elle a eu parmi ses membres le Premier Ministre Jamil Mardam Bey.

A l’annonce du Général Sarrail en 1924 et comme nous l’avons vu pour le Liban, la franc-maçonnerie syrienne atteindra son apogée. Beaucoup de frères qui avaient oublié Syrieleur serment, revinrent dans les temples.

De plus le Haut Commissaire Sarrail a nommé un franc-maçon, Léon Cayla, à la tête du gouvernement de Lattaquié et en 1926 le nouveau Haut Commissaire de Jouvenel renforce la présence des francs-maçons dans l’administration en installant Ahmad Bey Nami, Grand Maître de la maçonnerie syro-libanaise, à la présidence du Conseil de la Fédération de Syrie. En 1947, Nami a été consacré Maître d’Honneur du Grand Orient de France.

Comme nous l’avons vu, la Grande Loge d’Égypte sous la Grande Maîtrise de Ahmed Maher Pacha et surtout grâce à son Grand secrétaire Mohamed Rifaat Bey qui œuvrait sans cesse pour la cause maçonnique dans les pays arabes, s’est constituée la Grande Loge de Syrie. Elle était l’autorité maçonnique suprême en Syrie. Elle a exercé sa tutelle sur de nombreuses loges syriennes et libanaises.

Le premier Président Grand Maître élu de cette Grande Loge fut le très vénérable frère Atta Bey Ayoubi, ancien Premier Ministre. Grâce à son dynamisme et à la qualité de ses membres, cette Grande Loge a attiré l’attention des Instances Maçonniques à travers le monde. Elle a également fondé une loge régionale à Beyrouth et a placé à sa tête le Grand Maître (régional) Georges Rizkallah, lors d’une grande cérémonie présidée par le Grand Maître Ayoubi.

En 1941 un Conseil Suprême du 33ème degré fut crée. Le Grand Maître et ancien premier ministre de 1932 à 1934, Haqqi Bey Al-Azm fut élu au poste de Grand Pôle, de cette institution.

Actuellement la franc-maçonnerie est interdite en Syrie. En effet en 1942, une loi de Vichy interdit la franc-maçonnerie et elle n’a pas été abrogée depuis, bien que de nombreux hommes politiques de cette époque furent maçons : le Président Choukri Kouatly a appartenu à la loge Al Fatat et le Président Hafez el Assad aurait appartenu à l’Ordre (cf : L’Express, Février 2009).

En Palestine

La première loge en Palestine a été fondée à Jérusalem en 1895. Cette loge du nom de Salomon ou Sleiman, avait une patente de la Grande Loge Nationale d’Egypte.

Une autre loge fut établie à Jérusalem par la Grande Loge du Canada, la Royal Salomon Mother Lodge. Cette loge a été créée par l’américain Robert Morris. Elle regroupait des Juifs et des Chrétiens dont un Libanais, Iskandar Awad ou Alexander Howard.

Cette loge a eu une existence assez trouble. En effet, le manque d’expérience en procédure et protocoles maçonniques occasionna de fréquents écarts, et les rares contacts avec la Grande Loge du Canada se sont conjugués pour que la loge soit rayée de la liste de cette dernière.

Certains des frères ont alors entrepris de travailler de façon régulière et décidèrent d’établir une autre loge à Jaffa. Ils soumirent pour cela une pétition à l’Ordre du Rite Oriental de Misraïm en Egypte et reçurent la patente en 1890.

En 1906, un groupe d’entre eux décidèrent de fonder une nouvelle loge, la loge Barkaï ou Aurore.

Le premier franc-maçon qui s’affilia à cette loge était César Araktingi, Vice-Consul de Grande Bretagne à Jaffa.

Affilié au Grand Orient de France, cette loge initia avant la guerre de 1914, plus de 100 nouveaux membres appartenant aux meilleurs éléments des communautés juive, musulmane et chrétienne, dont deux consuls perses.

César Araktingi fut son Vénérable Maître de 1906 à 1929, soit durant 23 ans !

Durant la guerre de 1914, les loges ont dû suspendre leurs travaux et un grand nombre de frères ont étés exilés par le Gouvernement Ottoman, par crainte d’une collaboration avec les Britanniques.

Au cours de l’année 1932, la maçonnerie égyptienne subit une grave crise amenant l’apparition de deux Grandes Loges concurrentes.

Les loges en Palestine sous juridiction égyptienne opéraient alors sous un Comité Permanent dirigé par un Prince perse, nommé par les autorités du Caire. Mais ce dernier agissait de façon arbitraire, ce qui amena plusieurs loges à s’unir pour former en 1932 la Grande Loge de Palestine.

Cette dernière fut consacrée par la Grande Loge d’Égypte début 1933.

Mais les loges anglophones fondées avec des patentes d’Angleterre et d’Écosse refusèrent de rejoindre cette nouvelle entité.

Avant la création en 1953 de la Grande Loge de l’État d’Israël, la Grande Loge de Palestine attirait toutes les communautés : Juifs, Musulmans, Chrétiens, Druzes…

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